‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 62 sur 168 · LA PLANÈTE SATURNE · texte numérisé non relu

LA PLANÈTE SATURNE

un dièse, ou une cadence, à l’anneau de Saturne, comme il l’a fait avec tant d’esprit pour chaque planèle qu’il avait aperçue.

Galilée a été le premier à s’apercevoir que Saturne se présentait sous des aspects différents; la stupéfaction de ce célèbre astronome a élé grande, mais il est mort sans se rendre exactement compte du phénomène. Les contemporains de Galilée ont déclaré Saturne une boule avec deux anses, .ou un chapeau de cardinal, et plus lard on l’assimila à unesat’onnette au milieu d’un plat à barbe.

Il était réservé à l’illustre Huyghens de découvrir l’anneau de Saturne, et il publia sa découverte en 1659 dans son système saturnin.

Un siècle plus tard, William Herschell reconnut en 1722 un second anneau; enfin, en novembre 1850, deux astronomes contemporains, M. Bond de Cambridge, aux États-Unis, et M. Maidslone, en Angleterre, trouvèrent qu'il se présentait un troisième anneau sortant entre le second et la planète de Saturne. M. Lassell, de Liverpool, a découvert des montagnes sur cet anneau.

312. — H ne serait donc pas impossible que la planète Saturne fût destinée à se diviser en lames plus ou moins épaisses. Ce qui rend probable cette idée, c'est la nature extrêmement molle et légère de sa masse et l'attraction que peuvent exercer sur elle ses propres satellites.

Voici les dimensions des anneaux reconnues par M. Struve :

Le premier anneau a un diamètre extérieur de 70,828 lieues et 62,470 lieues pour le diamètre intérieur.

Le second anneau paraît avoir 47,207 lieues de diamètre intérieur, et l’intervalle qui le sépare du corps de la planète a 7,680 lieues. Les deux anneaux seraient séparés entre eux par un intervalle de 720 lieues.

L’épaisseur des anneaux n’excède pas 100 lieues, selon sir

182 QUATRIÈME Él’OQUE.

John Herschell, et leur niasse, suivant Bessel, est égale à la 118e partie de la masse de la planète.

Mais comme les anneaux ont des montagnes et une dureté plus considérable que la planète, il n’y a aucun doute que leur proximité exerce un pouvoir d’attraction proportionnelle sur la masse.

Il reste à savoir à présent dans quelle proportion se trouve le troisième anneau, qui n’est encore séparé de la planète que par une ligne noire à peine perceptible à l’aide de nos lunettes.

313. — Si Saturne est destiné à subir les divisions dont nous venons de parler, chaque séparation portera dans ce monde éloigné un renouvellement physique correspondant aux cataclysmes de notre planète, mais en sens inverse et avec des effets différents.

Les anneaux, comme la planète, pourront toujours avoir des habitants, et les êtres, organisés suivant la nature de leur sol et de leur climat, jouiront constamment de la lumière et de la chaleur nécessaires à leur existence ; car la lumière, comme la chaleur, émanera toujours du principe de leurs molécules et sera en rapport nécessaire avec leur corps et le soleil.

314. — Le tableau suivant nous montre la différence de densité, de 'volume, et de distance du soleil, relativement à Saturne et aux autres planètes de notre constellation. La distance est évaluée en lieues, puis en fractions ou en multiples de celle de la terre.

La densité de Saturne étant la plus légère et la plus molle, comparativement à toutes les autres planètes, cet astre est plus qu’aucun autre dans les conditions à subir des partages de séparation , ainsi que nous- l’avons indiqué ; seulement, comme ses huit satellites ne peuvent subsister que par l’attraction de la grande masse de la planète, toute séparation qui s’effectuera en anneaux forcera ces anneaux à se mainte-

Page 1