‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 71 sur 168 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Intervalle du Quatrième an Cinquième Jour.

Sommaire. — Cinquième jour de la Bible, 329. — Causes de la violence du cataclysme de la quatrième journée, 330. — Déplacement des eaux, 331. — Situation de la terre à la cinquième journée, 332. — Réduction de sa circonférence, 333. — Augmentation de sa'densité et de son poids, 334. — Apparition des oiseaux, 335. — Raisons de leur création tardive, 336. — Leurs besoins ; causes de leur agilité ; pesanteur de certaines espèces, 337. — Insalubrité de l’atmosphère dans les quatre premiers jours, 338. — Formation de la couche végétale, 339. — But de la création des oiseaux, 340. — Spectacle de la nature, 341.

329. — La Bible nous apprend que le cinquième jour a été l’époque des animaux vivant sous le firmament, et particulièrement des poissons qui nagent dans la mer et des oiseaux qui volent dans l’air. (Genèse, ch. I, § 20, 21, 22, 23.)

330. — La quatrième journée a fini par un cataclysme plus terrible qu’aucun des cataclysmes précédents, par la raison que la terre, alors plus solide et plus rétrécie que dans aucune époque

antérieure, a opposé plus de résistance. Les explosions ne rencontraient plus de matières molles; tout ou presque tout le contour du globe avait déjà subi maintes fois la pression et le rétrécissement dont nous avons expliqué la loi; donc la résistance se trouvait générale, la matière étant beaucoup plus durcie et plus solide que dans les cataclysmes antérieurs.

331. — La partie aride ou la masse découverte de la terre, qui était à l’ouest, s’est affaissée et, par suite de cet affaissement, les eaux voisines ont été les premières à couvrir le grand plateau terrestre, qui est devenu désormais le fond de l’Océan ; en même temps il se découvre plus en avant un nouveau plateau qui formera l’aride ou la terre de la cinquième journée.

332. — Ce nouveau plateau, en suivant l’ordre de déplacement des jours passés, sera porté au nord-nord-est, ou à peu près dans la situation où la terre est placée de nos jours.

333. — La circonférence du globe, au commencement du cinquième jour, se trouve réduite de la moitié, c’est-à-dire à 23,000 lieues.

334. — Quoique rétrécie de moitié, la terre était bien plus pesante qu’elle n’avait pu l’être aux époques précédentes; le volume diminuait, mais le poids augmentait à cause de l’addition des immenses forêts, ainsi que des coquilles et autres animaux qui s’étaient formés sur la vaste étendue de 100, puis de 30,000 lieues de contour, pendant l’espace de tant de centaines de siècles.

335. — La cinquième époque ne produira plus autant d’êtres sur la terre, dont la circonférence est fort diminuée; cependant, dans les 300 siècles ou plus que va durer cette époque, la matière nouvelle différera peu en qualité, car il viendra s’y joindre une nouvelle espèce d’habitants qui n’ont pas besoin pour leur existence d’une grande étendue terrestre; c’est la grande classe des oiseaux vivant dans l’air et donnant à la

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terre le produit de leurs digestions, puis leur corps même après leur mort.

336. — La Bible énonce, à cette occasion, une grande vérité et atteste en même temps l’exactitude de nos calculs. Les oiseaux n’auraient pas pu exister lorsque le cercle de notre satellite, la lune, contournait le globe; leur apparition ne pouvait avoir lieu qu'à ciel ouvert et quand l’atmosphère pouvait offrir à cette classe d’êtres toutes les conditions d’un air élastique, purgé et sain; ainsi, il leur fallait des montagnes et des pics plus élevés, pour abriter les différentes races et leur faire respirer un air plus rare.

Or, même au quatrième jour, l’atmosphère n’était pas encore dans des conditions assez saines, et les plateaux de la terre n’offraient pas des montagnes assez élevées pour être aptes à la nourriture et à l’entretien des oiseaux.

337. — La création de l’oiseau s’opéra donc aussitôt qu’il put trouver dans le fluide de l’atmosphère la légèreté de l’air purifié qu’il transmeta ses vastes poumons, et qui lesoutient dans ses voyages aériens. L’oiseau a besoin de l’air pur qui pénètre jusque dans ses os et ses plumes ; c’est alors seulement qu’il peut acquérir l’activité et la subtilité qui sont l’essence de son être; comme le poisson, qui, par sa complexion molle et flexible, possédant des organes analogues à l’élément humide, ne peut vivre que dans l’eau; comme le quadrupède , placé au milieu du sol terrestre et pierreux , a une organisation dure et une pesanteur de membres qui le retiennent attaché sur la terre. Aussi voyons-nous que l oiseau aquatique, le canard , l’oie, le cygne , retenant dans son corps une quantité de principes humides, est bien plus lourd et plus épais que l’agile habitant des airs; ainsi encore les gallinacés, les dindons, les perdrix, les poules, les autruches, etc., vivant toujours sur terre , en ont contracté une pesanteur de corps qui ne leur permet plus de s’élancer au vol , même à de courtes

distances; ils sont forcés de laisser aux races habituées à vivre dans les hautes régions de l’atmosphère, l’agilité, qui est le privilège de l'espèce.

338. — L’insalubrité de l’atmosphère durant les quatre premiers jours s'explique facilement. D’abord la terre, molle encore, produisait des évaporations relativement très-épaisses et considérablement délétères, à cause des immenses submersions de forêts qui s’enfouissaient constamment dans mille endroits différents autour du globe. En second lieu, il faut noter l'énorme quantité d’insectes produits par l’effet de la double chaleur sur toute la surface de la terre; ces insectes durent envahir la presque totalité de la première couche de l’atmosphère. En troisième lieu, nous signalerons l’humidité constante de l’atmosphère, par suite de la faible action de la lumière, qui n’était pas encore dégagée, et enfin l’accumulation séculaire des cadavres de tous les animaux, dont une prodigieuse quantité resta sur le sol jusqu’à ce que les cataclysmes les eussent engloutis dans l’intérieur; car les oiseaux de proie, destinés à remplir les fonctions d’équarrisseurs, pour ainsi dire, ne se présentent qu’à la cinquième journée.

339. — Cet apparent désordre, cette confusion et ce mélange de miasmes provenant de l’air corrompu, des cadavres et des insectes, étaient nécessaires pour former, sur la croûte totale du globe, une grande et épaisse couche de terre végétale devant rester toujours molle, et d’une nature propre à être labourée; car les premières plantes n’ont pu se présenter que sur une surface trés-hétérogène, variant à chaque instant par l’effet des éboulements, et qui, laissant à découvert les parties minérales ou sablonneuses et arides, rendaient le sol impropre à l’accroissement des plantes et aux besoins des animaux.

Il fallait donc que la terre se formât une couche propre à la végétation et convenable au séjour des êtres, séparément des pierres et des métaux qui devaient rester au-dessous.

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Ainsi, pendant que le feu, à l’aide d’une grande partie des matières fraîches, formait à l’intérieur les produits les plus pesants et les plus précieux, tels que les minéraux et les métaux, bases de la solidité de la terre, celle-ci, aidée par l’eau, devait également, avec une autre partie des mêmes matières fraîches, se préparer un sol gras et comparativement léger pour les merveilleuses productions de sa surface.

340. — Déjà, à la quatrième journée, la marche du progrès dans cette voie s’était trouvée bien avancée par le travail des siècles précédents ; mais dans le cours de la cinquième époque, la terre devait arriver à son apogée de splendeur, et la nature, en créant les oiseaux, avait pour objet de purger l’air des insectes, et de faire dévorer les cadavres qui avaient jusqu’alors infecté les forêts et les plaines.

Que l’oiseau ait été destiné à rendre un tel service, c’est incontestable ; il nous en donne la preuve lui-même, par sa manière de vivre, par sa propreté, ses mœurs, qui sont restées constamment invariables depuis sa création.

L’oiseau est l’animal le plus décent, et par là le plus sympathique à la nature.

Les îles de guano qu’on a découvertes de nos jours nous démontrent que l’oiseau, dans l’état sauvage, va déposer ses ordures, et même finir ses jours loin des habitations, qu’il a purgées de son vivant, et qu’il ne veut pas empester de ses restes après sa mort.

341. — Quel merveilleux spectacle que celui de la nature! Voici le jour qu’elle destine au règne de l’animal, c’est-à-dire aux animaux plus parfaits que les monstres qui avaient existé jusqu’alors, et elle les présente avec les éléments les plus perfectionnés pour leur bien-être.

La nature a travaillé pendant des siècles pour arriver à ce degré du progrès universel. Elle nous offre l’oiseau chantant dans les régions de l’air, le poisson jouissant «le l’élasticité

de l’eau, les quadrupèdes s’enivrant de la fraîcheur des plantes ; et afin de ne laisser aucuu vide dans les anneaux de la grande chaîne vitale, elle a créé en outre des êtres intermédiaires destinés à vivre dans l’un et l’autre élément, comme les amphibies, qui peuvent exister tout à la fois sur la terre et dans l’eau, les vampires et les chauves-souris qui tiennent du volatile et de l’animal terrestre. Tous ces êtres ont une spécialité, une mission particulière à remplir; leur accroissement est sans limites dans tous les âges, et selon les changements de température; une race perdue en amène une autre, plus parfaite; car pendant la longue durée des siècles, la vie des animaux et celle de la terre n’ont fait que se confondre en se fusionnant dans une seule et même matière, pour donner après la mort une plus belle vie.

LES FOSSILES

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