CHAPITRE III
EVOLUTION ET TRANSFORMATION DE LA SITUATION COTONNIERE de 1914 à 1918
La crise cotonnière actuelle dont nous étudierons lévolution, commenca de se manifester en 1927. C'est à cette date qu'après avoir atteint son point culminant, la consommation s'orienta vers la baisse.
Ne croyant pas devoir regarder la crise cotonnière comme un cas particulier et une conséquence de la crise générale, mais considérant qu’en dehors de la sous-consommation imputable aux restrictions qui résultent de cette dépression mondiale, il existe des causes propres à l’organisation €cotonnière, nous essaierons d’étudier dès à présent l’évolution de cette organisation pour en rechercher les défauts.
Nous nous bornerons d’ailleurs dans ce chapitre à n’observer que les faits que nous tenterons d'analyser plus tard.
Section I. — La période 1914-1918.
L'industrie des pays neufs!.
Ralentissement et déplacement géographique de la con-
sommation suivis d’un déplacement géographique de la
1, Nous donnerons dans ce chapitre les principaux chiffres utiles, de facon à décharger le texte dans la partie traitant de l'étude des causes de Ia crise.
production industrielle, telles sont les caractéristiques de la période de guerre.
La récolte de 1914 atteignait un volume qui n'avait Jamais été approché; la crise des prix qui en résultait, les circonstances exceptionnelles de la guerre, furent le point de départ d’une réduction de la culture qui ramène à 20.948.000 balles la récolte de 1919, soit une diminution de 18 % sur la moyenne des cinq dernières années d’avantguerre.
D'autre part, les grands marchés de cotonnade d'Orient sont en partie abandonnés par leur principal pourvoyeur, le Lancashire, occupé par le marché intérieur et les fournitures aux armées. Les frais de transport et l'assurance alors énormes, rendaient d’ailleurs ses produits prohibitifs.
L'occasion était belle pour l’industrie cotonnière japonaise qui avait établi ses premières manufactures en 1881 et dont le développement commençait à prendre quelque ampleur. Le Japon commença par importer un grand nombre de machines des Etats-Unis et ce qui donna encore plus d’impulsion à la production textile, ce fut l’invention d’un métier automatique produisant 15 % de plus que le métier le plus rapide.
Il n’y a pas de doute que, sans la guerre, l’industrie japonaise eut progressé, mais sur un rythme beaucoup plus lent.
Un fait permet de mieux se rendre compte de l’invraisemblable concours de circonstances qui favorisa cet essor et des habitudes commerciales japonaises qui sont encore celles d'aujourd'hui. Au début des hostilités, les industriels japonais achetèrent des quantités massives de coton et
l'augmentation que subirent les cours de cette matière
première, leur procura des bénéfices beaucoup plus considérables que ne leur auraient donné les filatures ou les Lissages. Ces bénéfices furent employés à la création d’une grosse industrie, comme le seront plus tard une partie importante des bénéfices résultant du « boom » qui prit fin en 1927.
Dans les autres pays industriels d'Asie, le développement, durant cette période, est moins net, surtout au point de vue outillage.
Voici quelques chiffres qui permettent de mesurer l’amphtude des modifications créées par la guerre en Extrême-
Orient!
Japon | Chine Inde 1910 1914 1919 11910 1914 1919 1910 1914 1919 Consommat.
en mil]. balles tresse 881 1.554 1.694 400. 1H M OSON NIMES ASE UEG Broches (mil- NOESIS PRE IMAC TR ATARI MO CO 0162690 Métiers (mil- Mers) ee 10 25 38 4 5 D 83 104 11G
Pourcentage des importations anglaises et japonaises sur les marchés d'Extrême-Orient.
Marché Inde Chine Indes Néerlandaises Fourni par Gde-Brelagne Japon|Gde-Bretagne Japon!Gde-Bretagne Japon LIL 97296 1895 50% 33% 45% LA 920 87% 10, | DTA 57% 36 19,
Ces chiffres donnent nettement une idée de la différence de politique des industriels japonais et de celle de la Chine et de l'Inde, développement de l'outillage et de la puissance de production d’une part et utilisation du matériel existant de l’autre.
Nous verrons que ce progrès des industries cotonnières d’Extrême-Orient est loin de se ralentir à la fin de la guerre,
1. Nepas établir d'après ces chiffres des comparaisons entre ces trois pays,
en raison des différences de l’outillage est des modes d'établissement des statistiques,
mais 1} était intéressant de voir le rôle catalytique des événements de 1914-1918 dans une évolution qui pourrait
paraître invraisemblable.
Section II. — L'’après-guerre. Les prodromes de la crise. $ 1. — La Production.
La moyenne de cinq récoltes de 1910 à 1914 était de 29.640.000 balles, la récolte de 1918-19 était de 20.948.000 balles seulement', Depuis cette époque, la production croît régulièrement jusqu’à atteindre en 1927, le chiffre de 34.685.000 balles soit une augmentation de 17 % sur la base 1910-1914, mais il est préférable de tenir compte des
récoltes moyennes quinquennales.
LOT OMR 25.640.000 balles. Indice : 100 LOISIR Re 4.349.000 — — 95 LRO AR PE. 22.322.000 — — 87