‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 23 sur 60 · LA SriTK I)F. LA CIVILISATION · texte numérisé non relu

LA SriTK I)F. LA CIVILISATION

Nous venons de constater riionioiiénéité et la continuité dans Tarchitecture des palais crétois. Or les mêmes caractères ressortent de tout Tensemble des découvertes. C'est cette évolution d'une civilisation originale dont nous souhaiterions donner une idée, en suivant pas à pas M. Evans, dont la théorie parait partagée par les savants italiens, conmie nous faisions dans le Musée de Candie, en allant de vitrine en vitrine pour retrouver les objets caractéristiques des différents stages de la culture. Ainsi que précédemment, nous tablons surtout sur les découvertes de Cnosse, et, pour plus de clarté, nous commençons par le commencement, c'est-à-dire par le sol vierge. Cf. fig. 87.

Sur le roc friable sont entassés six et même huit mètres de dc-

Kig. 10. — Tessons cl vases iicolilhiques d<' Cnossos. Di'cor incise et iiiiTiistation blanche (a, 0,c,J; coups «le poinron et laces lisses (</, r, /"); empreintes de pointe mousse (y);

éléments végétaux (fi, i).

cond^res appartenant à Tépocpie néolithique. Aucune trace de constructions, ni de l'emploi des métaux. La poterie est, comme partout, grossière et faite à la main ; brunie à la main, elle est presque noire {bucchero nero) ; l'art pourtant se manifeste et, même dans cette première manière, s'il y a d'abord progrès, il y a ensuite décadence. C'est au milieu de cette période que les décors incisés, remplis d'un

LA CIVILISATION CKKTOlSb:.

pigment blanc, se détachent le mieux sur le fond brun, avec leurs formes géométriques (fig. 10).

A Phaestos on a aussi reconnu une couche néolithique, mais beaucoup moins épaisse et moins régulière (1) ; il est possible, à cause de hi pente, que certaines parties aient été dénudées au profit de certaines autres, d'autant qu'entre la période néolithique et la construction du premier palais il y a eu interruption du séjour humain sur l'acropole de Phaestos.

C'est avec les premières constructions et avec l'apparition des métaux que commence la civilisation que M. Evans nomme Minoenne. 11 la (hvise en trois stades, minoen ancien yfarlf/ Mliioan , minoen moyen [middle Minoan), minoen récent {late Minoan) , et chacune de ces périodes est subdivisée en trois iearly Miiwan I, II, ÏII, et ainsi de suite). Au premier abord ces divisions paraissent excessives, et on se demande si elles sont justifiées. Elles le sont, du moins pour l'ensemble, car elles reposent sur plusieurs observations qui se contrôlent nmtuellement. En faisant un large sondage dans la cour de l'ouest, M. Evans a rencontré successivement toutes ces couches — sauf le minoen moyen I — représentées par des niveaux du sol répondant à des constructions nouvelles. Ce premier indice ne résoudrait que le cas de Cnosse ; mais la poterie qu'on a trouvée à ces divers étages est assez caractérisée pour constituer des séries qui se sont rencontrées ailleurs en Crète dans les mêmes conditions. Enfin les menus objets ont aussi leur caractère différent, et ils sont associés, dans le même ordre, aux mêmes classes de la céramique.

Toutefois, pour le J)ut que nous poursuivons ici, et dans l'impossibilité où nous sommes de fournir assez d'illustrations pour faire de la clarté, nous nous en tiendrons aux divisions les plus générales.

La poterie du minoen ancien, durant cette très longue période qui peut bien comprendre (juinze cents ans, va du bucchero noir primitif poli à la main et incisé aux premières manifestations de la polychromie. Elle est, dans l'ensemble, aussi souvent à fond bru i décoré en blanc, qu'à fond clair décoré en brun. Cette décoration est géométrique. Il faut bien se servir de cette expression, mais à la condition de ne pas confondre celte géométrie primitive, très peu chargée, avec la géométrie des vases altiques dits du Dipylon (2). Çà et là quelques reliefs ornementaux. A l'origine, les pots ont assez souvent la forme animale, mais, de très bonne heure, apparais-

(1) Les cotes indiquées sonl : 1-.50; 'i'^SO; l.",.>(>; i"-; 0"',GO, avec un maximum de 4'",50.

(2) On sait que ce style géométrique, deuxième manière, avec de notables iiiHucnces orien^ taies, laraclérisc toute la première période de la céramique grecque.

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