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La criminalité de la jeunesse

M. Louis Sautter, président. — Mesdames et Messieurs, le sujet delà conférencequevous allez entendre est intéressant pour tout le monde. Il est particulièrement intéressant pour ceux qui s’occupent de la jeunesse et ont à cœur de lui faire du bien, soit que jeunes eux- mêmes, ils se soient assopîéèy dans le but de mieux résister aux entraînements êii mal et d’essayer d’en préserver les autres, soit que, pârvepus à l’âge mûr, à la vieillesse, ils apportent aux jeunes l’appui de leur sympathie et de jtgjf-r expérience* Appelé, en ma qualité de melnbfe du corfsèil de l’Union chrétienne de jeunes gens de f ans, à rbonneur de présider cette séance et d’introduire éaûprès de ^■vous l’éminent conférencier qui doit vous parler delà 'criminalité de la jeunesse, je désire, avant tout, remercier le Comité de défense et de progrès social d’avoir voulu que ce sujet fût traité dans cette salle, devant une assemblée composée en partie de membres de l’Union chrétienne de jeunes gens. Il a compris é^que rien n’était plus propre à encourager ceux-ci dans 'la tâche qu’ils ont entreprise et à leur en montrer ^l’importance, que la vue des abîmes dans lesquels sont exposés à tomber les jeunes gens abandonnés à eux-mêmes, sans personne pour leur tendre une main secourable, elle spectacle des misères qu’ils endurent alors, des dangers qu’ils font courir à la société, des

difficultés souvent insurmontables que présente leur relèvement.

Cet ordre de faits et d’idées n’est pas nouveau pour nous. Je peux dire que c’estlui qui adonné naissance à cette Association, où les jeunes gens, à quelque nationalité et à quelque religion qu’ils appartiennent, pourvu qu’ils mènent une vie morale, peuvent trouver des distractions honnêtes, des locaux appropriés à leurs besoins, de bonnes camaraderies, des influences et des exemples salutaires. Le tableau de la jeunesse criminelle fera mieux sentir à la jeunesse morale et saine le prix des avantages dont elle jouit; il fera plus encore, il remplira son cœur d’une immense compassion pour ces déshérités et ces tombés, d’un profond désir de venir à leur secours et de répandre dans cette société où pullulent tant de germes de dissolution et dq "mort, des semences d’assainissement, de rénovations de progrès et de vie. C’est bien là le butc‘quë;se;propo^q ^y‘tC©mité de défense et de progrès 'sdcial‘5 lorsqu’il* va'partout, avec une grande énergie et une grande persévérance, proclamant, propageant les pryiciphs, es^eh.Tiefs de la prospérité et de la vie de'k irrdivjdus èr dès nations, et montrant les dangers qüe cquçtj l’ordre social quand ces principes sont ignoréà," oubliés ou méconnus. Son désir est aussi de susciter à cette cause de nombreux et de nouveaux défenseurs. Eh bien, je crois que la conférence qui sera donnée ici est de nature à produire cet effet.

Je vais maintenant donner la parole à M. Henri Joly, doyen honoraire de Faculté, qui traitera devant vous la question de la criminalité de la jeunesse, avec une compétence exceptionnelle. M. Henri Joly a été chargé par le Comité de défense des enfants traduits en justice, d’étudier les divers systèmes d’éducation correctionnelle pratiqués à l’étranger. Il ^ a poursuivi cette étude pendant plusieurs années, en visitant, dans les principaux pays de l’Europe, les

4 établissements dans lesquels ces systèmes sont appliqués; il a exposé les résultats de son enquête dans un très beau rapport qui a paru dunsia Revue pénitentiaire , bulletin de la Société générale des prisons.

* Cerapportest rempli de faits et de conclusions extrêmement remarquables. La question qui va être traitée ce soir ne pourrait donc pas l’être par un homme plus compétent et d’une autorité plus haute que celle de M. Henri Joly, à qui je donne maintenant la parole. (. Applaudissements . )

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