‹ La criminalité infantileChapitre 5 sur 31 · INFLUENCE DE L^HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L^HÉRÉDITÉ

Importance de la tare ancestrale.— Diminution de la résistance psychique et morale chez l'héréditaire. -- L'hérédité nerveuse. — L'atavisme. — L'hérédité alcoolique. — L'hérédité syphilitique. — L'hérédité criminelle.

€ Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants sont agacées, » lit-on dans la Bible. L'influence de Thérédité nerveuse, alcoolique, syphilitique, tuberculeuse, retentit douloureusement sur la race. « Nombre d'enfants, dit M. Thivol (1), sont les produits d'un milieu antérieur. Ils en continuent la tare nerveuse acquise par des intoxications multiples : alcool, toxines tuberculeuse et syphilitique .»

C'est là un fait indéniable, en quelque sorte

(1) Criminalité juvénile. Thèse, Lyon, 1904.

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un axiome. L'être issu de nerveux, d'alcooliques, de syphilitiques, de tuberculeux, nait dans un état de défectuosité incontestable. Sa résistance psychique est amoindrie comme sa résistance physique. Son âme est comme un champ tout préparé où croîtront les vices qu'il porte en germe.

Dans bien des cas, l'éducation pourra, au point de vue moral tout au moins, remédier à cet état et retenir l'enfant sur la pente où l'entraînent ses mauvais instincts avivés par la tare ancestrale. Mais il lui faudra une éducation sévère, car, chez lui, les impulsivités sont toute prêtes à surgir. Il est des cas particulièrement difficiles où les moyens d'arrêt font presque entièrement défaut. Au moindre accident, l'enfant, âme troublée, sombre dans le crime ou le vice. Une fois le premier pas fait, il est extrêmement difficile de le ramener dans les sphères du bien. Il est même des enfants dont l'âme est, en quelque sorte, aveugle ; ils marchent dans la vie sans voir et sans comprendre, invinciblement entraînés par les instincts et les impulsivités. Sur ceux-là l'éducation n'a pl'js de prise. Jamais leur âme ne s'éclai-

rera d'un rayon; toute leur vie ils marcheront dans les ténèbres.

Prenons quelques exemples. Certes, je n'ai que l'embarras du choix. J'en ai tant vu de ces déshérités, êtres issus d'ancêtres tourmentés par la névrose.

Louis a onze ans. C'est un petit Parisien.

Son père est mort, mais je ne sais pas de quoi. Ce que je sais, c'est que c'était un nerveux et un violent, un buveur et un joueur. Sa mère est une femme nerveuse à l'excès. Pour un rien elle entre dans de violentes colères. Ainsi double tare : paternelle et maternelle. L'alcool peut-être a joué aussi son rôle. Louis sait lire et écrire ; il apprendrait facilement s'il voulait, mais il est paresseux, gourmand, menteur, jaloux. Il fait constamment l'école buissonnière. Il déclare d'ailleurs qu'il ne veut plus aller à l'école, « qu'il en a assez ». Depuis deux mois, tous les soirs il s'enfuit et ne rentre à la maison qu'après onze heures. Toute la soirée il court les bals et les fêtes. Dans la journée, il ne veut rien faire ; il est constamment dehors. (Il parait que son père a été comme lui dans sa jeunesse, au point qu'il ne rentrait plus chez sa mère et qu'il couchait dehors).

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