II. p
'.'..l.-.sat. avec celui des anciens Cretois. Or. il f,-,n( reconnaître <,ue los .•approchen.enls sont beaucoui» moins .lécisifs que lors.iu'il sa ...ssa.t des ,«cus .le Kefl--.. M. Maspero sexpri.ne ainsi : „ On di.stiu.uait i"s I ..niasali d.- I.hu à l.-ur heaume de IVutre assujetti sous le meu l';.. par deux curroi.-s et Karni duu diad,^mc.le piuiu..s. L-ur husle
|l.sparail sons des l,a, s délollV. épaisse ou de cuir, un pa.u.. simple
'«•".• I.atla,( I..S yenouv, leu.^ pieds étaicnl uns oucl.auss.-s de san.l'les
'It Tradudion .Masi-ii:.., Ilisloirc... II. p. ins s.
LA CRKTR ANCIENNK.
courtes. Ils employaient un bouclier rond à double poignre, et ils avaient la forte épée en cuivre des races septentrionales, retenue par un baudrier sur le côté gauche de la poitrine, deux poignards, deux
javelines (1). »
Les palais crélois ont fourni peu de renseignements sur laccoutroment des guerriers. Cependant on voit chez eux le bouclier en 8 (lig. 94 , ou le grand bouclier triangulaire, plutôt que le bouclier rond; les coiffures ne paraissent pas fixées par des jugulaires. Malgré ces différences, l'allure générale est bien la même; le heaume de
feutre identique, ainsi que le pagne et les sandales. Le grand chef du palais de Cnosse a un diadème de fleurs de lis et de plumes de paon qui n'est pas sans analogie avec les heaumes de plumes reproduits par les égyptiens. D'ailleui's il ne faut point oublier que les palais crétois ont prri environ quatre siècles avant cette guerre. Les Poulasati ont pu venir de Oèle sans être les représentants de Tancienne civilisation ot sans appartenir à la même race.
L'épisode le plus étrange de la lutte des Peuples de la mer contre l'Egypte est leur alliance avec les Libyens. C'est Màraiou, le chef des Libyens , qui « traînait avec lui des Achéens, dos Shardanes, des Toursha, des Shagalashaen nombre considérable », et « ce n'était pas une de ces guerres banales où l'on se bornait à demander un tribut aux vaincus ou à leur arracher une province; il rêvait de transporter son peuple entier dans la vallée et de l'y enraciner, ainsi que les Hyksos avaient fait autrefois {û) ». Ces Libyens seraient-ils donc aussi des nouveaux venus à l'ouest de l'Egypte, faisant partie du même mouvement qui entraînait tant de peuples? Il se peut, et cela paraît être l'opinion de M. Maspero. Le nom de Labou. Laoubou, Lobou, nous dit ce maître, apparaît pour la première fois sous le règne de Uamsès IL « C'étaient des hommes de stature élevée, au grand corps blanc, au poil blond, aux yeux bleus, et dont l'apparence trahit en tout l'origine septentrionale (3) ». Mais ils ne venaient pas du nord; selon toute vraisemblance, ils venaient de l'ouest; c'est une» poussée des clans berbères, et les noms de leurs chefs rappellent exactement ceux des Numides : Massyla, Massinissa, Massiva.
(1) Histoire..., U, p. 4G4.
(2) M\si»ERO, //i.s/oir<?..., Il, 43:*.
(3) Maspero, /. /., p. 430.
Fig. 94 — (lUerher Cretois.
D'après une empreiiile sur argile de Ciiossr.s (env. i/lj.
Vj
i.ES OHI(;iNES.
D'où vient donc leur fusion avec les tribus égéennes? Une coalition est toujours possible, même entre peuples très divers, mais peut-être ceux-là ont-ils eu le sentiment d'une certaine communauté d'origine et d'usages. Le costume des Libyens n'est pas celui des Égéens. Un trait cependant est tout à fait caractéristique. Rien de plus spécifiquement mycénien que cette ceinture de métal serrant les reins, avec cette étrange gaine qui renferme les parties viriles. Cette gaine ne se trouve pas seulement sur les statuettes de Petsofà et sur le vase « des moissonneurs », elle fait l'accoutrement le plus solennel des grands chefs, comme on peut s'en convaincre par le relief de Candie qui représente sans doute un roi en grand costume. Or c'est précisément aussi le fait de deux chefs Libyens, desTimihou, immolés par Ramsès II, sur un bas-relief d'Ibsamboul (1), et de chefs Libyens terrassés par Ramsès III à Médinet-Habou (2).
Fig. îiTi. — Libyens avec la gaine cachant les parties viriles. D'après Naville,
Ree. (le Irav.,.^ XXII, lîMK), p. 69.
La ceinture métallique avec la gaine se retrouve sur une figurine en bronze d'art égyptien représentant un Libyen prisonnier (3) et en mainte autre représentation égyptienne des Libyens ou de peuplades africaines indéterminées (fig. 95).
Les savants italiens ont été frappés de cette ressemblance. M. Savi-
(1) Maspero, Histoire..., U, 414.
(2) Maspero, l. /., p. 473.
(3) Monuments Viol, IX, 1902, pi. X. Voir aussi Éd. Naville, Figurines égyptiennes de l'époque archaïque; dans Hec. de Irai), rel. à ... Varch. éy., XXI, 1900, p. 65 ss. et pi. V-VI. Cf. J. Capart, Les débuts de l'art en Egypte, p. 54 s., 152 s., 238 etc.
LES ORIGINES
gnoni incline à croire que la ceinture vient de Libye (1). Mais ce cas n'est pas isolé, et lui-même en cite d'autres. On a remarqué que la céramique libyenne demeura bien supérieure à la céramique égyptienne (2). N'est-ce point une remarquable analogie avec le grand art Cretois? De l'usage des caisses de llagia Triada, où l'on mettait autant d'ossements qu'on pouvait, on doit rapprocher l'usage cité par M. Wiedomann : « Dans les lies Baléares, qui étaient reliées à la civilisalion libyenne, on frappait sur le cadavre pour lui donner la plus petite dimension possible, et on l'ensevelissait dans un vase 3) ». Il faudrait surtout insister sur les ressemblances assez frappantes des alphabets africains avec les alphabets crétois. Il suffira de rappeler une controverse très épin<'use (V).
Du moins on ne conteste pas la physionomie des Libyens, avec une peau de couleur claire, des yeux bleus, des cheveux blonds. Vaincus avec les Peuples de la mer sous iMénéphtah, et ensuite pour leur compte sous Ranisès III, ils revinrent à la charge, et furent enlin écrasés par ce prince à la bataille de Tan XL Leurs destinées furent donc assez semblables à celles des Peuples de la mer et des Crétois : (« Leurs tribus ne furent plus désormais pour l'Kgypte qu'une sorte de rés(»rve où les Pharaons levèrent chaque année des troupes de soldats et puisèrent de quoi remplir les cadres de l'armée (5). » Les Libyens n'étaient guère plus qu'une nation de mercenaires. Puis les (irecs s'installèrent solidement à Cvrène et donnèrent le * ton à tout le pays.
LA CRKTK ET LA IMBLE.
On rencontre plusieurs fois le nom de Krtuiii, pluriel Krvlliim, pour désigner un peuple qui habitait au sud-ouest de la Judée, et en somme dans le pays des Philistins. Lorsque David était exilé chez Achis,roide Geth, les Amaléciles tirent une incursion au pays des Philistins et au pays de Juda. L'Anialécite interrogé par David explique la
(t) Monumenti..., XIV, *>, c. 538.
(2) Dk Morgan, Uecherches sur les origines de VÊgtjpte, II, T\',\,
(3) Dans i>k Morcw, Recherches.... Il, 221.
(4) Pour l'unilé d'oii^^ine dos alphubcU crétois et lib>q(ie. MM. Evans et Polrie. rilés plus haut. L'origine de l'alphabet libyen, apparenté à l'écriture des Touare;;h dite li/inagh^ est phénicienne, d'après M. 1I\lév\, Eludes berbères^ dans le Journal asiatique, \ii" série, t. III, p. 73 ss. ; sabéenne ou sud-arabique d'après M. Littmann, Journal asiatique^ i9oi. II. p. 423-440; grecque d'après M. Dissadi», f. origine égceune des alphabels sémitiques; Journ. as., ll»or», I, p. 357-3C1.
(5) MvsfKito, Histoire.,., II, 471.
même chose en d'autres termes : le négéb du Krèlhi et chez Juda, et le négéb de Calêb I).
L'identité des Krêthim et des Philistins est encore mieux marquée dans Ézéchiel (2, et dansSophonie (3). Dans ces deux cas, la version grecque porte Kpr^Ts; (4).
L'intention des traducteurs n'est guère douteuse : ils font allusion aux Crétois.
Est-ce bien des Crétois que parlait le texte .^ A ne juger que par ces passages, deux solutions sont possibles. La première supposerait une rencontre fortuite de sons entre la Crète et un petit pays au sud de la Judée; la seconde expliquerait la ressemblance des noms par un lien d'origine. Ce serait une application de la méthode que nous avons vue pratiquée à propos des noms de lieux en Grèce et en Anatolie. Le simple rapprochement des sons ne permet guère de conclure. Dans notre cas il est appuyé d'un si grand nombre d'arguments convergents que la deuxième solution nous paraît aujourd'hui certaine.
Notons d'abord qu'il ne s'agit pas d'un pays de Crète, ou d'une ville de Crète, mais d'un nom gentilice : les Krêthi ou un Krèlhi. Nous retrouverons cette appellation à propos des gardes du corps de David, le Krêthi et le Peléthi (5). C'était une expression consacrée. 11 était autrefois assez ordinaire que les princes prissent leurs gardes du corps à l'étranger. David, qui avait séjourné longtemps à Geth, a pu y recruter de fidèles mercenaires. Au premier abord cela parait étrange, puisqu'il était l'ennemi des Philistins. Cela s'explique mieux si on se convainc que les Philistins n'étaient pas un peuple attaché à la terre comme un autre, mais une sorte de milice comme les Mamelouks, disposés à servir qui les payait bien.
Dans cette locution les Krêthi semblent en effet joints une fois de plus aux Philistins. Peléthi, à côté de Krêthi, doit être aussi un gentilice. On est bien tenté de le rapprocher de Pelichti, Philistin ((i). Les noms à trois radicales étaient plus familiers aux Hébreux que les autres, et, surtout dans une locution composée, on devait être tenté
(1) / Sam. \i\, 10 et H.
(2) Ez. xx\, 16, avec un jeu de roots : TiDni et D'Tns.
(a) Soph.H, 5. Le môme mot probablement aussi dans ^^.xxx, 5, lire ^TMjri yiî< "^31 au lieu de n^lin yiM •»:21 21D1; « la terre de l'alliance » n'a rien à faire ici.
(4) Dans Soph. ii, 6. le grec a même KpYJTTi ; le passajie est Iroj» altéré pour qu'on puissse se prononcer avec certitude.
(5) // Sam. VIII, 18; XV, 18, accolés aux gens de Gelh; xx, 7; xx, 23, d'après le Qrê; I Heg.i, 38, 44; / Chr. wiii, 17.
(6) On ne \mi{ faire grand fond sur l'écriture des LXX, *I>s)>£09ei, ou ^eXeteei, ou «feXcTtei. qui redoublent le D, car ils ont redoublé de même XepEOOci.
de simplifier et d'assimiler, d'autant que la présence des Philistins parmi les fidèles héros de David dut exciter plus d'une fois Tétonnement des scribes.
Or, parmi ces gardes du corps, on trouve aussi le Cari (1). Cela est douteux pour le temps de David, mais assuré au temps d'Athalie (2/. Rien d'étonnant, puisque Care était presque devenu synonyme de mercenaire. Mais si l'on se rappelle ce qui a été dit plus haut des rapports entre les Cretois et les Cares, on sera frappé de ce rapprochement, d'autant plus qu'il paraît tout à fait spontané, et non point une combinaison savante de la tradition qui ne l'a peut-être pas perçu.
Les Philistins étaient donc de la même race que les Cretois et les Cares.
Une tablette égyptienne d'exercices scolaires contenant des noms de pays étrangers a été produite par M. Max Millier (3). Parmi des noms de Keftô figure celui dA-ka-sott, à prononcer peut-être Ekascho; le savant allemand y a reconnu le roi philistin Achis, que les LXX transcrivent Av/cur, prononciation véritable, attestée par l'usage assyrien Ikaimi. Le roi philistin portait donc un nom de Keftô, et, d'après la Bible, les Philistins venaient de Caphtor. Donc Caphtor est Keftô, où nous avons reconnu \i\ Crète.
Autre rapprochement.
La Bible connaît le pays de Caphtor (4), et ses habitants qui sont naturellement les Caphtorim (5). Les traducteurs grecs du Deutéronome et d*Amos ont traduit Caphtor, « la Cappadoce ». Ce n'était pas possible dans la Genèse, où les Caphtorim étaient lils de Mesraïm, l'Egypte; le mot a donc été transcrit tel quel. Dans Jérémie, où il ne pouvait s'accoler aux iles, il a été supprimé.
Les traducteurs grecs suivaient-ils une tradition? Rien ne le prouve.
(1) // Sam.w, 23 au Kethih, leron qu'il faut proférer coniine non harmonisante, et // Heg. XI, 4. 19. Les LXX soutiennent le Qrê sur II Sam. x\, 23; en revanche, / Beg. i, 38. 44, Lucien a Xoppi, pour ''"13.
(2) On se demande pourquoi la Bible de Crampon iK)rle les Cércthiens, qui, au v. 4, n'est pas incarne dans la Vulgate. Les LXX ont Xoppei qui va avec l'hébreu, mais doit être hexaplairc.
(3) Die Urheimal der Philister, p. 8.
(4) Dt. Il, 23; A m. ix, 7; Jer. xl\ii,4. Ce dernier texte est souvent récusé parce que les LXX ont seulement ôti èÇoXeôpeûasi kvpioç xoù; xataXoiTrou; tûv vriotùs, « le Seigneur détruira ceux qui restent des iles ». Peut-être en effet faut-il retrancher du texte hébreu D'Tltt^Ss TN*, ce qui importe peu au sens, puisque tout l'oracle est dirigé contre les Philistins. L'addition de nnS3 dans Thébreu ne s'explique pas du tout, tandis que l'omission sUinposail dans le grec; le traducteur ou les copistes ont dû reculer devant la juxtaposition des iles et de la Cappadoce; or la traduction de Caphtor par Cappadoce était consacrée par Dt. ii, 23 et par Am. IX, 7: la traduction du Pentateuque, sinon d'Amos, étant certainement plus ancienne que ceUe de Jérémie.
(5) Gen. x, 14; Dt. n, 23; / Chr. i, 12.
LBS OUniLNLS.
loi
Ils se sont probablement contentés de choisir un nom grec de pays qui ressemblât un peu au nom hébreu.
On n'en a pas moins contesté Tauthenticité du mot hébreu. Il a été retrouvé, avec la transcription la plus semblable, sous la forme Kptdr, sur les listes de Ombos (1). M. Max Millier, extrêmement réservé en fait d'identifications, n'a pas hésité à relever celle-là, qui peut être regardée comme certaine. La liste est très moderne, datant tout au plus du temps des Ptolémées; mais elle contient des noms plus anciens, empruntés à d'anciennes listes. Celui-là peut remonter au v' ou au vi® siècle, peut-être beaucoup plus haut.
Caphtor étant KptAr sera aussi Keftô si Kptâr était lui-même Keftô. Les égyptologues hésitent à se prononcer. Depuis longtemps M. Ebers avait vu dans Caphtor la grande Keft, Keft-oiir, Ce n'est pas si facile que cela, et la présence de la lettre r demeure assez énigmatique.
D'autre part, Achous, comme Philistin, peut être dénommé Krêthi; son nom venait donc de la Crète. Chaque argument n'a pas par luimême une valeur probante, aussi le véritable argument résulte-t-il bien plutôt de la convergence de toutes les lignes, convergence qui certainement n'est pas intentionnelle dans les textes. Tout concorde si les Philistins sont venus de Crète. Leur nom de Cretois est une vraisemblance; leur origine de Caphtor en est une autre, à cause du rapprochement entre Caphtor et Keftô qui est la Crète pour les Égyptiens. Achous porte un nom de Keftô, et, en tant que Philistin et Krêthi, il doit venir de Caphtor qui est donc la Crète.
Enfin la tradition classique rend le même témoignage. D'après Etienne de Byzance (2), Gaza se nommait d'abord Minôa. M. Gruppe interprète ce nom par l'hébreu manoaJi,oA en conclut à une influence de Gaza sur la Crète (3). C'est proprement retourner les termes et revenir à l'origine phénicienne de la civilisation de Minos. Les anciens admettaient le rapport inverse. Le Zeus de Gaza était Crétagénès, né en Crète. Les témoignages qui assimilent le Zeus Crétagénès au dieu de Gaza, Marnas, ne sont pas très anciens; ils remontent en substance à la reconstruction du temple sous Hadrien, qui fixa la tradition. Mais il serait inouï qu'on eijt alors fait choix d'un vocable regardé comme étranger pour caractériser le dieu national [%),
(1) Edition de ijk Mouu'an, p. 132; cf. M. Mïjller, Studien zur vorderasialischea Ceschichte; Berlin, 1900.
(2) VéXfli... èx>.^6T} Ô£ xai Mivwa, ôti Mîvw;... è$ aùtoO Taûxr;v èxxXsasv. "Evôcv xal tô toO Kpr,xaîou Atô; icap* aO-roï; eîvai, ô xaô' if)|ià; cxâXovv Mapvàv, épixr^vEuôjuvov KpYixaYSv^.
(3) Griechische Mythologie^ p. 248.
(4) L'évéque Porpbyrios détruisit les temples de Gaza : « Nenipe Solis, Veneris, Apollinis,
LA CHKTE ANCIExNMi.
Tacite suivait la môme pisle lorsqu'il faisait venir les Juifs de Crète (1). 11 allègue (|ue Jtidaei est pour Idaei, et les rattache au mont Ida, en Crète. Cependant il n'ignorait pas l'existence d'un Ida non moins célèbre enTroade; s'il s'en est tenu à la Crète, c'est qu'il tablait sur une tradition et qu'il a pris les Juifs comme les principaux Palestiniens.
La tradition classique a très bien pu faire fausse route; mais elle n'est pas seule. Nous savons par ailleurs que les l*liilistins sont venus assez tard en Palestine, qu'ils venaient avec des peuples que nous pouvons nommer Égéens, succédant à un empire dont la Crète avait été le centre. S'il y avait là une simple coïncidence, elle serait bien étrange. Il n'est pas jusqu'à cette étape intermédiaire décrite par Tacite, à l'extrémité (de quel côté?) de la Libye, qui no doive attirer l'attention si l'on se rappelle l'alliance des l^ibyens avec les Peuples de la mer. Il est vrai que les Philistins ne sont pas nommés cette foislà; mais ce sont leurs compagnons qui ont attaqué Ménéphtah avec les peuples de la Lil)ye.
Quelle que soit l'origine du renseignement de Tacite, il concorde avec un passage biblique qui pourrait être objecté à Taccord de tous les autres. Il est dit dans la table des peu[)les (2) que les Philistins viennent des Casloukhim, tils eux-mêmes de Misraïm ou de l'Egypte. Mais depuis longtemps les critiques sont d'accord pour admettre que cette incise « d'où sont sortis les Philistins >», placée après les Caslouliim, étrangère au style do ce document, est une glose marginale qui s'est introduite dans le texte, où elle a été mal placée. L'annotateur visait probablement les Caphtorim, car il serait bien étrange qu'il ait entendu contredire la tradition courante. Il a plutôt voulu rappeler que les Philistins venaient de Caphtor.
Mais pourquoi les Caphtorim sont-ils fds de l'Egypte? N'est-ce pas en contradiction avec ce que nous avons dit de leurs migrations? Sans insister sur la communauté probable d'origine entre les anciens Cretois et les premiers habitants de la vallée du Nil, il suffira de rappeler
Proserpin^c, Hecates el quod dicebant Hierion sive sacerdotum tcmpluin et Forlunt'c civitaUs, quod dicebant Tycheon el Marnion, quod dicebant 'Cretagenis (texic restitué par Mokdtmann, ZDMC, XXXI, 1S77, |>. 101) lovis, quod existiinabatur esse gloriosius omnibus templis. quH3 sunt ubique » (VU. forphyr.; Acta Sancl., dans Guti'PE, l. /., p. 1673). Cf. Mah<: diacre, Vie de l'orphyre, p. 52 ss., éd. Teubner.
(1) Hist.y V. 2 : « Judaeos Creta insuia profugus, novissiina Libyae insedisse meinorant, qua teinpestale Saturnus, vi Jovis pulsus, cesserit regnis. Argumentum e noinine petitur, inclytum in Crela Idani inontem, accolas Idaeos, aucto in barbaruin cognomento, Judaeos vocari. «•
(2) Geit. X, 14.
LES ORIGINES
que cette table des peuples, surtout pour la partie qui se rattache au document sacerdotal, n'a nullement la prétention d'établir une filiation rigoureuse. Les Libyens sont eux aussi fils de Misraïm. Le monde connu est divisé en trois régions parallèles : Japhet occupe le nord, Sem le centre, et Cham le midi. Dans cette répartition plus géographique qu'ethnographique, la Crète pouvait très bien être rangée parmi les dépendances de TÉgypte. C'est avec l'Egypte qu'elle a eu, de toute antiquité, les rapports les plus suivis; c'est lÉgypte qui a exercé sur elle le plus d'intluence.
Ce texte prouverait à lui seul que Caphtor n'est ni la Cappadoce, comme traduisaient les Septante, ni Chypre, connue voulaient dom Cal met et d'autres e.xégètes.
TYPOGrUPIlIE FlltMIN-DIDUT KT c'*'. — MESMI. (EURE).