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CNOSSE. Restauration i\v la fresM.ic archilerluiale dite du . sanctuaire .. et représentant tliéori.iuenienl le palais.
rdificc, mais un ëdifice qui ne peut être construit; on est contraint de le constater, puisque tant d'architectes distiniiués n'ont pu fournir une solution qui s'imposAt. Il faut donc le prendre, non pour un lavis d'architecte, mais pour l'expression plus ou moins conventionnelle d un monument (jne chacun, sans être spécialiste, pouvait reconnaître aisément. Et en elFet, on y découvre au premier coup d œil, au-dessus apparemment d'un sous-sol (i),les grandes plinthes de gypse qui rêvé- (1) On pourra songer aussi à une sorfe desplantfde ou de cour en avanl du palais. Tou-
talent le bas des murs des palais; puis, dans la partie centrale, Tarmature de bois contenant les moellons ; au-dessus un ornement qui, d'après l'analogie très précise de fratiments retrouvés, a pu être en porphyre sculpté, représentant la frise; au-dessus encore, des colonnes figurant un étage supérieur; sur les deux côtés, la colonne unique qui est de règle à l'entrée des portiques dans les palais crétois. Cette disposition telle quelle n'existe nulle part. L'ensemble, à le lire comme en un raccourci, traduit assez bien le palais de Cnosse avec ses propylées du nord et ses propylées du sud (1). Peut-être même est-ce encore trop
lel'ols la coloration du fond sur Ie(iuel se meuvent les silhouettes sug;;ère plutôt un endroil couvert dans lequel est pratiquée une ouverture où se profilent des tôtcs féminines. Cette coloration est la mi^me en effet que dans la section latf^raie gauche de l'édifice supérieur.
(I)M. Dussaud a pensé à un mégaron llanqué d'un escalier et d'une annexe [Questions mycéniennes, p. 18). La triple nuance de coloration des fonds — azur au centre, jaune à droite, rouge garance à saurhe comme dans le sous-sol (?) — donnerait une assez solide vraisemblance à cette ingénieuse hypothèse, s'il était possible de saisir un canon quelque peu tixe dans l'emploi des couleurs pour la représentation conventionnelle des pirspeclives ou des éléments d architecture. On n'en découvre aucun dans 1 étude technique de M. Fyii-, Painlcd plaslcr Décoration al Knossos. qui date il est vrai de 1902; peut-être un examen plus apjnofondi <|ue nous n'avons pu le faire des fragments nouveaux de stucs peints rassemblés au musée de Candie permettrait-il une détermination plus précise. Dans sa restauration de la fresque, .M. Dussaud couronne l'éditice par une corne de consécration au milieu de chaque bas-côté et deux au-dessus de la partie centrale, correspondant aux deux colonnes de l'intérieur de cette section. 11 concrétise de la sorte une hypothèse de M. Karo, op. /., p. 136, suggérée en effet par de nombreuses représentations sur intailles Cretoises et surtout par la fameuse bractée mycénienne. Serrée de près, celte dernière analogie impliquerait pourtant une répartition différente des emblèmes sacrés dans la partie centrale. Rien ne prouve en effet leur relation intrinsèque avec les colonnes.
On peut dès lors plutôt les répartir en manière de couronnement de corniche (cf. la fresque du grand hall nord-ouest, USA, X, tig. 14, ou de frise courante au milieu d'une paroi dans une autre fresque, JUS, lyoi, p. 13G, fig. 18}, ou les grouper une de face et deux en protil schématique sur les côtés (analogie de quelques intailles et surtout des édicules en plein relief découverts à Cnosse, lig. 02) ou enfin supportant une sorte d'autel comme dans la bractée de Mycènes. Mais (|uoi qu'il en soit de la valeur précise de cette dernière, la Iresque de Cnossos n'en est pas la copie peinte. Si les deux artistes ont pu avoir en vue la même représentation, ils font interprétée avec une saisissante liberté. Dans la composition de l'ornemaniste crétois les valeurs architecturales sont beaucoup plus accentuées, sans doute parce que son procédé d'exécution le mettait plus à l'aise, mais probablement aussi parce qu'il entendait représenter beaucoup plutôt le palais royal avec son décor somptueux, cadre idéal on se mouvait une cour brillante, qu'un édifice spécifiquement religieux. Tous ceux qui s'ingénient à faire de son petit tableau la représentation d'un « temple » ont soin d'en éliminer plus ou moins radicalement les parties qui semblent rendre évident son caractère pittoresque, malgré le peu i\u[ subsiste de ces débris charmants. A droite, voici un groupe de femmes en toilette soignée. La main abandonnée ou tombante qu'on peut discerner encore sur les genoux d'une figure disparue en partie et toute la physionomie de celle heureusement conservée suggèrent beaucoup plutôt l'animation d'un sport ou les familiarités d'une scène d'intérieur (|u'une cérémonie quelconque en rapport avec le voisinage de ce qu'on voudrait être un temple. Au-dessous de l'édifice, en ce que nous avons cru être un sous-sol, quelle que soit la difficulté d'en justifier la perspective, voici encore des silhouettes, fort indécises malheureusement pour la plupart, mais en pleine animation, comme il conviendrait à
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pciil-rt,,. ,mi,rcHa (pir 1rs partisans de ri.vpmlH'.M. <Iu (r.npir insistenl sur une piéteinlur stnicliin. h'ipartilr de ers s.nie tua ires. M;,is nous avons vu eo.nbien peu re earaelère y est niai-cpié. (Jue l'aire de CCS colonnes ;\ propos dr petites eliandirrs dont Tunr a iV^Vrl sur 2"'.57 tandis que l'autre est un carré de l'»,:,() de coté? Kneorr moins <i-t-on voulu dessiner un autel; lout point de comparaison lendt ici ddaut. La rres(|uc de Cuosse II-. 2U rei»rcsenle certainement un
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apparemment d'un sous-.sol ( I ), 1rs .^randt's plinllh's de oypse cpii nvè.
(I) On pcnina sonj-rr aussi à „no >orlr d .spIa.McIr ou d. cour ru avaul du palais. Tou-
LA m:i.i(iio\
lai(Mit le has des murs des palais; puis, dans la partie cenirale, l'armalui'edehoiscontenanl les moellons: au-dessus un ornement (jui, d'après l'aiiMlooii» très [>récise de lVa,i:menls retrouvés, a pu être en i>orphvre sculpté, représentant la Irise; au-dessus encore, des colonnes figurant un étaue supérieur: sur les deux côtés, la colonne uni([ue cpii est de rè,i;lc à l'entrée des porticpies dans les palais crétois. Celle disposition telle quelle n'existe nulle part. L'ensend)le, à le lire couune en un raccourci, traduit assez bien le palais de Cnosse avec ses propvlées du nord et ses j)ropylées du sud ( I . Peut-être même est-ce encore trop
h'fois la coloration du fond >ur Irqucl s»» mcuvrnl h's sillioui'llcs suj^ii'ie jtlulôl un cndioil couvi'ii dans Uu\i\v\ est pratiqui'e un»' ouvorlurc où se prolileul d<s tries féminines. Celte cudoration est 1» UH^ne en oflfel que dan> la section latérale j;auelu' de lédifice supérieur. I M. Diissaud a pens»' à un ine^^aron llan(|ué dun «'scalier el d Une annexe Questions iinni'iiunuvs, p. 18 . La tri|>le nuance de coloration des fonds — a/ur au centre, jaune a ilroite, rou^e -;arance a i-auclie coinine dans le sous-sol (?) donnerait une assez solide vraiseiiddanee à «rite inj;.'nieuso li>polhèse, s'il «'lait possible de saisir un canon «luelcjur peu (i\e dans loiuploi des couleurs |)our la représentation nuiventionnelle des p 'rs|»eclives (»u des eleiiu'nls d art hileclnre. On n'en découvre aucun dais lé'tude lecliui(|uc de M. V\\\.^ I*iiinlrd jtlaslcr Devuralion <tl h'nossos, (|ui date il est vrai de r.»0'>; peut-être un examen plus a|i|iiolon(li que nous n'avons pu le faire des lr;i}imenls nouveaux de stucs peints rasseuddes au mus«M' de Candie permettrait-il une délernnnation plus |>n'<'ise. Dans sa restaurai i«Mi de la tres(|ue, M. Dussaud (oiironne l'édilice par une corne de consécration au milieu de chaque lias-coté el deux au-ilessus de la partie centrale, correspondant aux deux colonnes de linterieiir de cette section. Il ((uicri'tisede la sorte une hy|)i>these de M. Kvuo, o/>. l., p. 13«î, suîî^éréc en elVet par de noml>reuses re|>rescntations sur intailles Cretoises et surtout par la fameuse hractée m>cénieiine. Serrée de près, celte «lernière anaIo<;ie im|)Iiquerail pourtant une rejiarlilitm dilTérent»' dps enddèujes sacres dans la partie cenirale. Kien ne prouve en efïet leur relation intrinsèque avec les colonnes.
i)n peut dès lors plulùl les repartir en manière de couionnemenl de corniche (cf. la fres(|ue du -rand hall nor>l ouest, A'.s.f, \, H-, l'i, ou de frise courante au milieu dune paroi dans une autre lres.|ue, .///.s, f.MU, p. 130, lig. 18 , ou les ^^rouper uno de face et deux en |»rolil schémati(|ue >ur les côtés (analo^iie de (|uel«pies intailles et stirl<Mil des édicules en plein relief découverts à Cnosse, li^. G'ii ou enfin su|)portant une sorte d'aulel comme dans la bractée de .Mycencs. Mais quoi (|u'il en soit de la valeur précise de cette dernière, la fresque de Cnossos nen est |>as la copie peinte. Si les deux artistes ont pu avoir en vue la mémereprésenlali«)n, ils font interprétée ave<- une saisissante liberté. Dans la composition de lornemanislc crétois les valeurs architecturales sont beaucoup plus accentuées, sans doute parce que .son procédé d'exécution le mettait plus à Taise, mais probablement aussi parce (|u'il entendait représenter beaucou|> |>lutôl le palais ro>al avec son décor sonqjlueux. cadre idéal où se UHUivait une cour brillante, (lu'nn édifice spe( iliquement reli^iieiiv. Tous ceux (pu s'ingénient à faire de son petit tableau la représentation d un « t(>uq)le » ont soin (\'oi\ éliminer plus ou moins radi<alement les parties qui .seuddenl rendre évident son caractère piltoresque. inal-re le peu qui subsiste de ces débris charmants. A droite, voici un j;roupe de femmes en toilelte soi;;n«e. La main abaiulonnée ou tond>ante rpi'on jteut discerner encore sur les ;;enou\ d'une li.iiur»' dis|»arue en |iartie el l«uite la physionomie de celle heureusement conservée su-^erenl beaucoup plutôt ranimation d un sport ou les fauïiliarités d'une scène «linterieur qu'une cérémonie quelconque en rapport avec le voisina«;e de ce qu'on v«uidrait être un lenqtle. .\u-tlessous de l'édifie»', en <e (|ne nous avons cru étr«' un sous-sol, quelle que soit la difli<ulté d'en justifier la pers|)eclive, voici enc»»re des silhouettes, fort indécises inalheurcu.sement pour la plupart, mais en pbine animation, comme il conviendrait à
LA CUKTE ANCIENNE.
de précision; la division tripartite s'expliquerait simplement par la nécessité de flanquer la hauteur de deux contreforts qui la contrebalancent dans le sens de la largeur.
En d'autres termes, l'édifice peut être temple ou palais; il ne peut être ni une chapelle, ni un autel. On n'a pas retrouvé de temple : c'est donc un palais. L'hypothèse d'un groupement de chapelles ne saurait être soutenue, puisque celle de Cnosse est unique et que les autres salles qu'on peut regarder comme sacrées n'oll'rent rien qui approche de cette disposition. Aussi n'hésitons-nous pas à conclure avec M. Dussaud que la fresque de Cnosse représente le palais. iMM. Perrot et Chipiez ont montré comment le temple grec était sorti logiquement du mégaron mycénien (1). Pourtant le mégaron, même cm Crète où il n'avait pas de foyer, n'était pas consacré uniquement au culte. Mais, comme le dit très bien M. Dussaud : « Les palais de Cnosse et de Phaestos, particulièrement les grandes salles où les cérémonies devaient aliecter un caractère religieux, étaient certainement consacrés à la divinité sans être spécialisés comme temples... on ne distinguait probablement pas entre fonctions civiles et fonctions religieuses des chefs » (2) ; ou plutôt, ces fonctions distinctes étant renq^lies par la même personne, le palais était à la fois la demeure du dieu et la demeure du roi-prctre.