‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 90 sur 168 · L' ANIM AL-HOMME SYLVESTRE · texte numérisé non relu

L' ANIM AL-HOMME SYLVESTRE

l'ait il nous reste îles preuves incontestables, d’où ressort évidemment, chez cet animal, une première lueur d’intelligence.

448. — En effet, l’industrie et le commerce ont trouvé que le nilre est rare dans nos climats; la science a reconnu que sa production est lente et dil'lïcile ; le commerce alors a cherché et a trouvé le nilre en grande abondance dans l’Inde, et surtout en Tarlarie et en Égypte. La science, après examen de ce produit, a déclaré que le nitre ne se forme que des détritus, principalement des animaux et des végétaux réunis, et ne se développe qu’après leur fermentation, lente et élaborée par le travail des siècles.

Or, comme nous découvrons de nos jours des amas immenses de nitre en Asie, en Afrique et en Amérique, et spécialement en Tartarie et en Egypte , ces dépôts , faute de fossiles plus explicites, parlent d’eux-mémes, et nous fournissent la preuve et les traces d’une grande population ancienne habitant ces plateaux de la terre dans la cinquième époque.

449. — Pourquoi celte population aurait-elle eu l’idée de déposer ses détritus naturels dans des lieux particuliers? Rien n’est plus facile que de répondre à celte question. D'abord ces lieux devaient être de grandes excavations, ou des cavernes , ou des précipices profonds qui abondaient à la suite des éboulements passés (1); car les amas de nitre nous expliquent positivement une pareille origine.

Or, l’homme sylvestre ne pouvait, à son début sur la terre, jouir que d'une dose assez faible d’entendement; deux besoins impératifs étaient les seuls objets de sa pensée et le sujet de ses occupations, c’est-à-dire manger, et rendre ses digestions.

Pour manger, il n’avait qu’à ramasser les fruits des arbres et de la terre. Toutefois, il remarqua qu’il faisait son choix

(1) Ce qui était à la cinquième époque le fond d’un précipice a pu devemir, à la sixième, le niveau du plateau et même la cime d’une montagne, par l’efiet des soulèvements que nous avons souvent. indiqués.

plus facilement et mieux que les autres animaux, et qu'il pouvait, par son agilité et son adresse, regarder le ciel et grimper sur les arbres, casser les branches et exécuter toutes sortes d’évolutions impossibles aux quadrupèdes.

Il observa, en outre, que les quadrupèdes laissaient le produit de leurs digestions partout où le besoin le demandait: l’homme sylvestre , se sentant supérieur, ne voulut pas imiter en cela le quadrupède; ce fut la première idée qui le poussa à agir comme nous l’avons expliqué , mais c’était aussi le seul acte différentiel qui lui fût possible à ce moment pour se distinguer à ses propres yeux, car pour tout le reste, ainsi que nous l’avons dit, il était fatalement forcé de copier les autres animaux.

Ainsi, sa conduite , dans cette circonstance (1), a été le premier pas , le premier acte d’une action spontanée de son entendement supérieur aux quadrupèdes; peut-être aussi que les grands oiseaux , qui opéraient ainsi sous ses yeux , ont contribué à lui en fournir l’idée.

Cet acte, continué de génération en génération, est devenu un devoir pour les enfants par respect pour la disposition paternelle, et dans la suite il a fini par être un devoir de religion.

450. — Quelque faible qu’ait été l’entendement de l’homme sylvestre , son second mouvement de réflexion l’a porté à

(1) Si nous nous trouvions nous-mêmes aujourd’hui, tout civilisés que nous sommes, sur le même terrain et dans les mêmes conditions que ces animaux, il nous serait impossible de rien faire de différent de ce qu’ils font; car pour manger nous aurions les mômes fruits, la môme eau pour ljoire, le même sol pour lit et le môme ciel pour toit, lin seul acte dépendrait de notre volonté, et nous le remplirions assurément : ce serait de déposer nos digestions dans un endroit à pari; pour tout le reste, nous serions soumis à une nécessité fatale, et nous ferions ce que font les autres animaux, jusqu'à ce que nous eussions obtenu des moyens d’amélioration.

l’ammal-homme sylvestre. 2?3

apercevoir qu'il rendait à la terre ce qu’elle lui avait fourni , mais qu’il faisait cette restitution sous une forme différente de l’objet qui était entré dans son corps; cette matière, qui avait soutenu et fortifié son corps et sortait de lui comme une surabondance, méritait ses remerciments; et sa reconnaissance lui insinuant de regarder celte transformation comme un miracle, il en a fuit le premier objet de ses adorations.

De là vient le culte des excréments, qui s’est conservé longtemps aussi dans la sixième époque, à tel point que les Indous adorèrent et adorent peut-être encore aujourd’hui les produits excrémentiels de la chaise percée du grand Lama, que les prêtres vendaient aux fidèles sous forme de poudre renfermée dans de petites boiles, ou sachets, précieuses amulettes bien dignes, en effet, des adorations de l’homme!... (1).

451. — L’entendement borné des animaux quadrupèdes indique assez qu’ils n’ont jamais pu avoir l’idée d'aller déposer dans un lieu particulier leurs excréments; loutefois, nous avons vu l’instinct porter les oiseaux à faire des dépôts de cette nature; à plus forte raison , à mesure que l’instinct s’est développé, l’être animal, ou l'animal-homme, a naturellement accompli cette action comme un premier signe de son intelligence; il reste plus que prouvé que ce fait a été l’acte d’une population humaine.

Ainsi s’expliquent les amas énormes de nitre que les siècles ont produits; ces matières animales nous montrent, parleur situation actuelle, les points du globe où les races humaines primitives séjournaient par peuplades considérables dans la cinquième journée.

452. — Ces premiers êtres de la race humaine sauvage étaient grands de taille ; les besoins de leur appétit devaient être relatifs, et conséquemment leurs évacuations abondantes.

(1 ) Voyez la noie Q , à la fin du volume.

Pour satisfaire la faim avec l’accroissement des générations , les fruits des arbres ne suffirent plus. Voyant les grands animaux attaquer et dévorer les petits, l’idée leur vint de faire de même, et l’adresse suppléant à la force, ou la secondant , ils inventèrent la chasse et la pêche , qui fournirent à leur nourriture les animaux, les poissons, le gibier que l’instinct leur faisait rechercher.

453. — Pour prendre le poisson, l’homme sauvage se sert de branches d’arbre ; un arbre , creusé par l’âge ou par la foudre et amené sur le rivage par les vagues, lui donne l’occasion de s’avancer sur l’eau pour pêcher plus loin ; voilà la pêche et la navigation dans leurs premiers essais.

Un bâton lui sert pour prendre les oiseaux et tuer de petits animaux; l’union de plusieurs sauvages munis de bâtons leur procure la force et l’adresse pour combattre les animaux carnassiers et apprendre aux quadrupèdes , même les plus terribles par la force et la taille, que dorénavant ils seront soumis à l’homme.

454. — Les premiers hommes sauvages remarquèrent les orages, les tempêtes, qui étaient fréquentes et terribles à cette époque; l’éclair et la foudre qui enflamment et brûlent un arbre, leur inspirent l’idée du feu; ils saisissent ce feu allumé sous leurs yeux , voient avec quelle facilité il se communique à des végétaux desséchés ; deux morceaux de bois dur, frottés avec force au milieu d’une atmosphère brûlante, leur fournissent également le feu ; deux cailloux solides font jaillir des étincelles qui embrasent des feuilles ou des écorces sèches ; ils se rendent maîtres de ce feu auquel ils devront bientôt l’idée de faire cuire les aliments et plus tard de former des outils: de là l’industrie dans sa première enfance.

455- — Le climat très-chaud , la terre presque ardente, , permettent aux hommes sauvages de rester toujours nus; mais , dans leurs chasses au milieu de forêts épaisses,

l’animal-homme sylvestre.

il y avait des plantes épineuses ; l’idée vint de couvrir avec les plus grandes feuilles des arbres les parties du corps les plus sensibles; cette idée fournira plus tard celle de se couvrir avec des peaux d’animaux, et ensuite de tisser des brins d’herbes, puis réunir des filaments de plantes et plus lard filer du chanvre, pour se faire des couvertures, des toiles, etc., qui ont servi à envelopper leurs corps, et des filets pour prendre les poissons et les oiseaux.

456. — Les cavernes, très-nombreuses, offrent des retraites pour la nuit; l’ombre des montagnes et celle des grands arbres présentent la fraîcheur que nos hommes sauvages cherchent, en se mettant à l’abri des rayons d’un soleil ardent; cette ombre, ces cavernes donnent l’idée de faire des huttes avec les arbres et les branches : premier pas à l’art de la construction.

457. — L’homme sauvage n’est pas seul au milieu des bois; un instinct l'entraîne vers sa compagne; la nuit les enveloppe de son ombre; la nature commande, elle est obéie;

” l’existence de l’homme est doublée, elle est triplée au bout de neuf mois ; le nouvel être auquel ils ont donné le jour aura besoin pendant longtemps de lait, de secours, de soins.

Pourquoi le père n’abandoune-t-il pas ce petit, comme le bœuf, qui oublie son veau et le laisse à la mère sans plus y songer? Parce que l’homme sauvage voit cette petite créature mieux faite, dans ses formes en miniature, que lui-méme qui en est l’auteur ; de son admiration est née un sentiment, c’est l’amour paternel ; les feux de ce sentiment s'allument et s’animent par une action mutuelle ; un lien durable se crée ; le partage des plaisirs et des peines est établi : la famille est formée.

458. — Les petits grandissent, le père domine, il est chef dans la famille, il donne des signes de commandement ; on

obéit, l’autorité et la subordination sont établies. Le nombre des individus augmente, la race s’étend, elle trouve des êtres semblables dans d’autres contrées ; la société se forme,

459. — La réunion des hommes sauvages présente bientôt un chiffre nombreux d’individus de la même espèce ; on se communique ses sensations et ses désirs ; on se divise, et bientôt l’espèce est trop nombreuse sur plusieurs points du globe; de là, des querelles et des désunions; les combats commencent, et avec eux s’allument les guerres de destruction, entre les individus de la même race.

460. — C’est ainsi qu’a existé et péri partiellement la race des hommes préadamites (1), géants de taille, et sur lesquels nous n’avons eu jusqu’à présent d’autres renseignements que les récits mythologiques et les fables des poètes de l’antiquité, mais qui nous ont laissé des preuves irrécusables de leur existence dans les amas de nitre analysés par la science.

Ces populations ont dû être très-nombreuses; elles ont à peu près disparu avec les autres êtres de la cinquième époque, au moment du grand cataclysme qui a terminé ce jour mémorable de la Bible, et ouvert la brillante aurore du sixième jour de la création.

(1) Voyez la note R , k la fin du volume.

OU

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