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aggravations de la misère ! Parmi eux, combien d’enfants, mal nés souvent et souvent trop riches de mauvais instincts, mais plus souvent encore victimes d'une déplorable négligence volontaire ou forcée, voire d'un abandon plein de périls ou de mauvais traitements, ou d'une funeste privation de tendresses, ou de conflits démoralisateurs, ou de promiscuités dégradantes, ou enfin des plus détestables exemples sinon des plus coupables excitations !
M. Grimanelli nous donne des chiffres probants : au 31 décembre 1905, sur 2.996 « jeunes détenus » des deux sexes dans les établissements d'éducation correctionnelle, 319 étaient enfants naturels, 167 étaient orphelins de père et de mère, 1074 étaient orphelins d'un de leurs parents. D'autre part, 187 avaient des parents vagabonds, mendiants ou prostitués, et 636 avaient des parents ayant subi des condamnations. ji
Mais ce n’est pas tout ; il est d’autres enfants qui appartiennent à des familles dont le foyer est détruit ou déshonoré par la discorde des parents. Tantôt les parents, désunis par des causes diverses, continuent à cohabiter; et l'enfant assiste aux mépris, aux outrages, aux coups échangés. À ce spectacle, il perd le sentiment du respect et subit la contagion de la violence. Il finira par jouer sa partie dans cette cuerre intestine ou il fuira la maison pour ny être point mêlé, ou faute de surveillance, il prendra l’habitude de la vie dans la rue.
Tantôt les parents sont séparés de droit ou de fait ou divorcés ; alors à la lutte entre les deux parents
succèdent ou plutôt s'ajoutent souvent l'état de lutte entre l'enfant et l’un au moins de ses auteurs, souvent aussi la guerre permanente entre l'enfant et la marûtre ou le parätre, régulier ou irrégulier, qui remplace la mère ou le père vivant, avec toutes les variétés d'écartement moral infligées aux petits et que le divorce favorise en les consacrant à un degré supérieur. Et ce n'est pas tout divorce qui est ainsi accusable : c’est surtout le divorce libre, le divorce: large, comme on dit, qui introduit dans un nombre toujours croissant d’unions, un germe de faiblesse, de trouble, de précarité, de corruption, de mort. Résultat fréquent: l'enfant démoralisé, poussé hors de la maison.
Cette désorganisation du foyer trouve encore une cause dans l'extériorisation industrielle de la mère de | famille. Quand, partie le matin pour l'usine, le magasin ou l'atelier, la mère ne rentre chez elle que le soir, lassée par le travail de toute une journée et qu'elle ne peut qu à la hâte s'acquitter des besognes les plus indispensables du ménage, quelle attention peut-elle prêter à ses petits ? Quelle surveillance peut-elle exercer sur eux ? La crèche, l'école maternelle, l'école primaire même avec ses études surveillées, ne peuvent remplacer le foyer rendu désert et d’où la mère est trop distraite. Tout ce que perd le foyer, la rue le gagne : la rue avec ses attractions dangereuses, ses mauvaises rencontres et ses entrainements funestes ; la rue tentatrice, école du vagabondage et du vice.
L'industrie a encore un rôle pernicieux par l'ap-
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prentissage qui a été de beaucoup réduit depuis l'extension qu'ont prise les machines-outils. Un gamin peut suffire très souvent à la direction d'une machine qui remplace un certain nombre d'ouvriers. Ce gamin, à l'âge de 15 à 16 ans, veut être plus payé; le patron qui sait qu'il trouvera autant de manœuvres quil en voudra pour remplacer celui-ci, refuse l’augmentation de salaire et voilà un enfant de plus livré à la rue.
Toutes ces causes, invoquées par les différents auteurs sont réelles, toutes elles ont une réelle influence sur l’éclosion de la criminalité. Mais nous croyons qu'à côtédecelles-ciilexisteunfacteurindividuel qui, dans un nombre considérable de cas, prend sur les autres une véritable prédominance et crée une fatalité organique dans le déterminisme du crime. C'est l’œuvre du médecin de montrer et de bien mettre en évidence par des observations, ce facteur anatomique et psychologique.
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