INTRODUCTION
I Parmi les matières premières, le coton occupe une place importante. La puissance des industries qui utilisent cette fibre, l'ampleur de ses débouchés, expliquent que ses vicissitudes propres aient des répercussions considérables sur l’activité de tous les pays.
Il est donc intéressant, dans les circonstances actuelles, d'essayer d'analyser les causes du développement passé de l'industrie cotonnière, d’étudier la situation présente et d’en dégager les facteurs déterminants de l’avenir.
Le coton étant un produit agricole, non ou fort peu utihisable sans transformation, doit, avant d'arriver au consommateur, passer par l’intermédiaire des opérations mul- Liples de la filature et du tissage. Il s'ensuit, qu'aux difficultés particulières à la production, s'ajoutent celles provenant de l’organisation industrielle.
La production et la transformation sont tellement liées, qu'il est indispensable de les étudier toutes deux, pour comprendre les maux dont chacune souffre.
Le véritable essor de l’industrie du coton date du début du xixe siècle. Nous aurons l’occasion de voir suivant quel rythme rapide s’opéra ce développement et la difficulté, pendant de longues années, de pourvoir, en matière première, les machines nouvelles.
Ce léger décalage entre la transformation et la produc-
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Lion, joint à la nature de ce produit agricole, subissant profondément l'influence des intempéries, expliquent l’inquiétude constante des industriels pour leur approvisionnement et l'habitude des pronostics sur la récolte future, ce qui devait infailliblement conduire à la spéculation.
La spéculation se retrouve en effet, à chaque instant, dans l’étude que nous envisageons, à tel point, qu'il est permis parfois de se demander si le coton est véritablement considéré par beaucoup comme une matière première ou comme une mise de Jeu.
La situation est encore intéressante à étudier en raison de certains facteurs qui, bien que ne lui étant pas propres, se présentent ici avec une netteté saisissante (tel est le cas de l’évolution des marchés d'Orient).
L'intervention des pouvoirs publics n’a pas manqué de se s'exercer dans le domaine de la production du coton fibre, et dans les directions les plus diverses, soit pour diminuer ou augmenter l’acréage des terres plantées, soit pour faire des essais de valorisation dans les circonstances les plus curieuses, montrant une fois de plus la vanité des leçons de l’histoire, même de l’histoire proche.
En résumé, nous croyons que si le coton est un des produits les plus touchés par la crise actuelle, cela tient au fait qu'il est un de ceux qui ont le moins obéi à la saine loi de l'offre et de la demande. C’est pourquoi, dans ce qui va suivre, nous nous efforcerons surtout de rechercher les causes permanentes de la crise cotonnière, passant assez rapidement sur les circonstances exceptionnelles de la situation présente, en nous affranchissant de cet optimisme incompréhensible (à moins d’y voir l’optimisme du Joueur) qui règne dans les milieux cotonniers.
C'est dans ce même esprit que nous croyons utile de con-