‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 87 sur 168 · Si on analyse chaque matière, la viande, le suif · texte numérisé non relu

Si on analyse chaque matière, la viande, le suif

2t>0 . CINQIIIÉMK ÉPOQUE.

les os, les nerfs. In moelle, la peau, le sang, les excréments, l’urine, etc., etc., on trouvera aussi mille variétés différentes les unes des autres, chacune pouvant servir pour une spécialité dans les arts, dans les manufactures, dans la nourriture d’autres êtres; et finalement le tout retourné ou se présente pour la première fois à la terre, pour entrer sous mille autres formes diverses dans une foule de productions nouvelles , quoique le point de départ n’ait été qu’un atôme de semence, développé par l’air et par l’eau !

On peut donc se faire une idée de l’activité du laboratoire de l’estomac d’un animal, puisqu’il s’opère en lui ces transformations, qu’il s’y crée des substances tout à fait différentes de celles qui y étaient entrées.

434. — Ici se présente une autre considération : si des brins d’herbe ont le pouvoir de nourrir le bœuf, et si cette herbe, en fonctionnant dans son estomac, fermente et fait croître l’animal avec plus d’énergie que la semence n’a fermenté dans la terre pour faire croître l’herbe elle-même, il s’ensuit que l’herbe est devenue aussi, dans l’estomac de l’animal, une source, une semence de développement; que celte semence, ou cette herbe, contenait une infinité d’atômes propres à se diviser, les uns pour la production de la viande, les autres pour les nerfs et les os, et d'autres encore pour le suif et la peau, etc.; ce qui nous prouve précisément que l’estomac île l’animal correspond, par analogie, au laboratoire intérieur de la terre; qu’il remplit les mêmes fonctions que l’estomac de la terre, ou le centre du globe , où le feu divise et prépare les éléments des métaux et des pierres, par la consommation qu’il fait des matières fraîches végétales et animales qui sont entrées dans son foyer au 2e, 3% 4e et 5* jour.

Ainsi le feu de l’intérieur de la terre a fonctionné, puis il a divisé les molécules en les subdivisant dans les mille variétés de produits généraux, comme l’estomac de l’animal fonctionne, puis divise et partage les molécules, en les dis-

tribuant dans les mille variétés de produits particuliers aux matières animales.

435. — Mais puisque le brin d’herbe opère de cette manière dans l’estomac de chaque animal qui le reçoit pour sa nourriture, pourquoi le résultat a-t-il une différence dans l’une ou l’autre race animale?

Par exemple, le cheval, qui mange également de l’herbe et avale de l’eau comme le bœuf, trouve bien, comme celui-ci, son développement dans la division des atômes de celte herbe, qui produisent ainsi de la viande, des os, de la peau, etc. Mais puisque c’est la même herbe qui s’élabore par les mêmes fonctions dans l’estomac du cheval, pourquoi celui-ci n’a-t-il pas des cornes comme le bœuf?

Ici il faut reconnaître que c’est, non pas la nourriture, mais l’élément de semence dont le cheval a été engendré, qui n’avait pas le principe de formation des cornes, cette même semence ayant une différence essentielle qui fait précisément" la distinction de la race.

Or, quoique l'herbe renferme l’atôme homogène à la croissance des cornes dans le développement du bœuf, ce même atôme ne rencontrant pas dans le cheval un principe identique à l’élément cornifère, entre dans le développement des membres qui ont le plus d’analogie avec sa nature, ou s’il n’en trouve pas dans cette analogie, c’est un atôme qui restera passif, et qui sortira dans les excréments, après avoir contribué, d’une façon quelconque dans l’estomac du cheval, au travail de la digestion.

436. — Chaque race d’animaux doit donc transformer son aliment d’une manière différente, bien que l’herbe soit la même et que l’estomàc fonctionne d’après une même loi.

Il s’ensuit que les émanations de toutes sortes sont également différentes dans chaque race et dans chaque animal.

Il faut doue prendre note que toutes ces émanations, soit

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visibles, soit invisibles, c’est-à-dire sous forme de matières solides et liquides , ou sous forme de vapeurs provenant de l’haleine ou de la transpiration, ont toutes des principes, des molécules et des atômes différents, et que ces molécules passant dans l’atmosphère à l’état de gaz ou de vapeurs, doivent naturellement former une variété d’éléments aussi considérable que la quantité en est prodigieuse.

<37. — Si nous ne pouvons pas suivre, même par l’imagination, la variété des qualités de ces prodigieuses émanations, pourrions-nous au moins suivre ou saisir leur quantité ?

Si nous prenons pour base le résultat que donne le bœuf pour toute l'espèce mammifère, il ressort des milliards de bœufs (1) qui sont venus sur la terre, et qui ont péri depuis le premier individu de cette race animale, jusqu’à nos jours; il ressort, disons-nous, que l’espèce mammifère, qui a compris desmiiliards de milliards d’individus, a fourni, à elle seule, à notre planète, soit dans son atmosphère, soit dans l’intérieur de la terre, soit par l’émission des émanations des corps* vivants, une quantité de matières suffisante pour égaler en poids et mesure une vingtaine de fois la dimension et le poids de notre globe, et que ces produits élaborés dans les intestins de l’animal, en développant des matières infinies d’objets divers, donnent des molécules relativement différentes les unes des autres, savoir: des atômes renfermant en eux- mêmes des éléments de l’universalité de ces produits, et d’autres atômes composés spécialement du principe de l’un ou de l’autre de ces mêmes produits.

Ce calcul, qui doit se baser sur cinq cents à mille siècles,

(1) La consommation annuelle des bœufs, dans les cinq parties du monde , est de 250 millions. En 50 siècles, le nombre des bœufs morts serait de 1,250,000,000,000,000, soit t million 250 mille milliards d’individus qui ont laissé, en masse, de leurs corps, un poids de 750,000,000,000,000,000 kilogrammes, ou 750 millions de milliards.

nous ferait connaître le résultat qu’a pu donner une seule espèce animale, quelle prodigieuse quantilé de produits analogues ne trouverions-nous pas, en supputant le règne animal lout entier!

438- — C’est dans le règne de l’homme, à la sixième journée, que nous donnerons le calcul d’une classe spéciale, celle de l’homme lui-même, car il nous offrira des données de quelque exactitude, et nous permettra de faire une statistique des émanations générales. Nous traçons en ce moment cet aperçu seulement pour faire comprendre combien étaient abondantes les matières animales comme les végétales, qui servirent, aux premières époques, pour les besoins de la condensation de notre propre planète, et combien de matières fraîches furent fournies, dans le deuxième, troisième, quatrième et cinquième jour, au laboratoire du l'eu intérieur, qui avait pour mission de durcir et diviser les matériaux dans les entrailles de la terre.

Nous exposons cet aperçu général, en même temps, pour faire comprendre que les besoins intérieurs du globe, pour se durcir, ayant été toujours en diminuant, la quatrième journée, par exemple, n’a consommé que la moitié, et la cinquième, le quart de ses productions extérieures ; et par conséquent, il devait rester une énorme surabondance de fluides, produits par les règnes végétal et animal, qui ont eu et ont encore forcément un autre débouché, puisque ces fluides ne sont presque plus nécessaires aux besoins du centre du globe. C’est ce superflu que nous avons annoncé déjà être le tribut de la terre ; il nous reste à observer de quelle manière il est échangé et dépensé.

439. — L’opinion généralement adoptée jusqu’à présent est que tous les fluides de la terre, après avoir passé dans l’atmosphère, retombent sur la terre, comme si à l'atmosphère seule il appartenait de transformer et de purifier l’air.

Nous avons cherché, mais inutilement, quelques traités à ce sujet; nous n’avons trouvé aucun auteur qui eût évalué la qualité et la quantité présumable d'émanations que la terre transmet journellement à l’atmosphère.

En l’absence de toute donnée de la part des auteurs sur cette importante question, nous sommes persuadé que l’opinion dont il s’agit est une erreur ; car, si toutes les émanations de la terre n’avaient pour refuge que l’atmosphère, l’atmosphère ellemême serait en danger; bien plus, elle ne pourrait pas subsister, elle changerait de couleur; elle serait corrompue, empoisonnée; elle n’aurait pas la force de lutter, à elle seule, contre la masse des émanations ; car en quarante jours seulement, la terre en fournit plus en poids et volume que le poids et le volume de l’atmosphère même.

440. — Pour avoir un terme de comparaison relativement à la capacité et à l’influence que peuvent avoir les émanations du règne animal et végétal, dans le travail permanent de l’atmosphère considérée dans ses limites ordinaires, nous avons choisi un local vaste de200 pieds carrés, possédapt son atmosphère naturelle, et ayant un carreau en verre pour que la lumière du jour put y pénétrer. Nous avons enfermé dans ce local un lapin, dont la taille était d’environ un pied, avec de l’eau dans un bassin, et quelques plantes; nous y avons ajouté des végétaux de plusieurs espèces, et suffisants pour la nourriture de cet animal pendant quinze jours.

Au bout de dix jours, nous avons ouvert la porte pour visiter notre petit règne animal et végétal , mais nous fûmes repoussé par une exhalaison des plus méphitiques ; l’atmosphère du local était littéralement empoisonnée; l’animal, on le voyait, commençait à souffrir ; les plantes et les végétaux qui restaient étaient déjà en étal de putréfaction.

L’air avait donc passé bien des fois d3ns les poumons de l’animal ; l’air avait reçu les émanations des plantes repfer-

niées dans cette pièce, la corruption des végétaux unie aux exhalaisons des excréments et aux vapeurs de l’animal, avait changé le caractère de l’atmosphère, qui aurait lini par asphixier l’animal, et être pernicieuse à la santé de l’homme qui le premier serait allé ouvrir la porte (1), si on avait tardé de quelques jours.

Sans doute si on eût laissé la moindre ouverture au passage de l’air, naturellement l’air, en se renouvelant, n’aurait présenté que peu de différence avec l’air extérieur.

441. — Donc, si l’enveloppe de l’atmosphère, cette couche supérieure que nous avons appelée son épiderme, n’avait pas de pores pour la communication avec les espaces du ciel ; si par ces pores ne s'infiltrait pas un écoulement perpétuel d’atômes provenant de l’éther extérieur en échange des atômes, des vapeurs grossières venant de la terre; si, en un mot, les émanations du règne animal, végétal et minéral, devaient se renfermer absolument et être retenues dans le cercle de l’atmosphère, nous le répétons, il serait impossible de vivre à la surface du globe, les effets y seraient analogues à ceux de l’expérience précédente; ils seraient même bien autrement funestes, car, comme nous le verrons au sixième jour, les exhalaisons de la terre fournissent, au minimum, 15,360,000 milliards de kilogrammes d’air corrompu par jour; ainsi, en quarante jours, il y aurait un dépôt de 614,400,000 milliards de kilogrammesdemiasmesdansl’atmosphère, tandis que toute l’atmosphère elle-même ne pèse que 523,260,000 milliards de kilogrammes, selon les chiffres de M. Francœur, que nous avons rapportés n° 226.

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