‹ La criminalité juvénile et les récidivistesChapitre 6 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons eu l'occasion de voir à la prison Saint- Paul et d'examiner de très près toute une série de récidivistes.

Deux faits nous ont frappé au cours de ces visites: 1° la jeunesse de tous ces sujets ; 2° l'âge à peu près constant auquel se produisent les manifestations criminelles.

C’est en nous basant sur nos nombreuses observations que nous allons essayer de nousexpliquer, en médecin, sur ces deux parties du problème criminel, qui nous paraissent connexes: criminalité juvénile et récidivistes.

Or, qu'a-t-on pensé jusqu ici des causes de cette criminalité ? Les auteurs qui se sont occupés de cette question, et ils sont nombreux, ont cité plusieurs origines pour la criminalité juvénile. M. Grimanelli se demande si la plus grande précocité pour le mal ne serait pas un cas particulier de la plus grande « précocité tout court ». Le milieu social agit de plus en plus sur l'ensemble de nos dispositions naturelles et de nos hérédités, bonnes ou mauvaises,

de deux manières: comme excitateur et comme réqulateur. Mais aux temps de transition et de crise comme le nôtre, époques à la fois très fécondes et périlleuses, l'action excitatrice du milieu croît plus vite que l'action régulatrice. De là une rupture d'équilibre, dont l'effet ne peut être que fächeux sur les jeunes, dont l'âge est déjà une faiblesse. Notre

milieu contemporain en effet, par ses progrès constants, est favorable à l'éveil rapide des sens et de l'intelligence, à l'éclosion des sentiments et des passions à la formation précoce des esprits et en un certain sens des caractères. Mais cette rose a ses épines : l’ambiance provoque une croissance plus rapide des facultés, mais en même temps, avec un surmenage prématuré des nerfs, elle hâte la surexcitation des appétits, de l’orgueil, de la vanité. A côté des précocités heureuses, le milieu favorise donc dans une certaine mesure les précocités mauvaises.

L'influence de la famille n'est pas moindre que celle du milieu général. Il serait, certes exagtré de dire que lorsque l'enfant tourne mal, c'est toujours de la faute des parents. Il n'est pas douteux cependant que le défaut de surveillance et la mauvaise éducation sout à l'origine d'une masse de méfaits juvéniles et, d'autre part, les conditions essentielles de la surveillance et de l'éducation sont une famille saine et à peu près normale, l’existence d’un foyer véritable.

Derrière les mineurs délinquants, combien de familles détruites ou amputées par la mort, ou irré-

gulières, ou impuissantes, ou indiones, avec les

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