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LA QUESTION DE L'OUTILLAGE

Section I. — Le développement de la capacité productrice.

Nous avons vu que l’industrie cotonnière porte en ellemême un élément dangereux, savoir :

La séparation de l’industrie du tissage de celle de la filature. Or, il existait avant guerre une tendance à produire trop peu de coton filé par rapport aux besoins du tissage.

Ce phénomène s'explique par le fait que le tissage exige moins de capitaux et d’habileté professionnelle. Les pays neufs à cette industre textile importent généralement le coton filé nécessaire au tissage, mais finissent par créer leurs propres filatures, n’achetant plus ou peu aux pays exportateurs lesquels trouvent des difficultés toujours plus considérables à écouler leurs stocks. Mais plutôt que de sacrifier une industrie fonctionnant bien, la tendance toute naturelle pour ces derniers pays est d'augmenter la production du tissage pour absorber le filé en excès, donc, en définitive, un accroissement général de l'outillage se produit.

Le tableau de la PI VI et le graphique sont très nets à ce propos. On y voit, d’une part, que le progrès est plus rapide, pour l'outillage équipant les filatures dans les pays

où l’évolution de l’industrie cotonnière n’est pas terminée,

Jacob. À

comme cela est le cas pour les Etats-Unis et l’Amérique latine, et d’autre part, l’accroissement plus rapide du nombre des métiers dans les pays exportateurs de filé avant guerre (Japon, Inde, Grande-Bretagne).

Le graphique de l’outillage mondial (PL. VIT) montre l'existence d’un léger décalage entre la courbe «broches » et la courbe « métiers », ce qui ferait croire à une aggravabon de la tendance à l'insuffisance de filés, mais il ne faut pas oublier que la productivité de tout l'outillage a varié depuis 1910 et quoiqu'il soit impossible d’avoir des renseignements exacts sur la productivité des tissages, il est fort probable que celle-ci est inférieure à celle des filatures en raison du perfectionnement très rapide des broches. Ceci, d’ailleurs, n’est vrai que pour l’ensemble de l’outillage mondial, car des progrès énormes ont été réalisés par l’invention de métiers mécauiques très perfectionnés au Japon.

Aussi, semble-t-1l, que l’antagonisme entre filature et tissage soit actuellement peu important, d'autant plus que les statistiques montrent que 90 % du coton filé est tissé dans le pays producteur, il se produit donc un équilibre national.

Ce qu’il faut retenir, c’est que cette situation d’équilibre national et mondial a été obtenue, non pas par une réduction de l'outillage trop abondant, mais par augmentation de l’outillage déficient, équilibre indépendant de la demande des consommateurs.

Les variations des deux outillages étant presque toujours de même sens, on pourra, dans ce qui va suivre, ne considérer que la moyenne des courbes des broches et des

métiers qu’on appellera la courbe de l'outillage.

VARIATION DES INDICES DES BROCHES ET METIERS AU JAPON ET AUX ETATS-UNIS (Indice — 100 pour les nombres exprimant les existants en 1910)

Lo.

EE

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