LAME DE L ENFANT
Infériorité duïjeune enfant sur le jeune animal. — Malpropreté de l'enfant — Absence d'amativité chez l'enfant. — Son égoïsme. — Son jinsensibilité et sa dureté de cœur. — Sa jalousie et sa vanité. — Nécessité de façonner et d'éduquer l'âme de l'enfant.
A bien des points de vue, le jeune enfant est inférieur au jeune animal. Seules la douleur ou la faim arrachent des jcris au jeune animal qui accepte sans se plaindre les conditions que lui imposent sa mère ou les circonstances. Le jeune enfant a, au contraire, des exigences excessives. Si sa mère a la faiblesse de s'y prêter, il deviendra rapidement un insupportable tyran. J*ai vu — et malheureusement entendu quelquefois — des enfants pleurer des heures entières, alors qu'ils n'avaient pas faim ni n'éprouvaient aucune souffrance.
Ils voulaient simplement être relevés de leur
I LA CRIMINALITE INFANTILE
berceau et tenus sur les bras de leur mère ou de leur nourrice.
II est vrai que, dans bien des cas, Tamour de certains parents pour leur progéniture tourne à rimbécillité. Us ne sont pas dignes alors du rôle d'éducateurs qu'ils sont appelés à jouer, car ils ont une âme à façonner : le bonheur de leur enfant est entre leurs mains.
Quelques jours après sa naissance, le jeune animal devient d'une propreté charmante. Il semble, au contraire, que l'enfant soit né avec l'instinct de la malpropreté. Agé déjà de quelques années, il semble prendre plaisir à maculer ses vêtements et sa personne. Bien des enfants pleurent quand on les mouche ou quand on les lave. Ils ont besoin, pour apprécier les avantages de la propreté, d'une longue éducation.
Le jeune animal est doux. Sa turbulence n'a jamais de conséquences fâcheuses. L'enfant veut s'emparer de tout ce qu'il voit ; il jette des cris quand son caprice n'est point satisfait.
II semble avoir en plus un goût très prononcé pour la destruction. Il ne s'amuse jamais autant avec ses jouets que quand il les brise.
En général, chez l'enfant, l'amativité est nulle et beaucoup sont des égoïstes forcenés.