L.V CRÈTE ANCIENNE
Zt d[S.?f 'V V"!"'' ''"^ ''"'"^ '"«^"'•'' "^ «-^ -approchaient de la divinité. La distinction parait bien affaiblie sur un anneau dor
Fis- 41. — D'après BSA, VII, p. 133, lig. v; (environ i et 1 j).
Fig. ',5. D'après /ï.s.i. VII, fig. V'.
de Cnossc. C'est en effet une sorte de théophanieî Le fond de la scène rappelle le sarcophage de Hagia Triada : un édicule surmonté des plantes sacrées et précédé d'un autel; puis une hampe qui devait se terminer en double hache ; dans les airs le dieu apparaît, pendant
ris. ix —
a, .rapns ns.l VII, p. IJS; /, et c, .l'apn-s Mé,n,.ne> ,,e la M,-g., vill, flg i, » (oyliiKlre archai.iuc de Suse) ; d, d'après JUS, IdOi, p. 7!., (ig. ».
que 1 adorante, le sein nu et on Jupe très ornée, se place la main devant les yeuv. Or le dieu parait bien avoir une tète de taureau fia- W CVphénomène s'expliquerait d'ailleurs très aisément par rinfluenec de 1 Egypte; en Egypte ce sont les dieux, et les plus grands dieux oui ont des tètes d'animaux.
Toutefois l'exemple (pi'on vient do citer est isolé. Les dieux égyptiens ont des tètes d'animaux, mais une pose humaino, noble et majestueuse, facilement monotone. Quand on regarde lune après l'autre les empreintes de la riche collection venue de Zakro, on est émerveille de la variété extraordinaire des combinaisons qui ont donné naissance à ces êtres chimériques, contournés, animés et grimaçants Quelques-uns ont leurs répondants dans l'Élam ( fig. 43) et parnii les démons babyloniens; les graves génies des palais assyriens ont une i.hvsionomie très différcnlo. C'est dans les cathédrales du movoi, A-^e qu il faut chercher leurs confrères grimaçants aux gargouilles ou sau-
LA KELKilON.
tillauts sur les flèches. Y aurait -il là une tradition artisticiue ininterrompue? Ces êtres fantasticfues sont souvent ailés, et parmi eux plusieurs sont presque de vrais oiseaux. On a déjà rencontré Toiseau sacré placé sur la double hache. N'est-il pas très étrange qu'Aristophane, lorsqu'il célèbre le règne des oiseaux, antérieur à celui des dieux, remonte expressément aux temps mycéniens (1)? Les oiseaux surmontaient le sceptre d'Agamemnon et de Ménélas, tout prêts
lig. »i. — D'après J//.S, lUJi, p. 17J, Iji,'. is.
à partager les offrandes faites aux rois, et ils espéraient bien redevenir l'objet du culte des hommes.
Attendons-nous à voir produire le totémisme pour fournir la clef de tout cela.
b) Statuettes,
Il est indiqué de commencer par celles qu'on a trouvées en place, sur la banquette du sanctuaire de Cnosse, quoiqu'elles appartiennent à la dernière époque du second palais (2). Elles sont au nombre de cinq ; d'après M. Evans, trois déesses et deux figures que nous pouvons avec lui nommer votives (fig. V5j. Les déesses seraient caractérisées par ce que leur corps, ou plutôt leur jupe, depuis la ceinture, est figurée par un cylindre. Deux d'entre elles ont les bras, terminés en moignons, repliés autour des seins; la troisième a sur la tête une colombe; elle élève les avant-bras, montrant une main ouverte de face, et l'autre de profil (3). C'est très probablement le geste de la bénédiction. Le caractère divin de ces figures ressort de l'opposition avec les deux autres, plus complètement humaines : une femme qui se tient les seins, V, et un homme, 1, dont les mains jointes élèvent une colond)c jusqu'à la hauteur desabouche. On voit donc d'un côté la colombe planant sur une déesse, comme pour la caractériser, et de l'autre une colombe offerte à la déesse, comme son animal attribut. Nous n'oserions pas dire, avec M. Evans, que la forme cylindrique des jupes est un
(1) Oiseaux, 508 ss. :
^Hpxov ô* o'jxw (jsoopa Ty;v àpyrjv, Ûax' £Ï ti; xat paerikOoi
èv -rat; 7i6>.cffiv twv *EX).tqvwv, 'AYajiijivwv r; MsvéXao;
ÈTTt Ttôv <7Xir;nT(i(.)v èxiOr);' ôpvt;, fXETéy.wv ô ti ôwooôoy.oiVj. Ci) USA, vue p. t»5-lo:>. Cf. snpnt, (ig. 25. (3) N" 7 de la lig. 45; hauteur 0"',22.
LA CRKTE ANCIEXiNE.
reste de la colonne aniconique, car il est bien hardi de prononcer qu'une forme aniconi(iue aussi i.récisc ait précédé la forme humaine SI grossière soit-elle, pour représenter la divinité. Mais il faut con-
Kis. 45.
C.WSSUS. Slatuclles du saiicluairi- .l(.n.esli.|.ic. D'après .les ci-umisultoa vni fis. .'iti. (Les II"» correspondciil à ceux du |ilaccineiil, lig. i-j.i
stater, avec le savant anglais, le caractère très archaïque de ces images, à une époque qui avait déjà produit tant de chefs-dd-uvir. Sur la statuette votive féminine, les cheveux, les yeux, la houche et les ornements sont marqués par des incisions garnies de pigment blanc, à la mode des ornements géométriques de la période néolithique.
L'interprétation des statuettes du sanctuaire de Cnosse nous parait déterminer, en faveur de M. Evans, celle qu'il a donnée d'un autre groupe : celui du dépôt de la déesse aux serpents.
11 s'agit de ces étonnantes statuettes en porcelaine qui appartiennent à une époque beaucoup plus ancienne, celle que M. Evans nomme minoen moyen III, aux débuts du second palais (1).
La plus remarquable, que nous nommons, nous aussi, la déesse aux serpents, a 0-,3'r2 de haut. Elle porte une haute tiare à cercles, un collier, une jaquette richement brodée, avec un corset lacé, une robe a petits phs, avec un double tablier ovale, qu'on nomme, parait-il, polonaisc. Les seins sont nus et très proéminents ; les cheveux, fixés sur ie devant et cachés par la tiare, retombent derrière la tète jusqu'aux
(1) BSA. IX, p. 74 S.S.