Mais avant d'entrer dans les faits historiques dé co
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grand jour qui dure encore, et dont noos n’avons probablement pas parcouru la première moitié ou la matinée, nous devons faire une courle pause, afin de reporter nos regards sur le passé, et voir si nous avons 'bien établi les phases dé la formation du globe par ses époques, et notamment par les intervalles, qui ne sont point indiqués dans la Bible ni dans les auteurs qui nous ont précédé.
466. — Moïse, en écrivant la Bible, a dû, comme nous l'avons déjà remarqué, et comme nous l’expliquerons tout à l'faeure, se borner à raconter succinctement les principaux faits, laissant aux sages pour lesquels il avait écrit son Tmtateuque, le soin des interprétations et de leurs dévelopements.
Ainsi, le jour, composé du soir et du matin, signifie et comprend le temps du passage du soleil.
En voici l’explication élémentaire :
Entre le soir et le matin, il y a la nuit, et entre le matin et le soir, il y a plusieurs divisions que les Égyptiens avaient adoptées et que nous signalerons. En n’indiquant que deux parties seulement, le soir et le malin, Moïse laissait sous-entendre toutes les autres divisions, qui étaient trop bien connues comme faisant partie matérielle du jour, et précisément parce qu’il passait sous silence les phases les plus nombreuses du jour, -H entendait faire l’allégorie d’une époque; car jour, on éjjfôqtte était pour lui synonyme.
L’intervalle qui sépara les jours est mesuré dans le St'phcr de Moïse par un mot qui exprime une manifestation phénoménale.
L’astronomie lui était connue, et la période de la grande année solaire, appelée aujourd'hui précession des équinoxes, de 36,000 ans, était aussi pour lui synonyme d’une époque ou d'un jour.
467. — Voici d’autres preuves que nous lirons du récit d'anciens auteurs : à l’époque de Moïse, les besoins de la so-
ciété exigeaient qu’on pût indiquer exactement les instants du jour destinés aux operations communes. On se tourna vers le soleil; la marche de cet astre divisait naturellement le jour en plusieurs portions , qu’on a nommées : V Aurore ou le matin, le lever du soleil , l’avant-midi, le midi, V après-midi, le coucher du soleil, le crépuscule, le soir et la nuit.
Or, les sages de l’antiquité tenaient pour principe qu’avant le jour avait été la nuit; que la nuit avait été le temps des ténèbres, du chaos et du mystère, et ils appelaient la nuit mère du jour (1).
Ils ajoutaient que le jour, iils de la nuit, ne devait pas se permettre de demander l’âge de sa mère, et que celle-ci n’était pas obligée d’en rendre compte à son fils. Ces données suffisent pour justifier le sens d’époque d’une durée indéterminée attribuée au mot jour.
Relativement au jour ordinaire ou à la journée commune, les Égyptiens avaient adopté la division de douze heures pour le jour et douze heures pour la nuit ; et l’origine de cette importante classification vient encore d'un animal, comme ils nous l’ont laissé entendre dans leurs emblèmes (2).
468. — Ces explications justifient les supputations que nous avons appliquées aux diverses époques , quelque hypothétiques que puissent paraître nos nombres de siècles, ils n’en sont pas moins très-probables; au surplus, que les époques aient été plus ou moins longues que nous ne l avons marqué, la
(1) Du chaos sont nés l’Érèbe et la nuit; de la nuit jointe à l’Érèbe sont sortis le jour et la lumière. (Théogonie de l’abbé ëergier, t. 1", p. 320.)
(2) Dans leurs allégories, par l’emblème d’un cynocéphale (magot)-, « parce que, disaienl-ils, cet animal fait de l’eau 12 fois par jour , et dans des intervalles égaux.» (Histoire civile du Calendrier , par Court df Gebelin, t. iv, p. 79.)
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réalité ne produirait pas de différences notables et sérieuses dans le calcul des événements qui se sont succédé, et que la force des choses devait faire naître pendant le travail des organisations et des compositions alternatives des matières, et des êtres qui ont dû coopérer à reformer ces matières d’où sont venus de nouveaux êtres, et ainsi de suite, jusqu’à l’époque dans laquelle nous nous trouvons (1).
489. — Il serait certes plus satifaisant de savoir au juste la durée d’une époque indiquée, désignée sous le nom de jour; elle peut avoir été de mille siècles, comme elle peut n’en avoir compris que trois cents ; nous avons adopté dans tous nos calculs un chiffre minimum, car l’exagération conduit à l’erreur, tandis que nos déductions étant basées sur les chiffres les plus modestes dans l’ordre de la probabilité, les auteurs qui nous suivront sur le terrain des recherches cosmogoniques pourront, s’il y a lieu , étendre le nombre des siècles, lorsqu’ils auront des preuves que le travail souterrain de formation exigeait un temps plus long que celui que nous avons énoncé (2).
(1) Les pjrélres du dogme moderne de Zoroastre disent que les six temps de Moïse étaient composés d’un certain nombre de jours : le premier de 45 jours, le second de 60, le troisième de 75, le quatrième de 100, le cinquième de 80, et le sixième de 75. Il est clair que par jours ils entendaient des époques.
(2) M. Alfred Mapry parle d’oiseaux qui ont laissé des parties de leurs squelettes comme témoignage de leur existence à un Age que plusieurs myriades d'années séparent de nous.
{La Terre et T Homme.)
« Le calcul établit qu’un boulet, de la même dimension que la terre, chauffé au rouge et abandonné ensuite au refroidissement dans des conditions du même genre, emploierait plusieurs millions d'années pour descendre au degré de température qui règne actuellement sur notre planète. Que le globe ait été originairement en proie à une chaleur aussi élevée jusque dans ses régions centrales, ou que l’ignition
Du reste, la durée d’une époque ne peut rien ôter ni ajouter à notre admiration pour le créateur de l’univers, ce chefd’œuvre qui se maintient avec une succession si merveilleuse d’ordre et de perfection.
Nous avons écarté les chiffres des systèmes des philosophes anciens et modernes, par la raison qu’ils n’avaienld’ autre appui que la Fable ou l’imagination des auteurs. Ainsi, l’Égypte faisait régner ses dieux sur la terre, pendant 11,000 ans.
Les mages de la Chaldée prétendaient avoir une histoire du ciel qui remontait à 470 mille ans.
Des Indiens ont soutenu que la formation de notre planète avait eu lieu il y a plusieurs millions d’années.
470. — A la vue de ce chaos «le conjectures et d'hypothèses sans appui que nous avons dû repousser, nous avons pris la Bible pour guide, en plaçant à côté d’elle les découvertes de la géologie. Si la Bible a été pour nous le phare qui éclaire l'investigation historique, la science est le creuset qui nous a fourni les moyens de remplir les vides laissés par la Bible.
Le jour de Moïse, ou son époque, qui en est l’équivalent, est donc parfaitement jnstilié. Quant à l’intervalle, que nous avons employé comme l’aurore de chaque jour, il nou6 est prouvé, par la Bible môme, qu’il va s’étendre du jour de la création d’Adam au cataclysme, quelle énonce sous la dénomination de Déluge universel.