CHAPITRE XIX
l>a Planète Saturne et formation de nouvelles Planètes.
Sommaire. — Aspirations et émanations de la planète Saturne, 309. — Faible densité de Saturne, 310. — Scs anneaux, 311. — Leurs dimensions, 312. — Révolutions possibles, 313. — Tableau des planètes, 314, 315. — Satellites do Saturne, 310. — Loi de gravitation, 317. — Composition des astres, 318. — Planètes récemment découvertes, 319. — Constellations , 320. — Espace céleste A remplir ; étendue de notre constellation, 321. — Molécules vagabondes, 322. — Correspondance des soleils avec leurs planètes, 323. — liaisons (le /a formation forcée rie nout elles planètes , 324. — Application de la loi des affinités, qui lie tous les , corps célestes, 325. — Diminution et disparition successive de ces corps, 326. — Les comètes, 327. — Formation et mission de ces astres, 328.
309. — Comme le soleil attire tle chaque planète la qualité et la quantité de molécules qui sont en rapport avec la distance, et la masse de ces corps, de même chaque planète, de son côté, retient les molécules solaires que la loi merveilleuse de la nature lui assigne pour ses besoins. Ainsi la planète de Saturne, dans la position de distance où elle se trouve, doit retenir dans son atmosphère beaucoup plus de fluide phosphorique que la terre que nous habitons.
Les émanations de la planète Saturne, dans son atmosphère, doivent opérer un travail différent du nôtre, et garder aussi à sa surface plus de molécules ayant un principe calorique, car elle est éloignée du soleil de trois cent soixante millions de lieues, tandis que notre globe n’en est éloigné que de trente-quatre millions.
Par conséquent, le rayon du soleil ne pouvant pas porter avec lui, à la distance de Saturne, le même degré de chaleur qu’il apporte chez nous, ce rayon doit trouver, dans l’almos-
phère qu’il traverse, la matière d’un fluide, qui se chauffe au point de maintenir la chaleur proportionnellement aux liesoins des êtres qui habitent la planète de Saturne ; ce fluide doit se rencontrer entre l’un et l’autre anneau et la planète, pour y fonctionner comme une serre chaude.
310. — Saturne se trouve dans la position où se trouvait notre globe à la seconde époque de sa formation -, par celte raison il est d’un diamètre (selon M. Struve) de 31,850 lieues, tandis que notre globe n’est plus que de 3,000 lieues de diamètre. Mais aussi la masse de Saturne est neuf fois plus légère que notre terre.
Saturne n’ayant pas encore subi la compression qu’a subie notre globe, la densité de Saturne est de 0,10422 ou un dixième, tandis que la densité de la terre est 1,00000; c’està-dire, en d’autres termes, que la masse de Saturne est en proportion de celle de la terre, comme 104 est à 1,000, ou à peu près comme 1 est à 10.
Si Saturne est destiné à passer par des époques de compression comme en a traversé notre terre, il est évident que celte planète deviendra plus petite que notre globe.
311. — Mais il est probable que Saturne ne peut plus se condenser, s’il a perdu la force incandescente de son centre; il est présumable aussi que si ses huit satellites sont dans des conditions identiques à celles où s’est trouvé notre satellite la lune, ses anneaux sont dans des conditions différentes.
Si Saturne est dominé par ses anneaux, il se pourrait que ceux-ci fussent destinés à opérer une révolution dans le corps de la planète.
Pendant une longue suite de siècles, il n’y eut qu’un seul anneau autour de Saturne; Pythagore, qui était un grand observateur, n’avait pas même aperçu cet anneau; se serait-il détaché depuis? Ce philosophe, qui a fait la Lyre harmonique des Astres, n'aurait pas manqué d’assigner un bémol ou