‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 86 sur 168 · COMMENT SE FORME ET SE DÉVELOPPE LA HATIÉRB · texte numérisé non relu

COMMENT SE FORME ET SE DÉVELOPPE LA HATIÉRB

422. — Le tableau des matières animales et végétales fournies à la terre dans cette cinquième époque, tableau que nous avons présenté dans le chapitre précédent, et dont la totalité des chiffres, quelque hypothétique qu'elle soit, n’est pas moins une vérité relative, nous porte à rechercher la manière dont ces matières se sont formées ; mais, pour être plus explicite, ici vient le cas de demander comment se forme la matière en général, et comment elle se développe.

Nous avons déjà parlé (nM 19 et 20) de l’existence et de l’emploi de ces matières, mais nous n’en avons pas ei-

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pliqué l'origine ; nous devions attendre que nous fussions arrivés au règne animal pour examiner ce fait ; car ces matières oui une source identique dans l'intérieur de l’animal et dans le sein de la terre; mais c’est surtout l’e9tomac de l’animal qui va nous montrer le laboratoire dans lequel s’opèrent celte merveilleuse transformation et ee prodigieux accroissement de poids.

Ce sera encore l’estomac de l’animal qui nous présentera l’analogie du travail qu’opèrent la terre dans son centre, et l’atmosphère dans ses régions; dans l'une comme dans l'autre, le travail de transformation des objets s’effectue avec la même activité et suivant la même loi.

423. — Nous devons aussi justifier l’opinion que nous avons émise en passant (n° 22), que tous les quatre ou cinq siècles il doit se former une nouvelle planète dans l’espace, par l’effet de la surabondance des molécules vagabondes; opinion que nous avons sanctionnée dans le chapitre XIX, en disant que la formation des planètes est une fatale nécessité.

L’explication ne pouvait venir également que dans l’étude du règne animal, car c’est encore le laboratoire de l'estomac qui va nous mettre sur la voie pour comprendre l’exubérante quantité de productions de la nature, dans le travail de la transformation des matières.

424. — Pour résoudre ces deux graves questions, rappelonsnous les phases de la concentration du globe, époque par époque, et la quantité de matière animale et végétale qui y est entrée. Cette matière nécessaire à la consolidation qui s’est opérée dans le globe terrestre, et qui s’est augmentée chaque siècle, demande que nous examinions dans ce chapitre de quoi elle 6’est formée, et comment s’est produit son accroissement; eette étude fera voir que toute sa quantité, quelque prodigieuse qu’elle puisse avoir été, "était nécessaire, et a été employée au travail de la concentration ; mais aussitôt

que la dureté de la terre eut indiqué que notre globe en avait reçu suffisamment, l'exubérance de la production dut s’ouvrir un autre débouché ; alors le laboratoire de l’atmosphère, prêtant son concours, substitua en partie son action à celle du centre intérieur, et par les soins de cette atmosphère, le surplus de production fut transporté, lancé dans des espaces * de la terre en dehors de la limite de notre globe.

425. — Le travail du centre est analogue et semblable au travail qui s’opère dans l’estomac d’un animal.

Nous avons suivi jour par jour les phases delà concentration du globe; nous avons pu entrevoir le grand travail chimique qui effectuait, à l’aide du feu, la transformation des matières dans les entrailles de la terre ; nous avons remarqué que la substance qui servait de nourriture à ce feu intérieur était les matières végétales et animales qu’il se procurait en ouvrant par des cratères la surface du sol, contraint dès-lors de faire tomber dans ses gouffres toutes les matières fraîches qu’il possédait.

Nous savons donc que l’aliment de ce feu central était les corps des végétaux et des animaux; nous savons, par conséquent, par rapport à la terre, quelle niasse et quelle qualité de nourriture elle s’est procurées pour ses besoins de formation ; mais nous ne savons pas de quoi, comment, et dans quelles proportions se sont formés ces corps végétaux et animaux qui ont si bien servi à la terre après avoir été euxmêmes composés.

426. — Pour savoir donc de quoi, comment et dans quelles proportions les corps des végétaux et des animaux se sont formés; pour suivre les opérations dans l’estomac d’un animal , comme nous avons suivi les opérations dans l’intérieur de la terre; enfin, pour reconnaître qu’il se fait dans les entrailles de l’animal, relativement, le même travail qui s’opère dans celles du globe, mais bien entendu pour un

résultat différent, attendu la différence des matières et des corps, nous allons, comme avec un microscope, vérifier les opérations de la nature.

D’abord nous allons surprendre à sa création un végétal qui est la base de l’aliment des animaux , et parmi les végétaux nous choisirons l’herbe comme l’objet le plus simple et le plus impérieusement nécessaire à l’animal; ensuite nous prendrons dans le règne animal un être qui se serve exclusivement de ce végétal pour sa nourriture, afin de suivre , sans mélange, l’un et l’autre dans leurs phases de production, de travail, de division, et dans toute espèce de transformations que l’une peut faire dans l’estomac de l’autre; et pour atteindre ce but, nous choisirons le bœuf comme l’animal le plus domestique et par conséquent le plus facile à étudier.

427. — L’herbe croît spontanément sur la terre; toutefois cela prouve que des atômes , ayant le principe de la semence herbifère, se sont trouvés naturellement ou sont tombés dans le sol. N’est-il pas évident, d’ailleurs, que chaque goutte d’eau contient un atôme du principe de l’herbe? Or, cette herbe pousse et croit par l’effet de la chaleur intérieure et extérieure du globe , et par le concours de l’eau qui l’arrose , mais à la condition que l’air aussi entre comme substance dans la formation et l’accroissement de la même herbe.

428. — Un bœuf n’a besoin pour vivre que d’un peu de cette herbe et de l’eau.

Mettez un bœuf dans une étable, donnez-lui assez d’herbe fraîche ou sèche, et assez d’eau, et, si on ne le fart pas travailler, vous trouverez , au bout de deux ans, ce boeuf devenu grand et engraissé; pesez-le vivant, il aura, par exempte 1000 kilogrammes; que ce poids soit moins ou plus fort, c’est indifférent ; la proportion du résultat sera toutefois telle que nous allons l’indiquer. Abattez cet animal, et vous trouverez, une heure après sa mort, qu’il ne pèsera plus que

600 kilogrammes; donc l'air qu’il a évaporé el le sang qui est sorti, formaient les deux cinquièmes, ou les 40 pour cent de son poids.

429. — Le corps qui reste, pesant 600 kilogrammes avec toutes ses parties, subit encore quelque déchet île poiJs dont voici la proportion: les cornes et les ongles, comme les os, perdront peu ; la viande ne diminuera en 24 heures que de 3 à 4 pour cent; mais le suif, mis au séchoir, éprouvera un déchet de 30 à 40 pour cent, suivant qu’il possède plus ou moins de membranes nerveuses ou dégraissé d’oléine; ce qui diminuera le plus dans le poids, ce sera la peau; pesez celte peau fraîche, si elle a 100 kilogrammes, par exemple, faitesla sécher, et vous ne trouverez plus en poids sec que 40 kilogrammes; donc elle aura perdu CO pour cent.

430. — Cela prouve que la peau, quoique la partie la plus dure et la plus solide à l’extérieur de l’animal, cette peau qui nous fournit un cuir si épais, après avoir été tannée, et qui couvre l’animal d’une protection si nécessaire, est cependant la partie la plus poreuse qu’il possède; que ses pores sont remplis d’air, et que cet air retourne dans l’atmosphère aussitôt que sa mission est terminée par la mort de l’animal.

On voit donc que la nature, tout en donnant la peau pour protéger l’animal contre les effets du climat et contre les attaques des autres êtres, a voulu réserver à travers l’animal, à travers ses pores, une communication qui devait servir pour le libre passage des fluides et mettre en rapport l’air extérieur avec les entrailles intérieures de l’animal, absolument comme les pores de la croûte du sol terrestre établissent la communication du centre du globe avec l'atmosphère et les régions célestes.

431. — Voyons maintenant ce qui s’est passé de son vivant chez ce bœuf, par l’intermédiaire de son estomac. 11 a mangé l'herbe, il a bu l’eau et il a aspiré l’air; il a rendu, par ses ex-

créments, par ses urines, et par son haleine et sa transpiration, un poids égal à ce qu’il a reçu, et il a converti l’herbe, l’eau et l’air, qui ont passé dans son estomac, en ces quatre transformations que nous venons d’énoncer; de plus, il a composé son corps d’une masse compacte qui se subdivise en une multitude d’objets solides, que nous allons examiner en les pesant après sa mort.

432. — Ce bœuf nous laisse, après sa mort, les 600 kilogrammes indiqués, qui se partagent, par exemple, en :

300 kilogrammes de viande,

140 » d’os, cornes, ongles, nerfs, etc.,

60 » suif.

100 » la peau.

De ce résultat, 400 hommes auront été nourris pendant un jour avec la viande ; on aura tiré des os, soit du phosphore pour une masse d’allumettes chimiques, soit du noir animal pour les raflineries de sucre, ou du noir pour engraisser la terre; le suif aura donné des chandelles et de l’oléine; enfin la peau, dans les mains d’un tanneur, aura de nouveau acquis le poids de 100 kilogrammes, car cet industriel aura rempli les pores avec la poudre d’une écorce d’arbre, afin d’obtenir le cuir qui fournira des semelles pour 30 paires de bottes. Et tout cela est venu d’où ? de quelle origine ? De l’air et de l’eau, qui ont fait croître un peu d’herbe.

Mais ce n’est pas tout : ce bœuf a rendu bien davantage pendant sa vie , si l’on veut tenir compte de l’énorme quan*tilé de matières qu’il a produites en digestions et en urine, et qui ont contribué à fournir un poids d’autant et à engraisser la terre.

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