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est incontestable, et lui permet de conse ver son rôle de race prépondérante & Canada. Nous ne nous en plaignons pas.
Certes, les Canadiens de langue fra çaise ont le droit d’être fiers de leurs orig nes ; mais, Dieu merci! ils n’appartienne pas à la France moderne. Leur rôle surt continent a été assez glorieux dans le pas pour remplir toute une Histoire dont ch que chapitre est une épopée. La Providen les a sauves de ‘a Révolution de 1790 ett Bonaparte en les faisant sujets de l’Angl terre, et leur infuerce dans la Conféd tion canadienne est assez belle pour tent toutes les ambitions, assez considérable po les faire regarder comme une des unités | plus importantes du groupe national X L'uniformité de laïs'ie est nécessai dans un pays indénendeat; et par cet marque nous n'ententicus pas que tous | individus doivent y parier 1 même langu Non; de même que la prépondérance d'u race nexclut nas la co-existence d’autr unités nationales, de même la langue de majorité doit devenir celle du pays dans s
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Supposez, s'il est possible, un pays habité par des groupes de races et de langues différentes, chaque groupe étant assez fort jour se maintenir intact de tout alliage, mais rop faible pour se mettre à la tête des - utt es et devenir prépondérante : qu'arriveraitst-il ? Il arriverait tout simplement que jaMais un pays ainsi habité ne parviendrait à là grandeur, à la considération ni au rôle glorieux des peuples indépendants.
Le Canada, comme l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Australie, est un pays chrétien, dont la législation, les habitudes et les mœurs s'abreuvent largement aux vérités de l'Evangile du Christ.
… Il diffère de ces derniers par le fait que les catholiques y forment une minorité imposante. Plus nombreuse que chaque secte
protestante, prise à part, ils ne deviennent
minorité que par l'union accidentelle ou réfléchie de toutes les églises protestantes ensemble.
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Nous avons déjà vu comment les ses provinces canadiennes avaient, c en son temps, chacune suivant une de circonstances et de lieu, dévelo caractère particulier de progrès so politique. |
Ce caractère, qui donne à chaque bre de la Confédération canadienne se sionomie distincte et séparée, possède moins assez de points de contact et d semblance avec le voisin pour pr dans l’ensemble l'unité nécessaire d dances nationales.
Enfin, le Canada possède:t-1l cette territoriale nécessaire à l'existence et a veloppement d'une nation ?
Lors de la séparation violente des nies de la Nouvelle-Angleterre av Mère-Patrie, leur population n'était ; plus considérable que celle du Canac 1891; ces colonies reculèrent peu à p frontières qui les bornaient à l'Oue finirent par occuper la moitié de cette ] du Continent américain.
Le Canada en 1867 était lui aussi
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% tn les dive 1onmé sur le littoral de l'Atlantique et dans nes avaient, chacun la vallée du Saint-Laurent: lui aussi a tourné € Suivant une variéy les Yeux du côté de l'Ouest mystérieux et ir s'estavancé à pas de géant vers le Pacifide progrès social e que. L'annexion de la Colombie Britanni- & a mis le dernier sceau à la conquête de S frontières naturelles, et le Parlement Ottawa donne en ce moment des lois à un éparée, possède néan. S borné à l'Est et à l'Ouest par l'Océan, de contact et de rs aM Nord par la mer polaire et au Sud par oisin pour produir le degré de latitude qui termine au nord la é nécessaire de ter République voisine.
fait, l'Amérique Septentrionale se ssède-t-il cette unir ÆOUVE partagée en deux; au sud les Etatsl'existence et au dé au nord le Canada, on? s États-Unis, sauf le coin du Mexique, sont baignés, à l'Est, au Sud et à l'Ouest la mer; le Canada est entouré par la à l'Est, au Nord et à l'Ouest. L'’exon de la nation canadienne n'est donc cée d'aucune dispute territoriale. Il y ace en Canada pour une population de millions d'âmes, comme il y a place
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Nous avons dit que le Canada occupait en ce moment une situation économique qui devient de plus en plus réfractaire aux palliatifs imaginés par les partis parlementaires. Cette situation est le résultat naturel du développement continu du pays. Sans doute, ses institutions de crédit sont admirablement assises et administrées ; mais il nen est pas moins vrai que ses industries et son commerce deviennent gênés par le manque de marchés. Tout cela parce que le Canada n’est pas libre de faire ses traités de commerce, ni de rechercher la clientèle qui lui convient, C'est une colonie dont aucun pouvoir étranger ne saurait écouter les avances à moins qu'elles ne passent par les chancelleries de la Métropole.
On ne fait pas de contrat avec le subor-
donné, mais avec le principal. L'ordre le veut.
Ainsi, par exemple, quel est aujourd'hui l'un des principaux obstacles qui empêche le Canada d'ouvrir avec la République voisine des négociations commerciales, sinon la liberté de conclure un traité dans lequel les intérêts de la Métropole seraient forcément plus ou moins ignorés et négligés. En supposant que les deux gouvernements en arriveraient demain à une entente, il faudrait toujours que ce traité passât par le Ministère des Affaires Etrangères à Londres, où il courrait mille et une chances de moisi s'il renfermait la moindre clause qui favorisât les Etats-Unis sans s'occuper premièrement des intérêts anglais.
Or, il est très-important pour vos voisins comme pour nous d'établir sur des bases solides et permanentes l'intercourse des
deux pays; l'immense frontière qui nous sépare l'exige, non moins que le bien-être et l'avantage réciproques. Les Etats-Unis ont besoin de certains de nos produits comme le Canada trouve profitable de s’ap-
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provisionner chez eux des articles qui lui manquent.
Nous leur importons our au-delà de trois millions et demi de blé d'inde, près de dix millions de charbon, du fer fabriqué pour cinq millions et quart, du coton brut pour trois millions et un tiers, du caoutchouc pour sept ceni mille piastres, des fruits pour près trois cent mille piastres, de la laine brute et des peaux vertes pour près de deux millions et demi, et de l’huile kérosène pour près d’un demi-million.
Les importations du Canada des Etats- Unis pendant l'année 1891-92 se sont élevées à plus de vingt-neuf millions et demi d'articles payant la douane, et à plus de vingt-trois millions et deux tiers d'articles admis en franchise.
De notre côté, nous exportons chez nos voisins pour près de dix millions de bois, pour trois millions six cent mille piastres de poisson, pour plus d’un million de valeur en chevaux, pour un million de moutons, pour vingt-deux mille piastres de bestiaux, pour
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plus d'un million d'œufs, de beurre et de volailles.
L'Angleterre vient au second rang. Ses industries nous expédient des cotons fabriqués pour deux millions et demi, du fer fabriqué pour plus de quatre millions, pour un million et demi de fourrures, chapeaux et gants, pour neuf cent mille piastres de poterie, vaisselle et drogues, pour plus de sept cent mille piastres de livres, pour près de deux cent mille piastres de bière, pour plus d'un million de hardes faites, pour un million de tapis, pour huit millions et demi de draps, tweeds, flanelles, bas, vêtements, châles, etc., pour trois millions et un tiers de cuivre, étain, et lisses de chemins de fer.
Nous en tirons des produits pour une valeur de trente millions huit cent mille piastres payant la douane et de dix millions et demi admis en franchise.
Ces statistiques tirées des tables de 1892 et données en chiffres ronds suffisent pour indiquer de quei côté doit s'orienter la politique commerciale du Canada si nous voulons assurer le progrès de notre richesse nationale.
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On pourra prétendre peut-être que ce besoin de nouveaux débouchés pour le commerce canadien ne constitue pas une nécessité d'ordre public, que c'est affaire à l'industriel de mesurer sa production sur la demande de sa clientèle restreinte, et que le gouvernement ne doit pas être tenu responsable des excès de sa production. Nous croyons cette proposition fausse.
Et d'abord elle est contraire à la notion chrétienne de la société qui veut que celleci développe par de sages mesures le mouvement salutaire des richesses qui répand la nourriture et la vigueur dans tout le corps social. Mais pour assurer ce bien il ne suffit pas d'activer le pouvoir producteur, lequel, ne l'oublions jamais, est beaucoup plus important que la richesse elle-même, il faut encore le favoriser par des lois sages, le garantir au moins pour un temps de la rivalité étrangère par une législation douanière suffisante.
La chose a été faite dans le temps, il y a de cela seize ans. Personne ne doute que
sans ces privilèges particuliers les manufac-
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tures canadiennes n'eussent succombé le lendemain même de leur création, sous la concurrence ruineuse que leur auraient suscitée les fabricants étrangers. déterminés à rester maîtres du marché.
Il est aujourd'hui démontré que partout et dans tous les temps, on voit l’agriculture, le commerce et la navigation fleurir après que l'industrie a atteint un certain degré de prospérité. Les arts et les sciences, l'instruction et une certaine culture universelle atteignent rapidement le même niveau que la production matérielle, c qui est la dernière phase du développ: nt économique d'une nation.
L'histoire industrielle de tous les pays, surtout celle de l'Angleterre, prouve que la transition de l’état de barbarie à l'état pastoral, de l'état pastoral à celui de l’agriculture, et de l’état agricole au premier commencement de l'industrie manufacturière et de la navigation s'effectue rapidement par le moyen du commerce libre avec les peuples plus avancés. Mais elle enseigne avec non moins de vérité qu'une industrie manu-
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facturière ne peut atteindre une grande prospérité, qu'une marine marchande ne saurait acquérir de l'importance, et qu'un commerce avec l'étranger ne saurait prendre des proportions réellement considérables sans l'intervention de l'État.
Moins l'agriculture d'un pays est avancée plus son commerce a besoin d'échanver le surplus de ses produits bruts, avec les marchandises du dehors et plus le libre échange lui sera avantageux.
D'un autre côté, plus l’agriculture, les industries, les conditions sociales, politiques et économiques d'une nation seront parfaites moins elle tirera de profit de l'échange de ses matières brutes et du surplus de ses productions agricoles contre les marchandises étrangères. Que sera-ce si elle est obliuée de soutenir la concurrence d’un rival dont le pouvoir manufacturier sera supé-
rieur au sien ?
Elle se trouve alors retardée dans son progrès par cette concurrence d'un pays plus avancé qu’elle, et si elle ne prend pas les moyens d'établir et de protéger son
dm tir mglé sé 6 4
Propre pouvoir Manufacturier Par des restrictions Convenables, elle risque de se ruiner dans cette lutte à armes inégales.
Cependant, et nous nous EMpPressons de l'ajouter, une telle mesure de Protection ne SaUrait avoir un Caractère de Pêrmanence.
Sa durée est déterminée nécessairement par le temps qui sera nécessaire Pour que le Pouvoir Manufacturier ainsi Protégé soit assez fort pour n'avoir rien À redouter des Nations rivales.
Nous “OnVenons que Je Système de pro- Lection serait non seulement COntraire aux Principes d'économie °SMOpOltique mais ENCore À l'avantage bien COMpris d’un pays, il devait de Suite et pour toujorrs exclure [a COnCurrence étrangère et isoler Je pays ainsi Protégé de tous les autres.
Lorsque Je Pouvoir Manufacturier qu'il Sagit de Protécer est éhcore dans la pre-
Mière bDériode de son développement, les droits pr. teCteurs doivent être tres modérés,
et ne S'accroître QU'à mesure de l'augmenta- HOn du capital Matériel et intellectuel des
des resle se ruiles.
Ssons de ection ne nanence, ment par r que le égé soit iter des
de proire aux e, mais n Pays, xclure € Pays
capacités techniques et de l'esprit d'entreprise des particuliers.
Il n'est pas non plus nécessaire de protéver toutes les branches d'industrie au même degré. Les plus importantes seules doivent attirer la sollicitude de l'État, telles sont, par exemple, celles dont l'exploitation exige des frais considérables en édifices, gestion, machines, connaissances techniques, habileté, expérience et main-d'œuvre, et dont les produits appartiennent à la catévorie des choses nécessaires à la vie. Elles sont doublement importantes et quant à leur valeur totale et quant au point de vue de l'importance du pays; à cette classe appartiennent les manufactures de coton et de laine.
Si ces branches principales de l'industrie reçoivent une protection et un développemeut suffisants, vous ne tarderez pas à voir se grouper autour toutes les autres branches moins importantes avec un degré moindre de protection.
C'est faire une grave erreur et ignorer la nature même des conditions économiques nationales que de croire qu'un pays peut
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promouvoir sa prospérité, sa civilisation, et son progrès social autant par l'échange de ses produits agricoles contre des marchandises fabriquées à l'extérieur que par l'établissement d'un pouvoir manufacturier dans son propre sein.
Une nation agricole n'a jamais pu développer au-d ‘à d'une certaine limite son commerce, ses moyens de communications intérieures, sa navigntion extérieure, sa population, non plus que ses progrès sociaux et politiques et ses influence au dehors.
Elle est inférieure à un État qui est agricole et manufacturier tout ensemble. Elle dépend en effet plus ou moins dans ses intérêts économiques et politiques du pays
qui lui échange ses produits manufacturiers contre ceux de son agriculture ; elle ne saurait calculer la quantité à produire ; elle doit attendre et voir ce qu'on lui achètera. Au contraire, l'État agricole et manufacturier produit pour lui-même de grandes quantités de matières brutes et de provisions et s'adresse pour ce qui lui manque aux nations purement agricoles. D'où il suit
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