‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 72 sur 168 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Les Fossiles

Sommaire. — Intérêt des recherches du cinquième jour, 342. — Difficultés de ces recherches, 343. — Importance des corps des animaux primitifs, 344. — Égalité des matières solides des cinq derniers époques avec la totalité des molécules de la première époque, 345. — Époques des restes antédiluviens; rapetissement des races, 346. — Fossiles du mastodonte, du mammouth et de l’éléphant, 347. — Rhinocéros et géants du règne animal, 348. -*• Le mégathérium, crapauds fossiles, reptiles volants, etc., 349. — Squelette du mylodon robustus, 350. — Étonnement des anciens à la vue des grands fossiles, 351. — Sauriens, l’iguanodon , l’ichthyosaurus , le lézard géant, 352. — Opinion de Cuvier sur la disparition des grandes races , 353. — Belles conséquences de la théorie de ce savant, 354. — Débris fossiles de diverses parties du monde, 355.

— Fossiles de l’hippopotame, 356. — Fossiles do l’Algérie, 357. — Fossiles de l’Amérique, 358, 359. — Observations sur les cochons et les chevaux fossiles de l’Amérique, 360. — Le dromathérium sylvestre, 361.

— Connaissances peu étendues des anciens, 362. — Le dryopitltictu , ou le fossile de forme humaine, 363. — Rhinocéros de l’empereur Domitien, 364. — Les colonies de M. Barrande, 365. — Preuves que l’Asie, l’Europe, l'Afrique et l’Amérique ne faisaient qu’un seul continent, 366.

342. — Ce cinquième jour de la création offre la plus belle carrière à nos investigations, car c’est la veille de notre propre époque , et la terre pourrait bien nous y montrer quelques restes des êtres qui ont existé dans cette journée mémorable.

Mais quand même la terre nous présenterait dans ses entrailles quelques nouveaux vestiges de côs vénérables antiquités, il faudrait le génie d’un Cuvier pour en reproduire les physionomies.

343. — Jusqu’à ce que la science, à force d’explorations, ait trouvé, dans les fossiles pétrifiés, les squelettes ou les em-

preintes des habitants de cette époque , ou d’avant cette époque , contentons-nous de les apercevoir par l’analogie des temps, par la nécessité de leur apparition, c’est-à-dire par les rapports forcés qui appellent la présence d’un être là où son existence est nécessaire à l’harmonie générale.

Nous pouvons d’autant plus avoir confiance dans nos hypothèses, que la géologie a déjà fait sur ce point de grands progrès, particulièrement depuis un demi -siècle, et que bientôt, nous n’en doutons point, elle viendra confirmer nos supputations.

344. — Les formes des animaux primitifs, comme leurs figures et leurs physionomies, étaient certainement hideases, comparativement aux animaux perfectionnés de la cinquième époque; mais si les figures étaient laides, les formes étaient, par contre, d’une taille gigantesque, et ces énormes corps ont produit des matières solides en grande abondance, soit par leurs évacuations durant leur vie, soit en léguant leurs restes à la terre après leur mort. La terre avait besoin d’une pareille matière , non seulement pour le travail intérieur réclamé par l’élaboration des métaux, mais aussi pour former l’engrais des couches végétales, afin de préparer l’organisation prochaine de l’agriculture en vue de l’arrivée des nouveaux habitants qui allaient bientôt peupler sa surface.

345- — Nos calculs démontreront que le règne animal, concurremment avec le règne végétal, a produit, dans les cinq dernières époques, un poids de matières solides équivalent à celui que pouvait peser la totalité des molécules primitives, dont l’assemblage s’est opéré à la première époque.

La justesse de ce résultat ressortira des explications que nous allons donner sur le règne animal et de certaines statistiques partielles, y compris celle de l’homme à la sixième journée.

LES FOSSILES

346. — tes débris des grands animaux reconnus antédiluviens, trouvés en grande quantité sur les bords de la mer aujourd’hui glaciale, au nord de la. Russie et en Sibérie, ainsi que dans le nord de l’Amérique, prouvent par leur position régionale que ces débris datent de la cinquième journée, car à celte époque le climat, dans ces parties du monde, était tel que ces êtres pouvaient y exister, et c’est précisément aussi la partie du globe où l'aride, c’est-à-dire la terre, était alors à découvert.

Ces animaux, d’une grandeur assez colossale en proportion des espèces qui vivent aujourd’hui, nous donnent la preuve du rapetissement des races à mesure que le globe se rétrécit lui-même (1).

347, — Le mastodonte, étudié et reconstruit par Cuvier, n’existe plus qu’à l’état fossile; il se rapproche des éléphants et se classait avec eux dans la famille des pachydermes proboscidiens; seulement il est d’une création plus ancienne que l’éléphant.

On trouve continuellement des fossiles de mastodonte dans l’Asie septentrionale, en Europe et en Amérique, particulièrement aux alentours des rives de l’Ohio, en Virginie et dans le Canada, où les habitants le nomment le père aux bœufs ou l’ancien bœuf, bien qu’il soit quatre fois plus grand que ne l’est le bœuf actuel. Le mammouth (2), qui est aussi d’une taille prodigieuse et qu’on avait cru être un éléphant carnivore, a fourni les moyens de l’examiner par les fossiles qu’on a découverts; et, ce qui est remarquable, c’est que les ossements qu’on trouve à des distances énormes, comme en Europe et en Amérique, sont pourtant des ossements de la même espèce et de la même taille,

0) Voir la note M, à la lin du volume.

(2) Peales, account of lhe skcleton of lhe mammouth and an historienl disquisition on the mammouth.

Après le mastodonte, l’éléphant devait, à la cinquième époque, remplir les fonctions du bœuf de nos jours, et il pouvait être soumis aux mêmes travaux et à la même domesticité que le bœuf l’est en ce moment. Nous en avons encore la preuve dans les services analogues que cet animal rend en Asie.

348. — Les squelettes des éléphants et des rhinocéros, qu’on a trouvés et qu’on découvre constamment, sont de taille beaucoup plus grande que les individus vivants des mêmes races; mais au moins nous avons la satisfaction de voir vivants les descendants de deux espèces qui ont résisté aux changements de climat des époques passées. Les mastodontes, les mammouths et bien d’autres familles de géants du règne animal sont éteints pour nous, et leur disparition nous montre que les êtres ne peuvent vivre qu’autant que la terre et le climat, c’est-à-dire les conditions physiques de la terre, leur sont homogènes. Les éléphants, les rhinocéros et tous les autres animaux qui descendent des races anciennes, quoique plus petits de taille, nous prouvent leur origine antédiluvienne, et semblent nous dire avec orgueil qu’ils ont acquis le droit de devenir à leur tour les géants du règne animal de notre époque, tandis qu’ils n’auraient été que des pygmées dans le même règne aux époques primordiales.

349. — Dans les grands fossiles d’Amérique on a découvert le mégathérium, de la famille des paresseux, dont la grandeur dépasse celle du rhinocéros et même de l’éléphant; ces paresseux étaient très-répandus sur tout le globe et la race en est éteinte.

On a trouvé en Suisse des crapauds fossiles et des reptiles volants d’une grande dimension. On a découvert à Uonfleur, au-dessous de la Seine, des crocodiles à l’état fossile, et Bruce, dans ses voyages, a vérifié que ces animaux ont abandonné l’Egypte en se retirant dans la Nubie et l’Abyssinie, contrées

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qui offrent (le nos jours le climat qui leur convient, tandis qu’en Egypte vivaient autrefois des ours blancs, qui ne peuvent vivre que dans les glaces du pôle.

Les défenses d’éléphants, recueillies par milliers près des bords de la mer glaciale, servent aux mêmes usages que l’ivoire frais; les czars ont voulu autrefois s’en réserver le monopole. L’éléphant était donc très-répandu dans les régions qui sont aujourd’hui l’extrême nord du globe.

En 1771, il a été déterré, auprès de Yelhoni (Russie septentrionale), un rhinocéros entier, avec sa chair, sa peau et son poil ; sa tête et ses pieds sont encore conservés à Saint- Pétersbourg.

350. — Dans les plaines de la Plata, Amérique du Sud, dans l’année 1841, M. Pedro de Angelis a découvert, à sept lieues nord de la ville de Buenos-Àyres, le grand squelette d’un animal géant, qu'on appela mylodon robustus (1); cet animal était en état de grimper sur l’arbre sigülana. Le squelette en question se trouve déposé à Londres, au collège de chirurgie.

Non loin du lieu de cette découverte, on en lit une autre d’un animal à carapace, osseux et marqueté, d’une grande taille, ressemblant à l’armadillo. Le chargé d’affaires anglais, sir \V. Parish, a acheté l’un et l’autre, et les a expédiés à Londres.

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