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LES PALAIS CliKTOlS.
vert dans L' (|nîii'tiri' donic^stiquc, attesterait qu'on bâtissait ( m qu'on lestaurait eneoi-e activement à Theure même où se produisit la catastrophe. Mais nous nc^ pouvons insister sur ces détails. Ce qui est plus grave, c'est que ce palais a été précédé sur ce même emplacement par un autre palais plus ancien, complètement détruit luimême à une époque antérieure. Il n'y a aucun doute sur ce point; trop d'indices le mettent en lumière, quoiqu'il soit malheureusement très malaisé de reconnaître le plan primordial du palais. C'est à peine si, sur quelques points du quartier de l'est, le nouveau palais a été construit sur des débris accumulés du palais ancien, formant ainsi une stratification distincte. Dans tout le cpiartier de l'ouest il n'y a .tiuère d'autre vestige de niveaux différents que dans la terrasse méridionale. La plate-forme, ;i son niveau ancien, a été utilisée de nouveau, et bon nond)re des murs primitifs ont été incorporés dans le nouveau palais.
La distinction des deux palais, très difticile à Cnosse, se retrouve plus aisément à Phaestos (cf. pi. V).
C'est surtout à ce point de vue que nous parlerons de cet autre palais qui ne le cède guère à celui de la côte septentrionale ; nous serons donc encore plus supcu-ticiel et moins technique.
l*haestos était située au midi de l'Ile, A environ deux heures de la baie de la Messara. Le palais était établi sur une sorte d'acropole dominant la plaine. C'est le même plan général qu'à Cnosse, la môme architecture, avec une disposition un peu différente des appartements, des cours et des sanctuaires.
Aucune fortification, ni même d'enceinte ; la position est d'ailleurs assez forte par elle-même. On a seulement pris scûn, comme à Cnosse, de défendre l'entrée principale par une sorte de bastion. Deux grandes cours, une à l'occident, l'autre au centre. Cependant ici l'aile de l'est avait très peu d'importance; le quartier des réceptions et des approvisionnements était à l'ouest, le mégaron avec diverses salles de service au nord. On accédait d'ouest en est, au point d'intersection des deux quartiers principaux, par un escalier conduisantà un vestibule. Toute cette admirable entrée, parce qu'<'lle est ornée de colonnes, a été pris(^ par iM. Doerpfeld pour un mégaron, mais M. Mackenzie a clairement établi sa véritable nature (1). Les profanes en jugent peut-être plus aisément que les théoriciens par un simple coup d'oeil sur le plan des savants italiens.
On allait de la cour occidentale à la cour centrale par un corridor
fl) BSA, XI, I». 181 ss., Cnlan Palaces aad Aegeua Civitizatioii.
LA CRKTE ANCItNNK.
LKS PALAIS CRETOIS.
au milieu duquel se trouve un pilier rccbn.i;uhure, semblable à ceux de Cnosse, mais sans double hache gravée sur les pierres. Plus à l'est, dans une chambre carrée d'environ 5 mètres de coté, un autre pilier, sans aucun signe. Le but de tous deux était évidemment statique; ils faisaient partie de la construction. Cependant M. Pernier les regarderait volontiers comme symboliques, exprimant la force divine qui soutient 1).
Tel était, dans ses grandes lignes, le second palais, celui que les
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Fii,'. 9. — l'iiAEsTos. Corridor des magasins. Vue prise de lest.
savants italiens nomment mycénien; il était très probablement contemporain du second palais de Cnosse. Or il avait succédé à un autre palais, plus étendu et d'un style plus noble (2), dont les traces sont d'autant plus évidentes que la section ouest du nouveau palais a été bâtie en partie sur les murs et les terrasses de l'ancien, préalablement remblayés. On a pu reconnaître ainsi un théâtre, appartenant au premier palais, et dominant une cour de VO mètres sur 50. Dans cette cour était un autel, qui probablement a été remis à la même place dans le second palais, comme le prouvent des débris de cendre et d'os d'animaux, mêlés à quelques objets d'un caractère sacré. Toute cette agora pouvait donc servir à des jeux, ou à des fêles. Au
(1) Monument i..., XIV, col. 371.
(2) Ce sont les expressions de M. Pernier : .piu estvso c plu nohile ilello sfesso patazzo mtcetteo » {MonumentL.., XIV, col. i24}.
temps de l'ancien palais, elle était bornée A l'est par le mur occidental de l'édifice, dont les premières assises étaient en blocs de calcain^ disposés pour recevoir une armature de bois remplie d'argile peu cuite. Ce mur était flanqué de trois petites salles extérieures ri d'une salle intérieure. Les salles du dehors étaient postérieures au mur, mais non celle de l'iatérieur, qui constituait un pelit sanctuaire.
Tous les archéologues qui se sont occupés des palais crétois reconnaiss<»nt donc, à Cnossos et à Phaestos, la présence de deux palais (jui se sont succédé au même lieu. Mais on n'est pas d'accord sur les noms qu'il convient de leur donner.
Nous venons de voir les savants italiens employer à Phaestos le terme de mycénien pour désigner le second palais; ils nomment en conséquence le premier u prémycénien ». D'après M. Doerpfeld fl), les premiers palais sont cariens, c'est-à-dire préhelléniques; les seconds sont achéens.
M. xMackenzie nous parait avoir très bien démontré que tous sont crétois et préhelléniques (-2 . Le terme de mycénien n'aurait pas grand inconvénient si on voulait dire par là que les seconds palais touchent à la civilisation mycénienne ou continentale (3). Mais il a du moins le tort grave d'insinuer que l'architecture de Mycènes et de Tiryntlie se confond avec celle de la Crète. Qu'il y ait des ressemblances, personne ne le nie, mais il y a des différences aussi. Phaestos et Cnosse ont le même système de mégaron sans foyer, éclairé par un puits de lumière, de murs, soit en moellons calcaires, soit en l)locs de gypse, les mêmes théâtres, les mêmes bains à parois de gypse. Kien de tout cela ne s'est rencontré sous cette forme à Mycènes ou à Tirynthc. 11 est donc impossible d'attribuer à des architectes venus du continent la construction des seconds palais.
Il y a plus; ce qu'on a pu retrouver, à Phaestos surtout, des premiers palais, montre que l'architecture crétoise est toujours restée la même dans ses éléments premiers et dans la manière de les traiter. Par exemple, le premier palais de Phaestos avait un théâtre, comme le second palais de Cnosse; des banquettes couvertes de gypse sont du premier état à Phaestos, du second à Cnosse.
Donc, d'une part, en Crète, remarquable Continuité des mêmes
(1) Athenisrhe yiltheifuHfjen, .\X\, pp. 257-297.
(2) Crcfan lUilaccs and Acgean CirilizalioH, BSA, XI, p. 181-223.
r.i) Aussi croyons-nous qu'entre les savants anglais et les savants italiens il n'y a qu'une différence de terminologie, ces derniers se montrant plus réservés dans leurs conclusions historiques el chronologi(iues.
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savants italiens nommmf mycénien: il était très prohahlenienf contemporain du second palais <lr Cnosse. t)r il avait suceétié à un autre palais, plus étendu et d'un style plus noble 2. dont les traces sont d autant plus évidentes ([ue la srction ouest du nouveau palais a été Witie en partie sur les murs et les terrasses de l'ancien, préalaldement remblayés. On a pu reconnaître ainsi un théâtre, appartenant au premi<'r palais, et dominant une eour de VU mètres sur 50. Dans <ctte cour était un autel, (|ui pmbablement a été remisa la même place dans le second palais, comme \v prouveid des débris de cendre et d'os d'animaux, mêles A (piel(|ues objets d'un raractère .sacré. T<Kite cette ai;ora pouvait done servir à des jeux, ou à des fêles. Au
II) MoHumrnli..., \|V, col. ;ri.
(2) Cr sonl les expressions ,1e M. Pernirr ,. jn,, csfrso r ,r,„ nuhih. .Irlln sfrsso nnfozzn muctteo )» {MonHhtcn/i..., \IV, col. i2i .
temps de rancien palais, elle était bornée à Test par le mur occidental de rédilicc, dont les premières assises étaient en bh»cs de calcaire, disposés pour recevoir une armature de bois remplie d'argile peu cuite. Ce mur était tlancpié de trois petites salles exiéri^Mires et d'une salle intérieure. Les salles du dehors étaient postérieures au mur, mais non celle de l'intérieur, qui constituait un pelit sanctuaire.
Tous les archéologues qui se sont occupés des palais crétois reconnaissent donc, à Cnossos et à IMiaestos, la présence de deux palais cpii se sont succédé au même lieu. Mais <»n n'est pas d'accord sur les noms qu'il convient de leur donner.
Nous venons de v(/ir les savants italiens employer à Phaeslos le terme de mycénien pour désii^ner le second palais; ils nomment en conséquence le premier « prémycénien .>. h'aprèsM. l)o<M'[)feld ( 1), les |»reiniers palais sonl cariens, c'est-à-dire préindiéniques: h's seconds sont achéens.
M. Mackenzii' nous jjarail avoir très bien démontré quêtons sont crélois et préhellénicpies ri . Le terme de mycénien n'auiait pas urand inconvénient si on voulait dire par là que les seccuids palais touchent à la civilisation mycénienne ou eonlinentale (:\), Mais il a du moins le tort .i:rave d'insinuer que l'architecture de Mycènes et de Tirynthe se confond avec celle de la Crète. Qu'il y ait des ressemblances, personne ne le nie, mais il y a des dillerences aussi. IMiaestos et Cnosse ont le même système de mégaron sans foyer, éclairé par un puits de lumière, de murs, soit en moellons calcaires, soit en blocs de i;y|»se, les mêmes théâtres, les mêmes bains à parois de .:;ypse. Ilien de tout rcda ne s'est rencontré sous cettt^ forme à Mycènes ou à Tiryntln*. Il est donc impossible d'attribuer à des architectes venus du continent la construction des seconds palais.
Il y a plus; ce (pi'on a pu retrouver, à Phaeslos surtout, des premiers palais, montre qur l'architecture crêtoise est toujours restée la même dans ses éléments premiers et dans la manière de les traiter. Par exemple, le premier [lalais de Phaestos avait un théâtre, comme le second palais de Cnosse; des bancpiettes C(Uivertes de gvpse sont du premier étal à Phaestos, du second à Cn(>ssc.
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i:{) Aussi eroyniis-noiis «lu'enhe les savants anj-lais el les savants italiens i! n'y a qu'une dinerence de lerininoloj;ie, ees derniers se montrant i»lus n'servês dans leurs eonclusions liislorii|iies el clâionol();;iques.
LA CRKTK ANCIENNE.
procédés sur place, malgré Indifférence du temps; d'autre part diveigcnces très notables entre Cnosse et Phaestos d'un coté, Mycénes et ïirynthc de l'autre. Ces deux arguments convergent au même but et excluent toute participation des Mycéniens à l'architecture Cretoise. Par quelle merveille les architectes qui ont bâti les citadelles continentales, avec leurs palais étroits, auraient-ils réalisé hors de chez eux ces tranquilles demeures royales? Lors^jne les continrntaux vinrent en Crète, ce fut pour incendier les seconds palais; ils n'avaient sans doute pas les ressources nécessaires pour les remplacer. On reconnaît leur activité à Phylacopi, dans une enceinte fortifiée, avec un mégaron à foyer central. En Crète une situation toute ditierente commande une autre conclusion.
Quant au terme iVac/u'etK que préfère M. Docrpfeld, il suppose cpie la civilisation mycénienne était l'truvre des Achéens. Ce n'est point le moment d'aborder cette difficile question. Il faut seulement constater, en même temps que la magnificence des palais crélois, l'absolue originalité de leur art. Si quelqu'un a emprunté, c'est bien plutôt le continent qui semble ne s'être développé que longtemps après la Crète, et très sûrement sous son intluence.
11 ne nous reste plus qu'à dire quehpies mots du palais de Ilagia Triada, qui soulève un autre coté du même problème 1 1).
A peu près à moitié chemin entre Phaestos et la mer, la mission italienne a trouvé près d'une église consacrée à la Sainte Trinité, lïagia Triada, les restes d'un troisième palais crétois. Il est moins considérable que les précédents, mais n'était pas moins richement orné. Il s'étendait sur une longueur d'environ 200 mètres en suivant les flancs d'une colline dont le sommet restait libre du cùté du sud. Ici encore, nulle enceinte fortifiée circuLnre, mais unbastion gardant l'entrée au nord-est. A l'occident, les magasins, leurs /v/Mo/ dont quelquesuns contenaient encore des pois, des lentilles ou des figues sèches. Puis le mégaron des hommes, avec escalier conduisant à l'étage supérieur. Une salle avec dalles de gypse et revêtement de plaques également de gypse, est tlancjuéc» de deux autres, dont Tune, toute petite, a fourni les plus belles peintures stuquées (2). Venait ensuite la chambre du trésor; on a trouvé tout près dix-neuf lingots de bronze (3). Au nord, d'abord une chambre carrée, avec pavé de gypse
(1) D'après la description et le pian de M. Ilalhberr, Itappoitu.,. sugli scaii escguHidalfa Mtssione archcologiva ad Uatjhia Triada ed a Festo.
(2) En dépit de ce luxe, sur un des cotés d*. la grande salle, des latrines dune installation que M Halbberr a jugée très rudimentaire. comparées au confortable W. C. de Cnosse.
.3) Semblables à ce que porte sur l'épaule le dernier personnage à droite, lig î»2 infra