LES CAUSES DE LA CORRUPTION POLITIQUE
C'est surtout pour les hommes politiques qu'il faut dire : Cherchez la femme, et vous trouverez l'explication de leur corruption. Us préfèrent souvent au foyer domestique le foyer de l'Opéra ! . A Rome, à la fin de la République, les hommes politiques vivaient dans la familiarité des femmes de mœurs légères, dont le nombre était devenu considérable. Alors , comme aujourd'hui , les femmes se laissèrent emporter par l'amour effréné du luxe et des plaisirs. Des dames romaines d'illustre naissance, vivant en femmes de mœurs légères, couraient les eaux de Baïes, et donnaient des repas somptueux, auxquels elles conviaient des hommes d'esprit, des écrivains et des hommes politiques. Dans plusieurs comédies contempo-
(1) Mirabeau préférait la danseuse Coulon à sa femme; les Girondins et les Jacobins fréquentaient assidûment le foyer des actrices, méuiependant les luttes de la Révolution.
LÀ corruption des hommes POLITIQUES 211
raines, on a mis en scène des hommes politiques et des financiers de modeste origine, qui, pour relever leurs plaisirs par la vanité, recherchent à prix d'or les faveurs des grandes dames, que les dettes et le besoin du luxe rendent accessibles aux plébéiens '. Ce travers était aussi très répandu à Rome. C'est ainsi que Fausta, tille de Sylla et femme de Milon, était fort recherchée ; « on s'attachait à elle par vanité d'avoir une femme d'un si haut rang et pour l'honneur d'être à son tour gendre du dictateur ». Salluste, qui écrit l'histoire en austère moraliste, fut surpris en adultère avec la noble patricienne par Milon, son mari, et bien battu avec des courroies '. Cette aventure le rendit désormais moins entiché des femmes de qualité, et le rejeta sur des femmes de plus bas étage, qui ne lui faisaient pas courir le même péril.
L'histoire de Salluste est celle d'un grand nombre de ses contemporains : ami des plaisirs, passant des nuits à table, avide d'argent, il se jeta dans la vie publique, pour satisfaire ses besoins. « Je cherchai , dit-il , comme les autres, à m'élever aux dignités de l'État. J'y trouvai bien des écueils. L'impudeur, les brigues, la corruption avaient pris la place de la retenue, du mérite et de l'intégrité. Mon cœur dédaignait ces pratiques odieuses ; mais la jeunesse est imprudente , et l'ambition ne peut se résigner à lâcher prise. » En effet, poussé par cette soif du pouvoir et des richesses, qu'il blâmait chez les autres,
(1) Voy. Le député Levreau, par Jules Lemaitre. — Marat, avant la Révolution, s'étant introduit comme médecin chez la marquise de L.. . ne se borna pas à prescrire des ordonnances médicales. Ce n'est pas le seul médecin jacobin qui se soit insinué dans une famille noble, pour supplanter le mari.
(2) Aulu-Gelle, 1. XVII, § 18.
Salluste joua tous les rôles, suivant l'intérêt du moment ; on le vit tantôt flatteur du peuple, tantôt courtisan de César, s'élever aux dignités par la brigue et la corruption et en profiter pour s'enrichir. Il pilla la Numidie, dont il avait étéie gouverneur, revint à Rome, s'y fit bâtir un palais somptueux avec des jardins et des bains magnifiques et continua à s'indigner dans ses écrits des bassesses, que l'ambition et la cupidité font commettre aux hommes politiques. Il ne serait pas le type de l'homme politique corrompu, s'il n'avait pas ajouté à tous ses vices l'hypocrisie. Le divorce permettait alors, comme aujourd'hui, de passer d'une femme à l'autre avec une extrême facilité. Les hommes politiques usaient beaucoup de cette faculté. Après avoir répudié sa femme Autustia, Pompée épousa Emilia, puis Mutia, qu'il répudia aussi pour épouser Julia. Lucullus répudia Glodia, épousa Servilia, sœur deCaton ", puis la répudia. César, véritable don Juan, épousa successivement quatre femmes, sans compter le nombre consirable de ses concubines, parmi lesquelles il y avait des provinciales et des reines *. On sait à quel point les mœurs d'Antoine étaient dissolues ; il parcourait l'Italie, suivi de sa femme et de la comédienne Cytharis, avec laquelle Cicéron et Atticus dînèrent un jour. Cicéron lui-même répudia sa femme Terentia, épousa à soixante-trois ans une jeune fille très riche, pour payer ses dettes, et noua des relations
(1) Caton avait deux sœurs : l'une fut la femme répudiée de Lucullus, l'autre fut corrompue par César. Sa femme Attilia avait des mœurs si légères, qu'il fut obligé de la répudier, bien qu'il en eut deux enfants. 11 épousa alors Martia, qu'il prêta plus tard à son ami Hortensius. (PI marque. Vie de Caton <T Clique.) Plutarque cite comme un fait exceptionnel le cas do Lelius, l'ami de Cicéron, qui n'eut qu'une femme.
(2) Suétone, § 47-19.
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Les courtisanes grecques exerçaient aussi une grande influence sur les hommes politiques. A l'époque de Périclès, Aspasie « avait pris en ses rets les principaux hommes qui s'entremettaient pour lors du gouvernement de la chose publique ». Périclès la fréquenta beaucoup et congédia sa femme légitime ; il subit tellement son influence, qu'il fit décider, à sa requête, la guerre de Samos en faveur de Milet. Les rois de Perse, qui connaissaient l'influence des courtisanes grecques sur les hommes politiques, s'en servirent plus d'une fois pour gagner ces derniers à leur cause 1 .
J'en ai dit assez, je crois, pour montrer que, si les hommes politiques se jettent dans des trafics honteux c'est souvent pour payer le luxe de leurs femmes et de leurs maîtresses. Cette cause de la corruption politique n'est pas la seule. Souvent aussi, le concussionnaire est un amateur d'objets d'art, d'antiquités, de statues, de tableaux. Le préteur Licinius se promenait en litière sur des roses recherchant des objets d'art. Verres, qui était d'une lubricité révoltante, avait aussi la passion des statues. Les discours neuvième de Gicéron contre Verres (1. IV) a pour titre : des Statues ; il est consacré tout entier à rénumération des objets d'art volés par le proconsul concussionnaire. On peut avoir de bonnes mœurs et l'amour des statues, bien qu'on ait dit : « Le moyen d'avoir des mœurs et des statues ! » Il est certain cependant que les goûts artistiques peuvent s'unir à une grande corruption.
(1) Plutarque. Vie de Périclès. — Epaminondas, ayant fait mettre en prison un homme de basse condition, pour une légère faute qu'il avait commise, son ami Pélopidas vint le prier de le mettre en liberté ; « ce qu'il luy refusa, mais peu après une femme qu'il entretenait l'en requit et il le fit à sa prière, disant que c'est ait de telles gratuités qu'il (allait concéder aux amies et concubines, non pas aux capitaines ». Plutarque. Les dicts notables des anciens.
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politiques ; la politique n'est pour eux qu'un moyen de se procurer des plaisirs et d'accroître leur soif de jouissances.
Les calamités publiques, les guerres, les luttes civiles ne ramènent pas les hommes sceptiques et corrompus à des pensées sérieuses ; souvent, au contraire, elles ne font qu'irriter la soif des jouissances dont ils sont dévorés. Les Athéniens se livrèrent avec emportement, pendant la peste, à la fureur du plaisir ; c n'apercevant plus que de courtes jouissances, ne voyant plus rien que d'éphémère et dans sa personne et dans ses biens, on croyait devoir tourner toutes ses pensées vers la volupté ' ». Pendant la Terreur, < en présence des supplices, les spectacles étaient remplis comme à l'ordinaire 1 ». On dansait à la cour de Charles VI, pendant que les Gabochiens faisaient tuer les amis du roi; à la cour de Henri III, les duels et les meurtres alternaient avec les bals et les fêtes. Sous Charles II d'Angleterre, les orgies suivirent les exécutious. Pendant les guerres de religion, les mœurs furent en même temps cruelles et licencieuses; Catherine de Médicis s'entourait de filles d'honneur, pour séduire les chefs de parti.
A toutes les époques de corruption politique, le luxe de la table devient excessif, c Le luxe de la table, dit Tacite, depuis la fin de la guerre d'Actium jusqu'aux luttes qui donnèrent l'empire à Galba, avait été la source pendant cent ans de prodigalités inouïes. » Une gourmandise effrénée était sans cesse en quête « de mets inconnus à créer pour le goût de nouvelles délices ». Le prix d'un bon cuisinier s'élevait à des sommes considérables. Salluste
(1) Thucydide, 1. II, § 53.
(2) M- de Staël. Op. ci/., 3 e partie, ch. xvi.
acheta un cuisinier cent mille sesterces. Antoine donna la maison d'un citoyen de Magnésie à un cuisinier, parce qu'il avait bien préparé un souper. Sa maison était toujours pleine de « basteleurs, farceurs, joueurs de passepasse et de plaisans s'ivrognant et faisant bonne et grande chère * ». Pendant son consulat, Pompée « s'amusait à faire nopces et festins. Un jour qu'il sortait du bain, pour se mettre à table, Hypteus, homme consulaire, étant venu le supplier de lui venir en aide, Pompée « passa outre superbement sans luy répondre autre chose, sinon qu'il luy gastait son souper ». Les festins de Lucullus sont restés célèbres. Un repas improvisé qu'il Gt servir à Gicéron et à Pompée lui coûta cinquante mille drachmes d'argent *. Sylla était aussi très intempérant ; lorsque sa femme Métella mourut c il réconforta son deuil par festins ordinaires pleins de toutes délices et de toute dissolution » . Quelques mois après la mort de sa femme, ayant rencontré au théâtre la veuve d'Hortensius l'orateur, nommée Valeria, il l'épousa et néanmoins il continua à tenir chez lui c des menestrîères et basteleuses... des farceurs plaisans, chantres et musiciens, avec lesquels il beuvoit et yvrongnoit sur de petits licts bas tout le long du jour 3 ». '
c Le philosophe Gratès, dit Plutarque, estimant que les guerres civiles et les tyrannies se suscitoient dedans les villes, autant pour la superQuité et les délices, que pour
(1) Plutarque. Vie d'Antoine.
(2) Plutarque. Vie de Lucullus. Voy. aussi dans les Saturnales de Macrobe le menu d'un dîner donné par Lentulus et la satire XI de Juvénal.
(3) Plutarque. Vie de Sylla. — Bérançer, dans une de ses chansons politiques, fait dire à un député de la Restauration :
• Quels dinés, quels dinés !
t Les Ministres nous ont donnés l *
antre cause que ce soit, souloit dire en jouant selon sa coutume : Garde-toi de nous jetter en sédition civile, en augmentant le plat devant la lentille, c'est-à-dire en faisant despense plus grande que ne comporte ton revenu ; mais un chacun se doit commander à soy-même ! . » Le chancecelier de L'Hospital avait fait la même observation à l'époque des guerres de religion ; il avait observé que l'amour du plaisir, les folles dépenses, et notamment le luxe de la table entretenaient les guerres civiles. Il fit promulguer des lois somptuaires, qui eurent le sort de toutes ces lois, et restèrent inefficaces. Il donna lui-même l'exemple d'une extrême simplicité dans ses repas. Brantôme raconte qu'il dîna chez L'Hospital « avec du bouilli seulement » ; les plats furent remplacés par « force beaux discours et belles sentences », et quelquefois aussi par « de gentils mots pour rire ».
Les goûts simples et modestes, les bonnes mœurs et la la sobriété sont les meilleurs préservatifs de la corruption politique. Lorsque les envoyés des Samnites vinrent offrir à Marcus Gurius une grande quantité d'or, ils le trouvèrent prenant un repas frugal, et, comme ils le pressaient d'accepter ce présent, il leur répondit que celui qui se contentait d'un tel souper n'avait que faire de tant d'or '. Epaminondas, en parlant de sa table, qui était très frugale, disait : c Un tel ordinaire ne reçoit jamais trahison*. » — Alexandre ayant envoyé à Xénocrate un présent de 50 talents, celui-ci invita les ambassadeurs à souper et leur servit un repas frugal ; le lendemain, quand ils voulurent
(1) Plutarque. Les règles et préceptes de santé.
(2) Id. Vie de Caton.
(3) Plularque. Vie deLycurgue.
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l'explication de la corruption politique. Si Machiavel a écrit le Prince pour plaire aux Médicis, qui l'avaient cependant emprisonné et soumis à la torture, s'il a cherché à obtenir d'eux un emploi par de basses flatteries et l'abandon de ses anciennes convictions, c'est parce qu'il était besogneux et débauché ; il avoua lui-même qu'il avait contracté l'habitude de la dépense et qu'il ne pouvait s'astreindre à l'économie. C'est pour payer ses débauches que Louis XV agiota sur les blés et devînt actionnaire de la compagnie dite le Pacte de famille. Despans-Cubière et Teste étaient des hommes de plaisir.
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de l'anarchie et de la corruption qui régnaient en Pologne au xvm e siècle, qu'il pressentit que ces vices entraîneraient la perte de ce royaume '.
Avant l'établissement du suffrage universel, on croyait qu'il rendrait la corruption impossible et on invoquait ce passage d'Aristote : c Une grande quantité est toujours moins corruptible, comme l'est par exemple une masse d'eau, et la majorité est de même bien moins facile à corrompre que la minorité *. > Machiavel disait: < Peu sont corrompus par peu '. > A l'époque où le suffrage restreint se laissait intimider et corrompre, on pensait que le suffrage universel saurait conserver son indépendance : c II faudrait, écrivait de Tocqueville, acheter trop de monde à la fois, pour atteindre le but 1 . » Hélas! ces prévisions optimistes ne se sont pas réalisées : le suffrage universel, comme le suffrage restreint, peut se laisser corrompre. Il n'est pas nécessaire d'acheter tous les électeurs, il suffit d'acheter les meneurs politiques, que les électeurs suivent comme un troupeau de moutons.
Les gouvernements, qui proclament le plus haut les lumières du suffrage universel, sont les plus empressés à le corrompre. S'ils étaient bien convaincus de la sagesse du peuple, ils s'abstiendraient d'exercer sur lui la moindre pression, ils laisseraient sa volonté se manifester librement. Mais, en fait, le peuple, dont ils exaltent le discernement, ils le traitent en mineur, ils cherchent à lui imposer leurs candidats par les promesses, par les menaces, par l'abus
(1) De VÉtude de Vhistoire, 2 6 partie, ch. h.
(2) Aristote, La Politique, 1. III, ch. x, § 6.
(3) Machiavel. Discours sur la première Décade de Tite-Live.
(4) De Tocqueville. De la démocratie en Amérique, X. II, p. 88.
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devant le peuple et les comités électoraux, afin de puiser dans cette bassesse le moyen de s'élever.
c Quel livre à faire ! le Manuel du parfait candidat! » s'écrie Maxime du Camp en rappelant la définition qu'un ancien ambassadeur lui donnait de la politique : « Affaire de chantage, de marchandage et souvent de brigandage * . » Ce manuel n'est plus à faire ; il a été fait depuis longtemps, non pas sous une forme ironique, comme l'aurait fait M. du Camp, mais sous une forme sérieuse, qui ne le rend que plus plaisant, par Quintus, frère de Cicéron, sous le titre : De la demande du consulat. Cet essai sur la candidature est le manuel du parfait intrigant. Quintus y décrit toutes les ruses que le candidat doit employer et les conseille à son frère.
Le candidat, dit Quintus, doit tout d'abord être affable, caressant, suivre les foires et les marchés, interpeller chaque électeur par son nom, et se faire suivre à cet effet d'un nomenclateur, qui lui donnera adroitement le nom des électeurs, c Les habitants des municipalités et de la campagne pensent être nos amis, dès qu'ils nous sont connus de nom '. » Cicéron suivit ces conseils ; il écrivit à son frère qu'il était « souple comme un cheveu > . Plutarque nous apprend, en outre, qu'il s'imposa, la pénible obligation d'apprendre le nom de ses électeurs : c II s'accoutuma à savoir, non seulement le nom des hommes de quelque qualité, mais aussi les quartiers de la ville où ils demeuraient, les beaux lieux qu'ils avaient aux champs, les amis avec lesquels ils hantaient et les voisins qu'ils fréquentaient s . »
(1) Maxime du Camp. Le Crépuscule, p. 250.
(2) Quintus Cicéron. De la demande du consulat, VIII.
(3) Plutarque. Vie de Cicéron.
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Lorsqu'on est candidat, il faut surtout se plier aux ménagements; cette complaisance, « qui est vicieuse et déshonorante dans le reste de la vie, est indispensable dans la candidature, dit à son tour le frère de Cicéron ;... un candidat ne peut s'en passer, lui, dont les traits, la physionomie, les discours doivent se ployer aux idées et aux affections de tous ceux qu'il aborde » (XI).
Le point le plus important est de faire croire à chacune des classes de la société qu'on servira ses intérêts. Faites que « le sénat espère trouver en vous un défenseur de son autorité; les chevaliers et les gens riches 'et pacifiques, d'après toutes vos actions, un ami de Tordre et de la tranquillité publique ; la multitude (mais uniquement d'après la popularité de vos discours...), un magistrat qui ne sera point contraire à ses intérêts » .
Les nobles étant encore très influents, Quintus conseille à son frère de rechercher leur appui, en leur persuadant qu'ils sont tous les deux amis de cœur du parti des grands et très éloignés de celui du peuple, et que, s'ils ont parlé dans le sens populaire, ils ne l'ont fait que pour se concilier Pompée. Très éclectique dans ses relations politiques, Cicéron rechercha l'appui des grands et du peuple, des honnêtes gens et de la c canaille » ; il soigna sa popularité auprès de tous les partis ; c je n'ai rien perdu auprès des honnêtes gens, écrit-il à Àtticus, et j'ai beaucoup gagné auprès de la canaille * ».
D'après Q. Cicéron, le candidat doit toujours promettre. Qu'importe que plus tard il ne puisse pas tenir toutes ses promesses ! 11 s'expose, il est vrai, à quelques reproches,
(1) Lettre de Cicéron à Atticus, n m 21, p. 20 del'éd. Nisard.