Reinach, Les Récidivistes, p. 126, Paris
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vidus qui se livrent invariablement aux mêmes offenses, et que la criminalité tend de plus en plus à se renfermer et à se concentrer dans un cercle défini *. »
En effet, l'accroissement des récidivistes dans une proportion plus grande que celle de la criminalité tout entière, prouve que la classe des délinquants habituels se multiplie et prospère, tandis que le reste de la population s'éloigne du crime, à mesure que la civilisation avance. Cette hypothèse s'appuie sur cette remarque que les pays les plus civilisés sont précisément ceux où là récidive est la plus grande, parce que la criminalité y est plus concentrée dans une seule classe de personnes. La Suède, l'Angleterre, la Belgique et la France offrent plus de récidives que l'Autriche et que Tltalie ; l'Italie du Nord plus que celle du Sud. Les délinquants, par l'effet du progrès de la civilisation, se différencient chaque jour d'une façon plus marquée et toujours plus dissemblable de la population, au milieu de laquelle ils vivent et à laquelle ils font la guerre, où, vainqueurs ou vaincus, ils sont toujours les spoliateurs, car, libres, ils vivent de leur butin, prisonniers, ils vivent en parasites.
Cette concentration toujours plus marquée d'une armée d'ennemis communs, devrait rendre beaucoup plus facile la lutte contre le crime. L'organisme n'est pas affecté d'un mal répandu dans toutes ses parties; les humeurs corrompues du corps ne se mêlent pas au sang; mais elles viennent former une tumeur superficielle. Le médecin devrait en être content.
La France a deviné le remède et l'a résolument appliqué dans ses lois sur la relégation perpétuelle des