‹ La crise; comédie en trois actesChapitre 5 sur 68 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

aux affaires de l'Etat!... (Frappant sur l'épaule de Pierron.) Regardez ça, Monsieur mon futur gendre!... Voilà où arrivent les hommes sérieux, les travailleurs!... J'en suis un, moi-même, du reste : autrement, je n'aurais pas gagné six millions à Roubaix! Je n'ai voulu donner mes filles qu'à des gaillards qui piocheraient, qui parviendraient!... Vous êtes le secrétaire de Bernier, vous l'avez vu à l'œuvre. Maintenant, vous savez comment on fait. Avec du travail, de l'honnêteté... un grain de roublardise...

GENEVIÈVE, embrassant Angèle en sautant de joie. Tu vas faire porter tes lettres par des cuirassiers !

THIBOURDIAUX, embrassant aussi Angèle.

Ecoutez, on a beau ne pas être vaniteux... (Montrant Angèle.) mais quand on a fait sauter ça sur ses genoux, et que dans trois jours ça va peut-être loger quai d'Orsay ou place Vendôme!... (Embrassan Angèle de nouveau.) Amour, va!

ANGÈLE

Allons, papa, si tu savais ce que c'est peu parisien, l'attendrissement!

THIBOURDIAUX, avec une bonne humeur bruyante.

Et puis, tu as raison, toi... Les émotions ne valent rien pour ma santé. (Il sort une boîte de sa poche et en tire un cachet pharmaceutique. Geneviève lui apporte un verre d'eau. Il y trempe un cachet et l'avale.) Ça me fait même penser, maintenant que je suis fixé sur l'heureuse issue, que j'ai un rendez-vous chez mon médecin, cette après-midi...

GENEVIÈVE, souriant.

Malade imaginaire !

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