‹ La criminalité comparéeChapitre 4 sur 43 · POST-SCRIPTUM POUR LA SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM POUR LA SECONDE ÉDITION

Depuis que ce petit livre a paru, le courant réformateur dont il était le souhait et l'annonce s'est étendu et fortifié au-delà de nos espérances On a pu voir, au second Congrès international d'anthropologie criminelle qui a eu lieu à Paris en août 1889, les pouvoirs publics eux-mêmes favoriser ce mouvement. En même temps que se propageaient les idées réformistes, leurs auteurs- travaillaient à les réformer, à les rectifier elles-mêmes ; et de ce aouhle progrès, dont l'un stimule l'autre, on ne saurait dire encore avec certitude ce qui résultera d'un peu net et décisif. Ce que je crois pouvoir affirmer sans crainte d'être démenti, c'est que la thèse générale développée dans le présent ouvrage,

à savoir rexplication du délit par des causes sociales et psychologiques plutôt av^ biologiques, et la répression du délit demandée à des moyens d'ordre moral plutôt que naturel, tend à se répandre et à refouler de plus en plus la thèse contraire. Si, au lieu de me borner à reproduire le teyite de ma première édition, sauf de légères retouches, j'avais cru nécessaire de la refondre, j'aurais accentué plus fortement encore le point do vue auquel je m'y suis placé, et restreint encore le rôle laissé au « type criminel » de Lombroso. Mais, réflexion faite, et sous la réserve de cette observation, je ne change rien d'essentiel à l'expression d'une pensée qui m'a paru vraie à son heure, et dont les variations survenues depuis ne m'ont pas beaucoup écarté. Certains passages de ce volume, il est vrai, en petit nombre d'ailleurs, ce me semble, ont vieilli ; mais les personnes qui sont au courant de ces questions sauront facilement les discerner ; et, quant à celles qui ne les discerneront pas, ils n'auront rien perdu de leur intérêt pour elles.

Mars 1890.

LA

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