‹ La crise comedie en quatre partiesChapitre 6 sur 48 · I" PARTIE, SCÈNE III · texte numérisé non relu

I" PARTIE, SCÈNE III

JULIETTE , près du docteur * •

Comment donc ! mais que vous êtes rare, docleur, dites-moi ! vous me faites l’effet d’une vision !

DESSOLES , toujours debout, mais sans quitter le bureau*

Veuillez m’excuser, madame ! mais par état, je me dois d’abord aux malheureux.

JULIETTE, amèrement , et passant à gauche , devant le bureau *.

Ah! aux malheureux... et nous, nous avons quarante mille Ifvres de rente... c’est juste! nous sommes nécessairement au comble des félicités !...

DE MARSAN, regardant Dessoles arec intention.

Ilem ! hem !

DESSOLES

Hem!... Madame, j’ai lu, il esl vrai, dans les anciens que la fortune ne faisait pas le bonheur ! mais nous avons changé cela...

Permettez ! (il se rassied et griffonne assidûment.)

DE MARSAN

Vous voilà avec votre chapeau, ma chère... est-ce que vous sortez si matin ?

Il se peut. — Et... est-ce que vous êtes somnambule, vous, monsieur, entre autres privilèges gracieux?

DE MARSAN

Somnambule? Et pourquoi diantre!

JULIETTE

Parce que — diantre ! j’ai entendu toute la nuit un bruit de pas pesants dans votre chambre. On aurait dit un manège.

DE MARSAN

Ah ! oui, c’est que je ne pouvais dormir... et je me suis promené un peu de long en large.

JULIETTE

Un peu !... pendant trois heures !... vous ne pouviez dormir, et vous avez jugé équitable de m’empêcher de dormir, moi, par la même occasion... Au reste, c’est votre droit, et l’on n’est pas

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