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Oui, faisons de toutes nos écoles des écoles nationales, c'est-à-dire des lieux où l'enfant, à quelque foi religieuse qu'il appartienne, apprenne son catéchisme d’abord puis les splendeurs de l'histoire de son pays, et la supériorité des institutions canadiennes sur celles des autres nations: des lieux où l’on frappe son esprit et son cœur par la beauté des images glorieuses de la Patrie bien.
aimée ; des lieux où on lui enseigne à être fier d'être Canadien, comme on l'enseigne aux enfants en Angleterre, en France, en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis.
Voilà les écoles nationales que nous désirons et pas d'autres.
La seconde proposition des adversaires des écoles catholiques paraît assez juste de prime abord. Néanmoins, comme la première, elle repose sur l'énoncé d'un fait qui n'existe pas; elle est basée sur une supposition absolument fausse.
Si, en effet, dans les écoles, on faisait suivre aux élèves des cours complets d’instruction religieuse, nous n'hésiterions pas à convenir que les protestants ayant le même
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droit que les catholiques à la liberté de conscience, il serait souverainement injuste et tyrannique de forcer le méthodiste à envoyer son enfant à une école anglicane, l’anglican \ envoyer le sien dans une école baptiste, et ainsi de suite. Mais tel n'est pas le cas. La partie religieuse n'y occupe qu'une place assez restreinte et superficielle. Quelque lecture des parties non controversées de la Bible, une courte prière où il n'est question ni de la T.-S. Vierge, ni des Saints, et c'est tout. Sur un terrain ainsi déblayé, tous les enfants protestants se réunissent à
l'aise ; mais l'enfant catholique ne peut pas
les y suivre sans courir pour sa foi les plus vraves dangers dont le moindre serait l’indifférentisme.
Outre une plus grande part faite par les catholiques dans leur programme à l'enseionement religieux, l'interprétation de la Pible par l'autorité infaillible de l'Eglise, la Confession, le dogme de l'Eucharistie et le culte de Marie Immaculée sont autant d’obstacles insurmontables à ce qu'ils acceptent jamais pour leurs enfants l'instruction reli-
gieuse et les prières prescrites par les protestants dans leurs écoles primaires.
On voit donc qu'il n'y a aucune injustice pour les parents de n'importe quelle secte protestante d'être obligés d'envoyer leurs
enfants à l'école commune parce que rien dans l'enseignement religieux ne blesse une règle de foi qui leur est commune à tous.
Et si ce système leur plait précisément parce que les croyances de leurs enfants sont respectées, pourquoi refuser aux catholiques le droit d’avoir eux aussi un système qui leur garantisse les mêmes immunités ?
Mais, ajoutent les majorités tyranniques, le système séparatiste entraîne les frais d'une double administration, et avec elle un surcroit d'impôts intolérables.
Encore une fausseté, ou tout le moins une exagération des plus perverses. On s'est toujours contenté de faire sonner bien haut cette affirmation sans que jamais on ait essayé de la prouver par des chiffres et une démonstration sérieuse. Or, nous prétendons que, quelles que soient les dépenses de ce dualisme d'administration, il serait très-
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facile de les réduire au minimum par une entente commune entre les deux corps.
C'est une invitation, c'est une tentative qui n'a jamais été faite; nous le savons pertinemment.
Et puis, quelle monstrueuse doctrine que celle qui veut que l'injustice ait toutes ses franches coudées parce qu'il en coûterait trop cher de faire respecter le droit ! N'estce pas nier du coup le principe même de la société humaine, et remettre aux mains du plus fort le droit de décider quand et comment le faible sera protégé, quand et comment la loi devra suivre son cours ? D'un aûtre côté, que signifie cette hypocrite raison d'économie des fonds publics ? I] nous a toujours paru que les catholiques n'avaient jamais demandé autre chose que la gestion de leurs propres deniers, et que leur nier ce droit c'était faire mentir l’une des maximes fondamentales du droit constitutionnel anglais consacré par la Grande Charte.
Nous l'avons déjà dit : la fin que se proposent les hommes en vivant en société est de s’aider mutuellement, de se protéger les
uns les autres, et de faire régner la paix, la concorde et le bonheur par le respert des droits de chacun. Dans cette intention, les membres de la société contribuent à l'en.
tretien d'un pouvoir, d'une autorité, d'un gouvernement auquel incombe l'exécution de ces sublimes devoirs. Or, qu'est-ce qu'une dépense d'argent, si considérable qu'elle puisse être, lorsqu'il s’agit d'assurer le contentement entre les citoyens et l’harmonie entre les divers groupes de familles de tout un pays ?
Les hommes vivent en société non pour thésauriser, mais pour assurer le maintien de l'ordre qui est l’observance du droit.
Point de civilisation là où l’ordre est absent ; point de civilisation là où ne règne pas la
justice; point de civilisation là où les majo-
rités, c’est-à-dire le plus fort, tyrannisent les minorités, c'est-à-dire le plus faible.
Sans compter les agitations et les irritations de l'opinion, sans compter le malaise profond causé par la question scolaire dans tous les esprits, qui pourra jamais cal:
culer les sommes énormes d'argent qu'elle
re annee pop mn anne comen rmmene ut