‹ La création et ses mystères dévoilés ouvrage où l'on expose clairement la nature de tous les etres, les éléments dont ils sont composés et leurs rapports avec le globe et les astres, la nature et la situation du feu du soleil, l'origine de l'Amérique, et de ses habitants primitifs, la formation forcée de nouvelles planChapitre 89 sur 168 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

■/ Animal -Homme tjhestre-

Soxhaihe. — Formes de l’animal approchant le plus de l’homme à la quatrième journée, 443. — L’homme sylvestre de la cinquième époque, 444. — Il sent sa supériorité et cherche à se distinguer, 445. — Comment se singularisent le lion, l'orang-outang , le singe, 446. — Note relative à l’orang-outang, id. — Par quel acte l'homme sylvestre ou préadamite se distingue d’abord, 447. — Preuve tirée des amas de nitre, 448. — Preuve tirée des facultés actuelles de l’animal, 449- — Origine du culte des excréments, et note, 450. — Bornes de l’entendement des quadrupèdes; séjour des premières races humaines, 451. — Invention de la chasse et do la pèche, 452, 453. — Découverte du fer; enfance de l’industrie, 454. — Premiers vêtements, 455. — Premières habitations construites, 456. — Mariages primitifs; formation de la famille, 457. — Formation des sociétés, 458. — Premières guerres, 459. — Conclusion, 460.

443. — Avant de quitter cette cinquième époque si importante pour notre globe, examinons si elle nous offre les traces de l’animal-homme, qui aurait dès-lors habité la terre, et quelle sorte d’homme ce pouvait être.

Jusqu’à la quatrième journée, les couches terrestres étaient, comme on l’a vu, excessivement pénétrées de miasmes délétères; par conséquent, il n’était pas possible qu’il y eût à cette époque des êtres ayant les organes de l’espèce humaine; aussi, quelque gigantesques que fussent les formes des animaux, quelque variées que fussent les espèces, celle qui aurait le plus approché des formes de l’homme, dans cette quatrième journée, devait avoir une peau, ou un cuir assez fort pour garantir l’individu contre l’humidité de ces miasmes et brouillards jadis permanents, qui commençaient à peine à se modifier par le changement des gaz dans lesquels l’oxygène devait

figurer pour que l'air respirable fût approprié à la constitution physiologique de la nouvelle espèce. Cet animal devait aussi, par la même raison, avoir le corps tout couvert de poils pour être protégé contre les accidents de température , contre les attaques des petits animaux, des insectes, etc.; c’est ainsi que sont constitués, mais sous des formes réduites, les orang-outangs et les singes. Mais à la cinquième journée, la température était déjà toute différente : l’atmosphère s’étant purifiée après l’apparition des volatiles, et à mesure de la multiplication des oiseaux, l’animal-homme a présenté, dans cette époque , des formes plus perfectionnées, ainsi que cela devait être, conformément à la loi du progrès de la nature; il avait une plus grande taille et un extérieur plus parfait que le singe, l’orang-outang, ou tout autre animal approchant le plus de l’espèce humaine.

444. — Or, cet animal, que nous nommons homme sylvestre, a dû forcément paraître avec la cinquième époque, attendu les qualités du climat, qui , étant approprié aux conditions de son existence, sollicitait sa venue, de même qu’aux précédentes époques, les autres êtres avaient été successivement appelés à paraître avec leurs variétés ou espèces différentes.

« Chaque phase de température par laquelle a passé la « terre, » dit très-bien M. Alfred Maury, dans son remarquable ouvrage, la Terre et l’Homme, « a été marquée par « un mode d’existence spéciale et eu vertu d’une action divine « dont le mode demeure pour nous un mystère ; les végétaux « et les êtres vivants ont apparu quand la température a at- « teint un degré compatible avec la vie ! »

Cet animal a donc, comme les autres, subi des modifications et des perfectionnements dans sa forme, à mesure de l’avancement des siècles. Ainsi, si la cinquième époque a été de trois cents siècles, cet être peut avoir éprouvé sans inconvénient, et même il a dû, par une conséquence des change-'

LANIMAL- HOMME SYLVESTRE. 209

ment s survenus sur la terre, subir trois cents fois et par gradation presque insensible, des perfectionnements physiques de génération en génération, en sorte qu’à la tin de cette cinquième journée, la race s’est trouvée beaucoup plus belle de formes que celle qui avait paru au commencement de la même époque.

445. — En admettant donc que l’espèce perfectionnée ait duré, sous sa meilleure forme, seulement le tiers de l’époque dont nous nous occupons, il s’ensuivra que pendant ce tiers, c’est-à-dire pendant les cent derniers siècles de la cinquième journée, l’homme sylvestre ou préadamite a dû dominer par ses formes, son adresse même ou sa dextérité, au-dessus des autres êtres, et que, sentant sa supériorité, il a cherché, par un premier acte de son entendement, à faire une chose qui le distinguât des autres animaux, ses inférieurs.

Que pouvait faire cet habitant des mêmes plaines, vallées et forêts? 11 avait pour lit le même sol, pour le couvrir la même voûte du ciel , la même eau à boire, les mêmes fruits pour sa nourriture ; il grimpait sur les arbres comme eux, il marchait et courait comme eux; en un mot, tout était égal entre lui et les autres animaux.

446. — Que fait aujourd’hui le lion, qui se sent être le roi des animaux? Tout le monde le sait : quand il a faim, il ne pense qu’à dévorer sa proie; mais aussi, quand il est rassasié, il se montre généreux; bien plus, il se conduit en héros et protège les faibles animaux, lorsqu’il les voit menacés ou attaqués par le tigre ou d’autres carnivores ; ceux-ci , à sa vue, s’éloignent pour ne pas commencer un combat dangereux, et renoncent à leur proie.

Que font de même l’orang-outang ou le singe, qui se sentent aussi , dans leurs forêts , les plus adroits de tous les animaux ?

Personne ne l’ignore, l’orang-outang (t) et le singe ont l’air d’être toujours occupés, toujours affairés. L’orangoutang, plus sérieux, arrache sans cesse des hâtons sur les arbres qui lui conviennent ; il va choisir les meilleurs fruits, et s’il peut entrer dans une hutte d’hommes vivant à l’état sylvestre, comme les sauvages et les nègres, il leur enlève une femme, qu’il transporte sur ses bras nerveux au milieu des arbres de la forêt; là, après avoir satisfait sur elle ses propres appétits, il lui jette des fruits et l’abandonne.

Le singe fait des grimaces, comme si, pour le succès de ses occupations pressantes, il avait besoin d’exprimer des idées pour lesquelles la parole lui manque; il paraît mépriser les autres animaux et leur tendre des pièges, comme s’il désirait les soumettre à ses bizarreries.

447. — Par la même analogie, l’homme sylvestre de la cinquième époque devait avoir des idées plus avancées sans doute que le lion, l’orang-outang ou le singe. Entre autres idées, il avait assurément celle de sa propre supériorité; et soit qu’il eût la parole ou une partie seulement de la parole, juste ce qu’il en fallait pour se faire comprendre des autres êtres de sa race, il est certain que cet homme-animal (car nous ne voulons pas dire simplement l’homme, et cela avec d’autant plus de raison qu’il n’est pas encore tel que nous le voyons aujourd'hui), cet homme-animal donc avait des vues au-dessus des autres animaux. Mais quel pouvait être le premier acte de diversion qu’il devait faire pour se singulariser, puisqu’il se trouvait exactement dans les mêmes conditions sur la terre?

Ce premier acte a été de déposer ses nécessités naturelles dans une localité spéciale, choisie à l’exemple des grands oiseaux, soit pour ne pas être offensé de l’odeur désagréable des ordures, soit pour d’autres causes que nous verrons ; et de ce

(t) Voyez la noie 1', à la fin du volume.

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