‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 24 sur 60 · i.v snii: m i.\ r.ivii.isAiinN · texte numérisé non relu

i.v snii: m i.\ r.ivii.isAiinN

Nous vrimns dr cnijslatoi* riicuiin-éiM'ilt' et la cniiliimih' dans Tai*cliilrotinc (les palais crrJois. Or 1rs inèiiirs caraclrros ressorlent ih^ tout l'cnsrmhlr des «lécouverfes. C/rst celte évolution d'une civilisation originale doiil nous souhaiterions donner une idée, en sui\anl pas à pas M. Evans, dont la théorie [larait partagée [lar les savants italiens, comme nous taisions dans le Musée de Can<lie, en allant «le vitrine en vitrine pour i-etrouver les ohjets caractéristiques <h's dilléreids stages de la culture. Ainsi que précédemment, nous tablons surtout sur lesdT'couvertt s detjiosse. et, pour plus de clarté', nous commençons par le commencement, c'est-à-dire par le sol \ierg<\ Cf. tig-. «7.

Sur le roc l'riahle sont entassés six et même huit mètres de dé-

\\ CIVIIJSATION CKKTlMSi:

I iu.

lu. -

h'ssons cl \ases iitolillii(|ues df riiossos. Dt-ror iiicis»' et iiiiTii^tntinn lilatu'Iie / ; t'nu|is «If poinroii rt laccs lisses '/, »•, /) ; frnprrinU's «le poinlr mousse ( »/ :

cond)res ajipartenant à r«''poqu(^ néolithique. Aucniu' trace de eons- Iriu'tions, ni de renq)loi des métaux. La potrrie est, comme partout, grossière et laite à la main ; brunie à la main, elle est presque noire \hmvhrrn ncrn ; l'ait pourtant se manirestc et, même dans cette première manière, s'il n a d abord lU'oicrès, il v a ensuite décadence. C est au milieu de cette pério«le que les décors incisés, remplis d'un

pigment blanc, sr détachent le mieux sur le tond brun, avec leurs formes géométricpies (tig-. in).

A Phaestos on a aussi reconnu une C(»uche néolilJii(pn\ mais beauci. u|» moins épaisse et ni(»ins rég(dière y\); il est possible, à cause de la [)ente. que certaines parties aient été dénudéc^s au prolit de certaines autres, d'autant iprentre la période uéolithicjue et la ccmstructiondii |>remier palais il y a eu interruption du séjcuir humain sur racrop<de de Phaeslos.

C'est aver les |>remières constructions et avec raj>parition des métaux (jue C(mimence la civilisation «puî M. Kvans nomme Minoenne. Il la «livise rn trois stades, miiioen anci<'n rarh/ Minnan , minoen moyen miildlr Minunn , minoen récent [latr Minuair , et chacune de ces périodes est subdivisée eu trois n,rh/ Minoan I, il. III, et ainsi de suite^. Au jurmier abord ces divisions paraissent excessives, et on .se dem.inde si elles sont jusiiliées. Mlles h» sont, du moins pour IVnsembh', car elles re|)osent sur plusieurs observations (pii se C(mtio|cnt mutuellement. Kn faisant un large sondage dans la <-our de l'ouest,

-M. Kvans a rencontré successivement t(>utes ces couches sauf le

minoen moyen I — représenté<»s par des niveaux du sol réjMmdanI à des constructions nouvelles. Ce premier indice ne résoudrait (pu' le casdeCnosse; mais la poterie (ru'on ;i trouvée à ces divers éta-vs est assez caractérisée p<»ur constituer des séries (jui .se sont l'encontrées ailleurs en Crèle dans les mêmes conditions. Kidîn les n.enus objets ont aussi leur caractère dilléienl, et ils S(mt associés, dans le même ordre, aux mêmes classes de la cérami(pie.

Toutefois, pour le but que nous poursuivons ici. et <lans rimj)ossibilité où mms sommes de tournir assez d'illustrations pour faire de la clarté, ii«»us nous <mi tiendrons aux divisions les plus générales.

La poterie du minom (tncirn, <lurant cette très longue période (pii [)eut bien comprendre cpiinze cents ans, va i\\\ hnnhrm noir primitif p«di à la main et incisé aux pii'mières Jiianifestations de la polychrcunie. Llle est, dans l'ensemble, aussi souvent à fond bru i décoréen blanc, qu'à fond clair <h'coré en binn. Cette décorati(»n est géométrique. Il faut bi<Mi se servir de celle expression, mais à la condition de ne pas confondre celte géométrie primitive, très |)eu charg-ée, avec la géométrie <les vases alti(pies dits <\\\ hipylon 2). i:à et là (pielques reliefs ornementaux. A r«uigine. les pots ont assez souvent la forme animale, mais, de très bonne heure, apparais-

I Lesrolrs imli<|iins sont l-.5(»: -.'.ôo: |..,»o; i'": 0'".r„i, avec Mil iiKuiiniim de r,.-.o. • On .sait .|ue n- style ;ié()metii.|iie, Weuxieme manière, avec de notables inHucnces oiien^ lale>, «aracl»'rise tonte la première période de la cèranu<ine grenine.

»• ■^♦"♦''!.**>»rr»^-»»»»rt,.,^/l, '

LV CRÈTE A.NClENiNE.

sent des l'ormes ^lacieuscs qui préliidcnf aiix œnocliors et aux lécythes de l'avenir.

Comme armes, des poîsnards en bronze, d'abord très courts, et triangulaires, <|ui s'allony-ent vers la fin de la période; de petites haches en bronze à colé de jolis grattoirs en obsidienne. Les sceaux ont à Torigine diverses combinaisons de lignes très simplistes, puis reproduisent des feuilles et même des hommes et des animaux, en quelques traits mal assurés.

De nombreuses idoles, d'abord informes; puis la téfc se dégage.

Lorsque le sexe est déterminé, il est crûment féminin. Le type qui vient ensuite est celui des (^yclades, dont le musée national d'Athènes contient de nombreux échantillons. Des femmes, la tête renvei*sée en l'air, ont les bras croisés sur la poitrine, ou plutôt sur la ceinture, au-dessous des seins.

Il faut rattacher à la partie moyenne de cette période le tombeau couvert par une voûte circulaire (t/iolos) , précédé d'une allée ciromos) , mis à jour par la mission italienne à llagia Triada.

De Tor, de la stéalite, de l'ivoire, de l'os, du lapis-lazuli se trouvent en petite <|uantité.

Le mlnoen niot/rn est le triomphe de la céramique polycliromée (1). Le rouge, vermillon ou carmin, l'orange, le blanc, se fondent très heureusement sur un fond noirâtre. Quand on trouverait un peu d'allectation à ce mélange des couleurs, il faudrait admirer sans réserve certîiines coupes blanc sur noir ou noir sur blanc — un blanc crème sur un noir lustré — dont le goût est exquis. Certaines tasses,

Fi

M. — IIa(;ia Tiuada. Vase «le ham:»rès. D'apics Mntiumenti..., \IV, pi. 42, 2 (eiiv. 2 3).

Kig. U. — Tasso de Kamarcs, i3.

D'après Mnintmnilt.... \IV, p|. 42. ».

(I) Dite aussi de Kamarès, à cause du lieu où on la découvrit d'abord.

LA CIVILISATION CliÉTOISE.

Fig. iX — Cxossos. Vase iHÙbllr minontx. D'après BSA, ix, lig. 7:;.

probablement en imitation d'objets en métal dans le goût des gobelets d'or <le Vaphio, sont tellement minces qu'on peut les comparer à la plus tine porcelaine de Chine. Toutes les formes se rencontrent, parfois bizarres, le plus souvent d'une grâce charmante. Les lignes brisées géométriques ont complètement disparu, remplacées par des spirales, des rosettes, de petits croissants épais, des fleurs (iig. 11 ss.).

Cette période est celle de la destruction du premier palais. Il succomba vraisemblablement dans une catastrophe subite, et ne fut remplacé qu'assez longtemps après (minoen moyen 111). Avec le second palais

3e produisent des changcmenis assez notables.

La polychromie a disparu presque entièrement, mais l'art est en progrès dans le sens de l'imitation de la nature. C'est aussi le moment où Ton cuit les belles porcelaines du sanctuaire de la « déesse aux serpents ».

Le second palais de Phaestos s'élève en même temps que celui de Cnosse.

Cette dernière époque de la période minoeime moycime est donc assez nettement distinguée de la précé<leiite. On se demande s'il ne vaudrait p.js mieux en faire le point de départ d'une grande période :

tout y prend un merveilleux essor, et le minoen récent, dans sa première |)hase, ne fera que donner les fruits <le cette active préparation.

Kig. n. — (:n(iss<»8. Vaso en **styIo«lii palais". D'apn's USA, \, Çy^. 1. ,D«Vnr blanr, fond mauve.)

LA ( UKïL a\(;h:\m:.

LA CIVILISATION r.uhinMsi:.

sent (les loniirs iiracieuscs (|ui pi-rliitlnil au\ (juiiorhurN rt aux lécvMh's (le ravcnii*.

(^omnu' arinrs, des poi-iiards en Lronzo, d'aliord très com-ls, rt Irian.i^nlaiiM's. (jiii s'ailoii-nit vers la tin de i.i |)rii()dr: dr prlilcs liaclios on hroiize à colé d<' Jolis grattcHi-s on ohsidiennc. Les scraux ont à Tmii^ine diverses combinaisons de lignes tr^s simplistes, puis reproduisent des feuilles et même des hommes et des animaux, en (jueNpies traits m<il assurés.

he nombreuses idoles, d'abord inlormrs: puis la tèlc se dégap*.

Loi*s<pir le sexe est dét<'rminé, il est rrnment Irminin. Le type (jui virnt fnsuil(* est celui des (lyrlades, dont le mnsér nalion.'d «rAllhMK's rontient At' nouibrcux échantillons. Des l'emmcs, la trte renversée en 1 ail', ont les bias croisés sur la poiti'ine. ou plutôt sur la ceinture, au-dessous des seins.

Il faut rattacher à la partie moyenne iU) celte jM-riode le tonibeau couvert par une voûte circulaire {tliolos , précédé «l'une allée drnmns , mis à jour par la mission italienne A llai;ia ïriadîi.

he Tor. de la stéatite, de l'ivoire, de Tos, du l.jpis-lazuli se trouvent en |>ctite quantité.

Le )n'mneii nuff/rn esl h lriom[)he de la cérami(jue polvchromée 1'. Le roui^e, vermillon ou carmin.

Loran^c, le blanc, se fondent liés heureusement sur un Inml noirâtre. Quand on trouveiait mi peu d allectation à ce mélange des couleui's, il faudrait admii'ci* sans réserve certaines coupes blanc sur noir ou noir sur- blanc — un blanc crème sur un noir lustré — dont le uoùt est ex(piis. Certaines tîisses.

I If;. II. — Ma«.ia ri!i\D\. Vaso «!•' k:un;ir«'>. Uapn. Miiininn'iiti.... \l\ . |il. 42, .' rll\. -2!'.

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(I) DiU" aussi do Kamaits, à cause du In-u oii on la dicouvril d abord.

\'i'^. \'i. — Cxosso^. Vas»' nii'l'llr III iiinilil.

U'apnvs 7>'NM. I\. (ig. 7:..

probablement en imitation d'objets en mêlai dans le .i;oùl des gobelets (Loi* de Vaphio, sont tellemtMit minces i\y\\n\ peut les comparer

à la plus Une porc(daine de

Chine. Tontes les formes se

renconti'ent, parfois bizarres,

1«* |)lus souvent d'une urace

charmante. Les lignes brisées

i;éométri(pies ont comjjlète-

nient disparu, remplacées par

des spirales, des rosettes, de

petits croiss:ints épais, des

Heurs lig'. 1 1 ss.V

(^ette période est celle de

la destruction du piemier palais. Il succomba vraisend)la-

blement dans une catastrophe

subite, «d ne fui remplacé

(piasscz longtemps après niin«KMi moyen 111 . Avec le second palais

se produisent des chanurMuenls assez notables.

La p(dychromie a disparu presque entièrement, mais l'art est en progrès dans le sens de l'imilaliim «le la nature. C'esl aussi l(î moment où Ton cuit les belles poi'celainesdnsan<'lnaii'e de la « déesse aux serpenis ».

Le second palais de IMiac^stos s'élève en même temps (jne celui de (hiosse.

Cette dernièi-e «qxMpie de la j»ériode minoenne niovenne est donc assez neticmeid distinguée de la précédente. On se demande sil ne vaudrait pas mieux en taire le point de départ d'une grande période :

tout y prend \\n merveilleux essor, et le minocn récent, dans sa première phase, ne fera que doniM'r les fruits de cette active préparali(.ii.

rij;. 14. — Cmissus. V;im' en ".«sIvNmIii palais", hapi.'s l\S\. \. li-. I. n.'cor l.laiH. Imirl niainr

LA CIVILISATION CKÉTOISE.

Peut-être la division actuellement reçue, outre l'avantage de marquer le dernier état du second palais de Cnosse, a-t-elle encore celui d'indiquer une évolution décisive dans la céramique. Dans le minora récent, tous les vases seront à fond clair jaunAtre, avec décor brun ou rougeAtre, d'un réalisme saisissant. Il suffît au potier, pour orner un vase haut d'un mètre, d'une série de lis ou de papyrus, ou encore d'un poulpe dont les tentacules sont vivants. Les plus belles fresques sont de ce temps, comme aussi les admirables vases en stéatitc de llagia Triada.

Peu à peu, l'art perd de son naturel; les fleurs et les poulpes deviennent des ornements conventionnels (cf. fig. 15). Les vases àétrier 1), qui sont loin d'avoir la grAce des anciennes amphores, sont tout à fait à la mode, ainsi que les grands vases pointus à une seule anse. Quoiqu'il ensoit deijuehiues signes de décadence, l'art minoen avait

atteint son apogée quand il disparut brusquement, emporté par une catastrophe irréparable. Le [)alais fut systématiquement pillé, puis incendié. Les colonnes en bois, les plafonds, les poutres émem engagées dans la maçonnerie, furent rapidement la proie des flammes ci).

Le palais ne fut [>lus occupé que partiellement. De simples particuliers se taillèrent des maisons dans la vaste ruine. Si l'on peut caractériser cette époque (minoen récent III), c'est surtout par les tombeaux. La céramique est manifestement en décadence. C'est un débordement des vases îi étrier. L'argile est grossière, les ornemenis très conventionnels. L'art du bronze n'est point déchu. Les épées sont fort longues. Le bibelot est nombreux, dans le stvle dit mvcénien.

C'est à celte époque ([ue M. Evans rattache la petite chapelle sise

(1) Le vase à élrier {lîïKjelliannv) a deiiv anses à cùlé de la hourlie supérieure: ce qui le caractérise et le dislingue de certains vases analogues de la période |»ré(édente, c'est que la bouche est fermée, le goulot «tant remonté à coté d'elle (cf. «g. 16).

(2) On voit aujourd'hui, au rez-de-chaussée du musée de Candie, une grosse pièce de bois entièrement carbonisée, qui a été considérée comme une de ces colonnes.

Fig. I'). — Cnossos. Vase du dernier art minoen. D'après /îS.t, IX, fig. 2(J.

à côté du mégaron de la reine et le sanctuaire des fétiches. C'est donc aussi à ce moment qu'il faut placer les petites idoles en argile, avec raies brunes, la tête en bec d'oiseau, les bras comme des moignons ou des ailes coupées, telles (ni'on en a tant trouvé à Mvcènes.

Fijî. {Ck Vase à élrier, vu de cùlé et de dessus. D'après USA. IX. fis. 87.

Si elles sont d'un style « primitif », on voit qu'en réalité elles ne sont point très primitives.

La civilisation minoenne ne descend pas plus bas. Après, c'est le début de la période géométrique, postérieure à l'invasion des Doriens. L'incinération remplace rinhumation, le fer succède au bronze. La présence de la fibule, sans excnq)lc dans les nécropoles minoennes, décèle un changc^nenl conq)let dans le vêtement. Quelques survivances maintiennent seules une certaine conlinuité avec les Ages précédents.

On peut donc restituer dans h's grandes lignes le développement de la culture en Crète. Pour en évaluer la durée, il fallait un point de repère; l'Egypte l'a fourni.

M. Pétrie avait remarqué à Abydos, au début des dynasties égyp-

Fig. 17. — Coupe de deux vases on dloriie : n du {^^ palais de Cnossos; h de la tombe du pharaon Snrfrou (IV dyn.). D'après BSA, Vlll, lig. 7â s.

tiennes, certains vases qu'il jugeait non-égyptiens. Les échantillons

I,\ CHKTR ANCIKNNK.

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