‹ La crise actuelle, le Canada, république ou colonie [microforme]Chapitre 13 sur 14 · PO AR · texte numérisé non relu

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tions est meilleur chrétien, plus instruit, mieux éclairé sur ses devoirs de père de famille et de citoyen, en un mot plus civilisé que celui qui est élevé dans les institutions catholiques, il y a beau temps que le monde entier l'aurait appris.

Mais le fait reste avéré aujourd'hui que l'école catholique en Canada est pour le moins sur un pied d'égalité avec l'école protestante, et que notre système classique est supérieur au leur. Le jury de l'Exposition Universelle de Chicago n’a fait que constater la première partie de cette proposition ; quant à la seconde elle est de notoriété publique et ne souffre pas de contradiction.

On le voit, la majorité protestante n'a aucun motif quelconque de refuser à la minorité catholique le contrôle de ses écoles. Et si cette majorité persiste dans son odieuse tyrannie c'est qu'on l'a tellement fanatisée et aveuglée qu'il est devenu à peu près impossible de l'amener à une discussion calme, sérieuse et raisonnable. Elle est prise par le sentiment ; et rien n’est difficile comme de raisonner avec la haine, l'amour ou les

animosités de race ou de religion. ! Voilà pourquoi nous affirmons qu'il est impossible aujourd'hui à n'importe quel gouvernement de régler justement la question scolaire, à moins d'en faire la matière d’un amendement à l’Acte [mpérial de 1867, ce qui ne serait guère praticable, ou d'un article organique de la nouvelle Constitution, ce qui sera relativement facile. |

Chose étrange ! Il semblerait superflu de prime-abord d'énoncer dans la Constitution d'un pays britannique la proposition suivante : fout citoyen taxé pour des fins scolaires aura le contrôle de cette taxe.

Néanmoins, c'est cet axiome uilnueitnal des libertés populaires qu'il faudra inscrire dans le nouveau régime si on veut qu'il ait la vie et les promesses d'un avenir plein de

force et de grandeur.

Les protestants en Canada regardent l'annexion du pays à la République américaine comme le plus redoutable des fléaux politiques qui pourraient fondre sur nous. La presse anglaise tout entière partage ce sentiment. Ce serait, disent-ils, une déchéance

nationale, un malheur irréparable, une honte historique, et ils ont mille fois raison. Mais leur est-il jamais venu à l’idée que l’un des moyens les plus efficaces de prévenir à jamais cette catastrophe serait de traiter les catholiques avec justice ?

Le jour où ceux-ci se verront traités aussi mal que le sont leurs corréligionnaires américains, nous n’hésitons pas à dire que l'autonomie du Canada perdra son rempart le plus sûr, et le patriotisme son énergie la plus durable.

Tous les Etats-Unis sont foncièrement hostiles aux catholiques sur la question des écoles: que la Constitution canadienne décrète l'inviolabilité du droit de père de famille en matière d'éducation, et du coup l'immense minorité catholique ajoute aux raisons multiples de son allégéance politique l'argument tout puissant de ses droits religieux reconnus et sauvegardés.

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Notre tâche se termine ici pour aujourd’hui.

Dans les pages qui précèdent nous n'avons fait qu'exposer certaines considérations tirées de la situation présente du Canada.

La méthode synthétique nous a permis d'éviter le ton et les arguments d'une plaidoirie. Le grave problème dont nous proposons la solution aux hommes publics a besoin d'être étudié avec tout le calme et le sang froid possibles. Ce serait un crime de permettre aux haines sectaires ou aux préoccupations de parti d'y avoir la plus petite part. Les faits antérieurs, l'histoire, la fin de toute la société humaine, les tendances nationales du pays avec leur logique irrésistible sont les éléments nécessaires et

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absolus de la discussion ; le reste est secondaire.

Nous affirmons que la situation actuelle est pleine de périls si elle dure ; les forces économiques et sociales de la nation sont profondément troublées, et ce n’est ni le désolant palliatif du s/a/u quo, ni le rève chimérique de la Fédération Impériale qui sauveront le Canada, mais l'évolution naturelle et finale, l’évolution salutaire et féconde de ses destinées nationales.

Nous avons examiné si le pays était ou non préparé pour cette mesure suprême de son émancipation, et nous avons recherché les signes caractéristiques d’une nation ; nous en avons fait l'application au Canada.

Le système fédératif présuppose l'existence de nationalités séparées, et ce régime, qui semble être la formule des gouvernements du dix-neuvième siècle, offre toute la sécurité voulue pour le développement légitime et régulier de ses divers groupes autonomes.

Nous nous sommes demandé en outre si le Canada dans son évolution définitive cou-

rait le risque d'un bouleversement social et politique et s'il devait trouver son affranchissement dans les sanglantes péripéties d'une révolution ; nous avons tâché d'établir le contraire.

Faisant ensuite l'examen de; conditions industrielles et économiques du pays, nous avons affirmé sans crainte d'êtr> contredit que nos marchés, contrôlés par la Métropole, ne suffisent plus à l'expansion de notre pouvoir producteur. L’Angleterre nous empêche de tirer du marché américain tous les avantages naturels dont nous avons besoin de part et d’autre.

Sans la liberté de faire ses traités de commerce, le Canada ne saurait continuer longtemps encore son système protecteur qui menace ruine, ni marcher vers le libre échange qui serait le suicide à plus courte échéance.

Enfin, comment guérir le Canada du mal effrayant des dissensions religieuses qui le dévorent ? Nous avons rapidement exposé l'état de la question ; sur les principes, pas de transaction possible. Les catholiques

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