Il n’y aura rien d'exagéré en attribuant à chaque
espèce d’insecle la même quantité de poids comme tribut payé à la terre.
Un ne peut pas nous dire que l’abeille soit la race la plus nombreuse; au contraire, le moindre examen prouvera quelle est peut-être la classe la plus réduite; il n’y a, en effet, qu’à la comparer aux innombrables multitudes de mouches communes, de fourmis, de vers, etc., etc.
Et si une classe d’insectes ne donne pas un produit aussi lourd que la cire, il sera compensé par la multiplicité des individus; ainsi, par exemple, la fourmi ou les vers, qui ne donnent qu'une matière gluante, les cousins et les mousquitos, qui ne donnent que leurs corps secs, fourniront, par la prodigieuse quantité de leurs cadavres, le poids qui manquerait à la substance de leur produit.
<01. — Si, à la sixième époque, c’est-à-dire si de nos jours l’inseclè n’est plus aussi utile qu’il l’a été pour la formation de la terre; si son abondante fécondation nous gêne, pourquoi l’homme ne cherche-t-il pas à en tirer parti ? Un mange le limaçon , pourquoi ne mangerait-on pas d’autres races ? Shaw rapporte qu’aux environs du Grand-Caire, il y a plus de quarante mille personnes qui mangent des serpents (Voyaqe en Barbarie, p. 355). Les Arabes mangent la sauterelle. Le célèbre Lalande mangeait la chenille et l’araignée ; il trouvait à la chenille un goût d’amande, et l'araignée avait pour lui la saveur de la noisette. Qui sait si quelque classe d’insectes ne serait pas très-salubre et très-appétissante?
L’industrie aussi, nous le répétons, trouverait immanquablement des matières premières à employer avec succès dans les corps des insectes, car tous contiennent des propriétés spéciales et tous ont des principes acides ou salins.