Uomo del, p
Waldheim, parmi 1214 détenus, il y en avait 579 qui présentaient des déviations physiques du type normal. (Knecht, 1883.) Parmi 400 personnes présumées honnêtes, il n'y en avait qu'une ayant la physionomie typique des grands criminels (Lombroso).
Quant à ces déformations crâniennes qu'on peut appeler tératologiques ou atypiques, telles que la plagiocéphalie, la scaphocéphalie, Toxicéphalie, M. Marro les a trouvées en nombre presque égal parmi les détenus et les gens supposés honnêtes.
On a remarqué pourtantqu'un assemblage de plusieurs anomalies, qu'elles soient dégénératives ou tératologiques, est bien plus facile à trouver chez le môme sujet criminel que chez tout autre individu. En effet, M. Ferri ayant comparé 71 1 soldats avec 699 détenus et forçats, en a trouvé sans aucune anomalie 37 0/0 parmi les premiers, et 10 0/0 parmi les derniers; trois ou quatre traits irréguliers ont été remarqués chez les soldats dans la proportion de 11 0/0, et de 33 0/0 chez les forçats; mais les premiers ne présentaient jamais un nombre plus grand d'anomalies, pendant que les forçats en avaient souvent jusqu'à six ou sept et même plus *.
Mais toutes ces observations, en supposant que l'exactitude en soit hors de doute, ne nous donnent pourtant pas le type anthropologique du criminel.
On n'a pas pu déterminer un seul signe extérieur constant qui permette de le distinguer de l'honnête homme.
Une seule chose nous paraît acquise : c'est que,
1. LOmicidio, p. 211. Turin, 1895. On a eu tort de critiquer le terme de comparaison de M. Ferri, en disant que les soldats sont les individus les plus sains et les mieux bâtis. M. Ferri s^est borné à comparer les anomalies du crâne ; or ces anomalies ne représentent que très rarement des infirmités ayant pour effet de faire refuser une recrue.
parmi les criminels^ certains caractères se retrouvent plus fréquemment dans une classe que dans Tautre. — Les assassins, par exemple, comme le dit Lombroso — . ont presque toujours « le regard froid, cristallisé, quelquefois Tœil injecté de sang, le nez souvent aquilin ou crochu, toujours volumineux, les oreilles longues, les mâchoires fortes, les zygomes espacés, les cheveux crépus, abondants, les dents canines très développées, les lèvres fines, souvent des tics nerveux et des contractions d'un seul côté de la figure qui ont pour effet de découvrir les dents canines en donnant au visage une expression de menace ou de ricanement * ».
Quelques observateurs ajoutent que les assassins diffèrent généralement des autres hommes de leur pays bien plus que ceux-ci ne diffèrent de la population d'un autre pays, que celle-ci soit même différente ethnographiquement. Ainsi les assassins du midi d'Italie seraient plus différents des soldats de ces mêmes provinces quç ces derniers ne le sont des soldats de la haute Italie, pour le diamètre frontal, l'indice frontal, le diamètre mandibulaire et le développement de la figure*.
La classe des meurtriers en général a très souvent les mêmes caractères, excepté l'immobilité de l'œil ou le vague du regard et la finesse des lèvres. Il y a dans toute cette classe une prédominance très accentuée d'arcades Bourcilières proéminentes, de zj^gomes espacés, ce qui est un caractère de certaines races inférieures comme les Malais ^, de petitesse du front* ; mais on y remarque surtout la longueur excessive de la figure par rapport au
1. Lombroso, Uomo delinquente, p. 232, 4» édit., Turin, 1889,