‹ La Crète ancienne [microform]Chapitre 58 sur 60 · I.A r.UKÏb: ANr.lKNWK · texte numérisé non relu

I.A r.UKÏb: ANr.lKNWK

LKS Onir.îNES.

Fempin' drs mors, (le terme est remplacé par une émimêratioii de peuples pillards, vagabonds, inconsistants dans leur caractère. Ku\ aussi sont les IN'uples de la nier et leur [)hysion(>mie, leur costume, leurs armes rappellent parfois ceux de Keftô. Mais leur attitude n'est plus la même. On dirait qu'un lien s'est hrisé. ([ui maintenait dans l'ordre des peuples divers, et qu'une impulsion a été donnée qui les a niis (ni mouvement. Mais cette agitation même et cette activité désordonnée prouvent qu'auparavant une discipline régnait, qui imposait à tous ]<» respect d'un même sceptre.

Désormais, les peu [des de la Méditerranée orientale seront emportés dans une sorte de tourbillon , et l'Égypt*' sera la pre^ mière à soulFrir de ces troubles.

Kilo se trouva exposée à l'invasion des Peuples de la m(?r 1 . Déjà les tablettes cunéiformes d*<'l- A ma rua citent les Lukki et les Cbirdana. f.e roi d'Alachya Cliypre i se plaint des pillages des Lukki (^i.

Les (Miirdana (3) sont au service du roi de Ihblos.

Le roi d'Kgypte sendile accuser le roi de (lliypi-e de fain» cause commune avec les Lukki.

Mais ce sont surtout les documents égyptiens qui nous renseii:ncnt. A trois reprises l'Kgypte est attaipiée par ces peuples du nord (pii ne sont évidemnient pas drs Syriens, lîamsès II dans sa lutte contre les llétéi'us rencontre parmi leurs auxiliaires les Luka, les Pidasa, les

i\) Kt'flin and (hc reofths of Ihe Srti , par M. \{. Uall (//.s.l, VIN, ir.T ss.l. (•>) Édil. NVi\(.ki.Ei5. 28, K».

(3) L. /.,64, r,i. lii; 77. i:.; 100. {... .Ncuin iir inrllons pas iri ks haiiiiiia 151 :.' ;iV>t un pelil M»>auiii»' «If ranaaii «|iii ne ju'iil a|i|iailiiiir à la iiu^im* rahi-uiir.

Kig. !»l. — lii (les porleiits de vases df la ifrando lros«|iic lie Ciiossi>9. Croquis pris au utuséo de Candie.

Kalakicha, les Dardenoui, les Masa, les Ari-\ven-na ii\ les Katchauadana. Quand il y aurait doute sur quelques noms, l'Asie Mineure est certainement le pays d'origine de la plupart : on reconnaît vraisemblablement les Lyciens, les Pisidiens ou les Pédasiens de Carie, les (Uliciens, les hardaniens, les My.siens, les Ioniens ou les gens d'Ilion ou d'Oroanda, les Kataoniens. Aucun de ces peuples ne parait originaire» de la (iréce ou des iles.

En revancli(% sous Mernei)blali, soixante-dix ans plus tard, aux Luka se joignent d'abord les Akaïoucha. Ces derniers sont bien les Achéens, très probablement d'origine grecque, mêlés aux autres envabisseurs. Viennent ensuite les Touroucba, — où de Hout'é avait reconnu les Tvrsènes, — les Cbakaleclia. probablement les Sagalassiens de Pisidie, et

li},'. î»i. — Anihassatlours <>gueiis en Kgypte. D'après Miii.i.f.k. S'cuc IhDSliUinujcn... in Wnintiit'mahlett. pi. I II. Tonili. «!«' Scnx, onieier royal sous la Wlll' <lynaslie).

altay.

les Sbardina, c<'s anciens mercenaires de l'Egypte, qui l'attaquent maintenant et que nous retrouverons parmi ses défens(Hirs. Voisins de tous ces peuples d'Asie Mineure, ils sont probablement originaires de Sardes en Lydie, comme le veut M. Maspero; mais n'ont-ils pas pu, dans leurs courses subséquentes, donner leur nom à la Sardaigne, comme le voulait de Hougé? On ne peut S(»nger à une coalition dont les Tyi'sénes d'Italie et les Sardes de la Sardaigne auraient fourni les éléments; on peut très bien concevoir au contraire que, la coalition dispersée ses éléments retluérent jusqu'en Occident.

Kniin, sous Kainsès III, b's Cliardina sont cette fois mêlés aux Égyptiens pour combattre de nouveaux envabisseurs, venus des lies, les

(1) Cesl la Um lure de M. Hall; M. Millier lil Y-rnn-na : M. Maspero liiinuta.

LES ORICLNES.

Palesatha, les Danaouna ou Daoaoïi, et les Tchakkaray, ([ui demeurèrent jusque sous la \\l' dynastie 1050 av. J.-C. des pirates dangereux. Les Ouachacha, inconnus, venaient aussi de la mer. Les Chagalacha ont déjà paru.

Ainsi il semble* que l'invasion, venue d'abord uniquement d'Asie Mineure, s'est recrutée ensuite dans les îles et parmi les (irecs; le dernier contingent augmente la proportion de provenance liellénique, caries Danaouna, surtout à cause de la forme alternante Danaou, peuvent-ils être autres que les Aavaî(?

On a même assimilé (1 les Tcbakaray aux Teucriens, que la tradition de l'épopée rattachait à Salamine par Teucros, père d'Ajax, mais qui, depuis les tragiques, désignent un peuple de la Troade et même les Troyens 2i. Mais cette combinaison est des plus précaires, d'autant que la véritable prononciation est bien plutôt Zaqqalay (.T. Quant aux Pidesatha ou Poulasati, tout le monde est d'accord pour y reconnaître les Philistins. C'est même à cause d'eux que nous devons insister, puisque nous touchons entin à un rapprochement intéressant entre la Bible et la Crète ancienne.

lis étaient d'ailleurs le principal des peuples contre lesquels Ramsès III eut à se mesurer, puissants et sur terre et sur mer. M. Maspero, (jui ne voit guère dans les peuples ligués avec les Ilétéens ([ue de simples mercenaires engagés par eux un peu partout en corps compacts, reconnaît cette fois une véritable invasion. Cette émigration aurait été déterminée par l'irruption des IMirygiens sur les hauts plateaux (V .

Mais il est difticile d'attribuer à la migration phrygienne une date si tardive, et, si les émigrants viennent des plateaux de l'Asie Mineure, où ont-ils })ris leur flotte ? 11 est vrai que, d'autre part, s'ils viennent des îles, où ont-ils })ris ces chariots sur lesquels ils transportaient leurs femmes et leurs enfants? Le plus sûr est de s'en tenir aux renseignements des Égyptiens eux-mêmes. Quand ils parlent des îles, on peut l'entendre à la rigueur des côtes; mais cela est moins aisé quand ils insistent sur des des « cjui sont au milieu de la mer ». Lorsqu'ils ajoutent que ces peuples de la mer ont ravagé les pays de l'Asie antérieure, on s'explique la présence des chars, matériel réquisitionné en pays conquis : « Les lies avaient frémi, et elles avaient vomi leurs

(1) Surtout noMMKi-, Grutulriss..., p. '>8.

(2) Eschyle, Agninemnon, Tsuxpl; ata: Ukr., Il, IIS. Trjxp'u yô; <<• Kiikts<:iimkr. n]U t. CX) La duplication du /. est un obstacle, la lettre r éj^yplienne rend aussi /. Le nom /aq-

tfaloH a été trouvé par M. Ilounnel dans un tcvle babylonien du temps d'el-An)arna (l'ntceetlitKjs of Ihv Soc. of hibl. Arch.. XVIL |». !>03\ mais dans un contexte diflicile à utiiser.

(4^ Histoire..., Il, p. 461.

..a hons d un seul coup.. Nul pays n'avail tenu dcvaut leui^ bra.s, ni kit,, m Qodi, Carchemis, les Arad, l'Alasia, mais ils les anéantirent (1) ,, •Nous neivferons pas, après .M. Maspero, le récit de la double bataille sur terre et sur mer, qui donna l'avantage à Ramscs. La victoire fui probablement moins complète que ne h- dit le roi. L'invasion ne pêne ra pas en Kgypte ; les Zakkala .len.eurèrent à Dôr, près du Carn.el, 01 les Philistms occupèrent le pays qui porta leur nom. Kamsès colora

un nom de concession §raci.>use ce qu'il fut sans doute obligé de tolérer. °

Ce qu'il y aurait de nouveau, ce serait de comparer le costume des

IMiilislins prisonniers sur un bas-rclieC ci^ypiit'ii. D'à

U, p. li'.fx

près Maspkiu), Histoire.,.,

oulasati avec celui des anciens Cretois. Or, il faut reconnaître aue les rapprochen.cnts sont beaucoup moins décisifs que lorsau'il s -. gissait desgens .le Keft6. M. Maspero s'exprime ainsi : .< On distinguait

os Poulasati de loin ù leur heaume de feutre assujetti sous le menton par deux courroies et garni d'un diadème de plumes. Leur buste dispara t sous des bandes d'étoffe épaisse ou de cuir, un pagne simple Itu. battait les genoux, leurs pieds étaient nus ou chaussés de sandales

(I) Traduction Maspf-iio, llistohc... Il, p. 405 s. t\ cuKTE \\<:if:nni:.

lu

lU

l,A CUKTK A.NCIKNNL.

Palesathci. les Danaouna mi h.inaoïi, et los Tcliakkaray, (|iii deineurèn»nt jusque sous la XXI dynastie I (>.')() av. .l.-(^. des pirates danuereu\. I^es Ouachacha, iiic<ninns, vruairnl aussi de la mer. Les Cdiaii'alaclia ont déjà paru.

Ainsi il seniMr que l'invasion, venue d'abord uniquenn'nl d'Asie Mineure, s'est leerutéc ensuite dans les îles et parmi les (irees; le dernier continiicnt au,i:niente la proportion de provenance hellénicjue, caries hanaouna, surtout à cause de la forme alternante l)îina(Ui. peuvent-ils être autres que les It^xzH

On a inrnie assimilé (I les TehaKaray aux Teucriens, que la tradition de répo[)ée rattachait à Salaminr par Teucros, père d'Ajav, mais (jui, depuis les tragiques, désignent un peuple de la Tioade et même les Troyens 2 . Mais cette cond)inaison est des plus précaires, d'autant que la véritable [jrononciation est bien [)lutôt /a([qalay (:l . Quant aux Pjilcsallia ou P'inlasafi\ tout le monde est d'accord pour y reconnaître les Philistins, ("est mém<? à eausc d'eux <pie nous devons insister, puis(]ue nous touchons entin à un rapprocheuH'ut intéressant entre la liible et la (h'èt(! ancienne.

Ils étaicMit d'ailleurs le jnincipal des peuples eontre lestpicls Uamsès III eut à se mesuier, puissants et sur terre et sur mer. M. Maspero. qui ne voit i;uère <lans les peuples ligués avec les llétéens ((ue de simples mercenaires engagés par eux un peu partout m corps compacts, reconnaît ctîtte fois une véritable invasion. Cette émigration aurait été déterminée par l'irruption des Phrygiens sur les hauts plateaux (V .

Mais il est difticile d'atfribuei' à la migration phrygienne une date si tardive, et, si les émigrants viennent des plateaux de l'Asie .Mineure, où ont-ils pris leur flotte .^ Il est viai (pu\ d'autre part, s'ils viennent des lies, où ont-ils pris ces chariots sur lescpiels ils transportaient h'ui's femmes et leurs enfants .^ Le [)lus sûr est de s'en tenir aux renseignenn^nts des Kgyptieiis eux-nu*'mes. (juand ils parlent d(»s iles, on p<Mit lentendre à la rigueur des côtes; mais cela est moins aisé (piand ils insistent sur des des « (pii sont au milieu de la mer ». L<u's- (pi'ils ajoutent <jue ces peuples de la mer ont ravagé les pays de l'Asie antérieure, on s'explique la présence des chars, matéri(d réipjisitionné en pays conquis : u Les des avaient frémi, et td les avaient vomi b'urs

(I, Siirloul MoMMi.i.. Cnnidri.Ks.... p. 's.

r\ EsciiM.i:, .{iiniiit'iniKtn/ïvjy.^À'^ ata ; \\\\\.. \\, lis. Ti'jxjiL y/,; ri. ki;i isiiiMr.n. «y*. /.

(.{ La (luidicalion «lu /• »'sl nii ol»sla<h*; la It'Un' r r^xpliemu' n'iiil aussi /. Kr nom /tuj-

tfahm a été trouve par .M. U(»iiiinel dans un lc\l(> l)ab> lonii'ii du Innps «lel-Aïuarna l /'/'o>

vfcfliinjs of t/ic .Soc. o/ hihi. \rch.. \\\\. p. *>().{!, mais dans un <'t)iilt'\l<' iiilli< il«* a uli-

is«'r.

» Hisfoin .. ., M. p. ir.l.

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....lions dm. sel eu,.... Nul p.-.ys n'avait «...u, .lovanl leurs l.ras, ni K;.t.,u.Q.ul,.Ca.ch.-nus, les Anul. lAlasia. n.aisils lesanéantiivnt , 1) „ .\....s ne nlerous pas. apKs M. Masp,-,o, le récit .le la double hataille s...- terre et sur mer. ,,ui donna lavanlaw à liamsès. La vietoire fui |Hol,ablen.ent u.oins e.unplète .pic ne le dit le roi. i;i„vasi,.u ne „é- ...- .-a pas eu i:,.ypte: les/.akKala den.eurèreut à Dur, près du Carn.el. H l.'s I lulisluis oe.upèn.nl le pays qui porta leur non., liauis.s eolora 0.. no,n de concession ,:;racieuse ce quil fui sans doule ohliiié de tolérer.

Ce (ju'il y aurait de nouveau, ce serait de comparer le costume des

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