‹ La Crise anglaiseChapitre 3 sur 13 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Depuis une vingtaine d'années, l'Angleterre a vu s'accumuler devant elle des difficultés que pendant plus de trois quarts de siècle elle avait ignorées. Elle sent lui échapper la suprématie économique et la suprématie politique qui, au cours du dernier siècle, ont fait sa fortune, sa puissance et son orgueil. Des empires nouveaux : l'Allemagne, les Etats Unis, dans un avenir plus éloigné, la Russie, lui disputent ou s'apprêtent à lui disputer bientôt cette position prééminente dont elle était si fière, et dont elle se croyait assurée à jamais. Hier encore, les nations rivales la courtisaient, redoutaient de lui déplaire, se courbaient sous sa volonté; aujourd'hui, il en est qui la traitent déjà d'égale à égale, et ne craignent pas de lui faire entendre des menaces déguisées. Elle appréhende le moment où elle devra à son tour, abandonnant son hautain isolement, se mettre en quête d'alliances, faire plier sa superbe pour sauvegarder ses intérêts. Les peuples, comme les individus, se résignent difficilement à descendre. Moins que tout autre, le peuple anglais est préparé à accepter, sans essayer au moins une résistance, la réalisation d'événements — peut-être inélue tables, — mais assurément cruels pour son

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