INTRODUCTION IX
formule, la devise des néo-réformateurs douaniers. L'abandon du libre échange doit avoir surtout pour but l'édification d'un a Empire britannique » solidement uni par des liens d'intérêt, autant que par des liens de sentiment, un Empire auquel son étendue, la diversité des climats sous lesquels il s'étend, l'importance de sa population, permettront d'acquérir une indépendance économique telle qu'il pourra sans danger s'isoler des autres nations, auxquelles sa puissance lui permettra d'imposer en tout et partout sa volonté: « Un Empire qu'aucun empire dans le moude ne pourra jamais surpasser en grandeur, en population, en richesse ou en diversité de ressources (1) ». Le peuple anglais hésite à se lancer dans une pareille aventure. La plupart de ses hommes d'Etat, ceux surtout qui ont pendant de longues années supporté le poids des affaires, veillé sur l'honneur et la sécurité du vieux et grand royaume, lui conseillent de repousser des rêves chimériques qui ne lui causeront vraisemblablement que des déboires et des regrets. 11 n'est pas sûr qu'ils soient écoutés.
(1) J. Chamberlain, à Londres, 31 mars 1897.