‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 33 sur 60 · II · texte numérisé non relu

II

LA j.niTi: ANr.iKNNi:.

L\ iu:lh;ion.

M. Kvjins, qui aiiue à trouver pailoiil (huis It; cnlh' le nninhii; tn»is, su|)|)()sc qu'il rtiiif flan(|iir de deux auties 1 . Celte* pelile cliainbir était divisée en tiois sections : la première avec un pavé <raii:ile, p«ntant <les vases: la seconde, un peu plus élevée, avec du giavier, portant un trépied, des coupes et de petits pots; rntin un hanc. élevé à environ 0"\60 du sol, aussi en argile, pavé de ,i;raviei-. Sur cette banquette, cinq ligurines en t<'rre cuite, «lont trois déesses et deux statuettes votives, puis «leux [laires de cornes de consécration disposées pour recevoii* dans leur milieu le svmbole de la double liaclh' (jui a disparu, peut-être parce (pi'il était en métal précieux. Il est resté cependant une [)etite hache en stéatite, dont le double tranchant est doublé fi::, -iô, 2); elle est probablement votive.

Uuoi (ju'on pense des ligurines, — nous aurons à revenir sur ce point, — cette petite chandnr est évidemment un s;mcluaire, et la présence du trépied et des coupes prouve bien qu'on y Taisait des libations, et donc (pi'oii y exerçait un culte. Mais ce culte était forcément réduit à peu d( chose, par rexiguïtc même du locnl. C'était probablement un mininnmi d'hommages nécessaires rendus à la divinité par une ou deux personnes, le prêtre, le roi ou la reine.

(1) M. K\i;o. MtUivtisvUi- Kulhlnlhn : \rrlnr /. llrtii/ioHsuiss.. VII, l'.M»i, p. i;;i, jnsislo à son loiir. mais naUirelInnent avrr beaiuoiii» moins de nsiTvr qin' M. Kvans snr r. ^•roiippment do trois salles. Seiait-n* pour mieux a|»|MiyiT I li>|tollM'se quil a tléplare cuiieu sèment la r/tn/wllr dans son |)lan (o/^ /., (ij;. »•, p. IV)'* A ItMminlrr de la n-alilé et de> documents auxquels il se réfère, il la silu«e parmi les maj^asins ne. au nord du hàliment. Cf. |»l. I, 100.

y'iii. û-i. — Cnon>k. l'Ian ei coupe «In saiirluain*. D'après /.'N.l.

VIII, lij;. Xt.

l.e petit .sanctuaire tle IMiaestos lig. 2(» I i\ cet intérêt spécial (ju'il a appartenu à l'époque du [)remier palais, dite de Kamarès ou minocn moyen. Le grand mur occidental ancien était llanqué de trois petites pièces qui lui étaient postérieures, car elles y ont été appliquées. Le

mnr même est percé (runc r/rr/z^cv ^u sprrn^ p^i^u portc (jui lait couimuni-

(juer deux de ces pièces (la troisième n'a d'entrée que par dehors) avec une troisième pièce, située en dedans du mur, (h)nt elh» est contempoi\iine. Cette dernière pièce est le sanctuaire : un rectangle de ;j"'.62 sur -i"',:»!. hes l)an- (j nettes couvertes de gypse, puis d'un stuc peint, couraient le long des parois, au nord et à l'ouest, et à la moitié de l'est. Sur ces bancs et dans une cachette située à Textrémité du banc oriental, des vases, un bassin précieux en stéatite avec un .symbole gravé <|ui paraît être la double hache, de j)etiles tasses, une coquille [tritotir, sur le sol, ni au milieu, ni bien d*é(pierre, une table à libations en argile, deO"',V8 sur (»'",.■>.">. lixée au sol sur un lit de sable et de giavier. hans les décombres (»n a trouvé des débris de plats, des Ianq)es d'argile, un petit poignard triangulaire en bronze, des pierres ovoïdes pour triturer. Point d'idoles; cependant le caractère sacré du lieu n'est pas douteux et serait attesté seulement |)ar la table à libations, dont le centre est en forme de cuvette, (pi'encadrent des rangées de Ixeufs alternant avec des w m;»jusculcs, de sorte (jue les bo'ufs sont par séries de trois, six, neuf. M. I^ouis IVrnier, au(juel nous empruntons ces détails, croit

I MoHiinu'iili.... \IV, Ha/iporht fucllmiuarc... par Luigi IVrnier; un rvcinlo savro (leir rpuc(nli haniarcs, col. 'jor»-il7.

I 1^. -3». i'iivivroN. l'Iaii il («mpo (lu sancfiiairo D'après MoHuniruti...., \IV. ctil. i07. li^. .'is.

LA CHKTE ANCrENNE.

qu'il y a ici trois sanctuaires et une annexe. L'annexe serait la petite pièce qui ne communique pas avec les autres. Il attache, lui aussi, une certaine importance à la division par trois qui aurait été <lctorminée parle caractère du culte (1). Mais toutes ces chambres avaient-elles un caractère sacré? Si nous l'admettons avec M. Pernier, pour des raisons qui sont sans doute très bonnes, mais qu'on eiU aimé à connaître (2), le cachet trinitaire n'en est pas moins peu marqué. Ce qui va vraiment par trois, ce sont les chambres en dehors du mur. Mais Tune d'elles ne communique pas avec les autres. Pour faire de ces autres un groupe de trois, il faut bloquer des édilices dont l'un, celui du dedans, est antérieur aux deux autres. Le groupement n'appartiendrait donc pas à l'idée primitive; dès lors, peut-on conclure qu'il symbolise l'objet même du culte, ou bien cet objet s'est-il développé (3)?

c) Palais sacrés.

Le culte rendu en plein air, la divinité habitant dans un sanctuaire bâti, ces deux points résultent avec évidence des faits que les explorateurs ont relevés. On peut en rapprocher une empreinte d'argile, très importante à plusieure égards (V). La déesse qui apparaît sur un rocher, flanquée de ses lions, est sortie d'un édifice place derrière elle, remarquable par les cornes de consécration qui en couronnent les deux étages. Cet édifice, temple, palais ou chapelle, est certainement sa demeure ffig. 27).

N'est-ce pas aussi ce que représente la célèbre bractée d'or de Mv-

(t) «... e forse la Iriplice divisione - rhc, coino ricordarEvans, é visibilc pure nei Ici.i- P^lli delle placche d oro di Micene e delP affresco di Knossos - fu i„ .sso delenninata dal tarallere del cullo cui cra consacrato » («/>. /., col. 411 s.).

C-î) « vani 2-2 ', 1 quali, per varie lagioni, seinbrano pure aver avuto una deslinazionc sacra » (col. 411).

(3) « Sembra dunquc che i vani eslprni rappresenlino un aropliamento del sacello 2" ' fatlo m epoca ancora assai prirailiva, per un ,,ualchc scopo r-ligioso, ,^1 quai.. n»n si avov^ nguardo di di.nmu.re leffetlo grandiose délia facciaU occidentale deir ediliziocon lag-lunla dl .ina costru2.ode. che veniva a ricoprlrne una parle » (Pek.mer. /. /., col. 411).

(4) BSA, Vil, p. 28 ss. '

L\ UKI.IGION.

Fig. JT. - \A déesse aux lions. Empieinlc de Cnossc (cnv. 1/3). D'ai»rès mA, vri, lij;. î».

cènes fig. 28)01*1 M. Perrot a vu, avec beaucoup d'autres, le modèle très réduit d'un temple (1)? Ce monument n'est plus isolé depuis qu'on a découvert à Cnosse une fresque représentant elle aussi un édifice divisé en trois parties, de façon cependant (pie la partie centrale est plus élevée que les ailes (2). Ces deux objets sembleraient à première vue devoir être interprétés de la même façon ; leur caractéristique est la présence de ces cornes de consécration d'où semblent partir les colonnes. Cependant, à Cnosse, sur les bascôtés, les cornes de consécration sont à côté des colonnes, et cette disposition est aussi celle d'une autre fresque, découverte en 1904, et tombée d'une grande salle au nord-ouest du palais de Cnosse 1 3 ) . Dans ce dernier cas, à l'échine des colonnes, des doubles haches sont figurées, comme enfoncéesdanslebois, à la façon des doubles haches fichées dans les fissures des stalactites de la grotte inférieure de Dicté.

Tout cela marque à l'évidence d'un caractère sacré le monument en question. S'ensuit-il que ce soit un temple? On n'hésiterait pas à le conclure, si nous n'avions à compter avec le résultat positif des fouilles. Si l'édifice figuré est un temple, il ne peut convenir, soit à Cnosse, soit à Phaestos, qu'aux sanctuaires que nous avons décrits. Et c'est

(1) Ilisloire de l'art..., VI, p. 337, lig. 111.

(2) EvAN.s, Fresco represrnling a small liachjlic Temple fro m Ihc Palace al Knossos; JHS, lî)01, p. 192 ss.. avec une cxcellenle reproduction chroinolil!iographi«|ue (pi. V) cl une reconstruction (lig. CtG). Autre chromol. dans Th. Fui:, Painlcd plaster Devoralion at Knossos; Journ. of ... brit. Architevis, \W sér.. X. 4, 11)02, p. 113 s. et pi. II, 1. Cf. la restauration publiée par Dissaud, Questions mycéniennes, lig. 3.

(3) BSA, X. p. 41 ss., fig. 14 et ctiroinol. pi. U.

Kij;. "i«. — HracU;e mycénienne avec cornes de consécralioii sur un sanctuaire conventionnel. D'après une pliot.

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LA rjiKTi: ANr.iKwi:.

qu'il y a ici dois saiictuaiies cl une aniiexi.'. L aniioxe seiail la priitc pièce qui ne communique pas avec les autres. Ilallache, lui aussi, une certaine importance à la division par trois qui aurait élé dch'rminée parl<' caractùrcdu culte (li. Mais toutes ces chambres avaienl-cllc^ un caractère sacré? Si nous l'admettons avec M. Pernier, pour des raisons qui sont sans doute très bonnes, mais qu'on eût aimé à counaitre (2), le cachet trinitaire n'en est pas moins peu marqué. Ce (pii va vraiuient par trois, ce sont les chambres en dehoi-s <Ui mur. Mais i'uue d'elles ne coramuni(jue pas avec les autres. Pour l'aire de ces autres un .i-ronpe de trois, il faut bloquer des édilices dont l'un, celui du dedans, est antérieur aux deux autres. I.e Kioupement n'appartiendrait donc pas à l'idée primitive; dès lors, peut-on conclure qu'il symbolise l'objet même du culte, ou bien cet objet s'est-il développé (3)?

€ Palais snrn's.

Le rulte rendu en plein air, la divinité habitaut daus un sanctuaire bâti, ces deux points résultent avec évidence des faits (jiic les explorateurs ont relevés. Ou peut en rappr(»cher une empreinte tl'ariiile, très iuiportante à [dusieurs éyards iV). La déesse qui apparaît sur un rocher, tlampiée de ses lions, est sortie d'un édilice placé derrière elle, remarquable par les cornes de consécration qui en couronnent h's deux étaiies. Cet édilice, temple, palais nu chapelle, est certainement sa demeure li.i:*. -27 .

NVst-ce pas aussi ce que représente la célèbre bractée d'or de Mv-

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Il ' .;; ^' 1"0'"^^''» liirlin-divisionr rl.o. coino nVonla I Kvan>, c visihilr n.nr lu'i In.. r.cUMl,.|l. phachr .loro di Mir.n. . dHI' allresco di Knossi)s - tu in .sso dclonninal.. dal «aiailen! tk'l ciillo cm «Ma consacialo » lo//. /.. col. ilt s. .

• •• vani 5-j , i .juali, por varie lajiioni. sembrano pure aver avulu iiiia desliiia/ioiie sana -> icoi. \\\).

(3; . Seinhra diinque rhe i vani cslorni rapprescnlino .... ain,diainenlo de! sacello •> faUo m epoca anora assai priiniliva, ,.er un m.alche scopo rHi;;ios«, peh|ualr n.m si aveva r.guardod. d.minuire relïeUo j.,andio<o délia facciala occidenlale deli' ediliziocon lag-iunla (H una cosliuzione, che veniva a ricoprirne una parle • (Plumei;. / /., col iir

4) BS.{, Vil. p. :»8ss. »•*»,.

l-a (It'cssr ;m\ lions. Iiniuciiilr «I,- cnosse (on\. I J). I»';i|.rrs /;s.l. Ml, li^. M.

LA liKI.H.ION

cènes liu. '28') où M. Perrol a vu, avec beaucou|> d'autres, le modèle très réduit d'iui temple (li? Ce monument n'est plus isolé depuis cpi'on a découvert à Cnosse une fresque représentant elle aussi un édilice divisé en trois parties, de façon cependant que la paitie centrale est plus élevée que les ailes (2^. Ces deux objets sembleraient i\ première vue devoir être interprétés de la même façon: leur caracléristicjue est la présence de ces cornes de consécration (Toù semblent partir les coït junes. Cepen<lant, à Cnosse, sur les basculés, les cornes de conséci'ation sont à côté des colonnes, et cette disposition est aussi celle d'une autre fresque, découverte en lîMLV, et tombée d'une grande sa lie au nord-ouest du palais de Cnosse :J . Dans ce dernier cas, à l'échine des colonnes, des doubles haches sont figurées, comme cnfoncéesdanslebois, à la fa<;on des doubles haches lichées dans les tissures des stalactites de lagrotte inférieure de Dicté.

Tout cela manpie à l'évidence d'un caractère sacré le monument en question. S'ensuit-il (pie ce scût un temple? (hi n'hésiterait pas à le conclure, si nous n'avions à compter avec le résultat positif des fouilles. Si l'édifice li.i:uré est un temple, il ne peut convenir, soit à Cnosse, soit à Dhaestos, qu'aux sanctuaires cpie nous avons décrits. Kt c'est

1 ilisfoirr tir Coll.... VI, p. 337.. lij^. III.

2 K\ VNS. l'rrsro reitnsctilituj a simili f{(ir/f/lic Triit/ilc /'rom Ihc /'nlarc al hiKtssas: JIIS. Itiot. p. ]\K* S.S.. avec une exrellmle re|)rodiirlion (liioinolitlio^rapliique (pi. V)(>tun(' reconshuclion (1^. i\i\). Auhe clironiol. dans Tli. I\ii:, l'aiiilnl pliishr hinnalitni al hHossns: Jouni. n/' ... hiil. Arrliilnls, IN' sér.. \. 4. VMVi. |». 113 s. el pi. II. 1. Cl. la reslauraliun publiée par l)i ss,\ti», Quesfioiis mijcv nie unes. \h^. :\.

(:t) BSA, \. p. 41 ss.. Ii;r. 14 et chroniol. pi. 1|.

li^. -JS. — lliaelrr in}c<-iiictiii<> avec cornes de cnns«'(Talio«i sur un sanctuaire convenlionnel. D'après une pl.ol.

LA CIIKTE ANCIKNNK.

ri

pcut-.Hre pour cela que les partisans de ri.ypo.hèse .lu leinple insistent sur une piéten.luc structure tripartitc de ces sanctuaires. Mais nous avons vu combien peu ce caractère y est marque. Que faire de ces colonnes A propos de petites chambres dont lune a ■,l'«,{i-2 sur a-^.ST tandis que lautre est un carré de l^.ôO de côté.' Encore moins a-t-on voulu dessiner un autel; tout point de comparaison ferait ici défaut. La fresque de Cnosse .fig. 29) représente certainement un

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