‹ La Crise CotonnièreChapitre 24 sur 53 · I. — LA GRANDE-BRETAGNE · texte numérisé non relu

I. — LA GRANDE-BRETAGNE

Nous voulons simplement donner ici quelques chiffres qui permettent de se rendre compte de la situation de l’industrie cotonnière anglaise, celle-ci avant donné lieu à de nombreuses études.

En raison de l’étroitesse relative du marché intérieur et du développement considérable de la consommation des usines, la question de lexportation des produits manufacturés est vitale. L'examen des courbes de consommation et d'exportation montre le parallélisme presque parfait qui existe entre elles. Le tableau suivant mdique l'importance de la diminution des exploitations et permet de mesurer l’anciennelté et l'étendue du mal dont

souffre le Lancashire.

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Comparées à la moyenne de 1909-13, les exportations de tissus étaient déjà en 1920 réduites de 30% et celles de filés de 23%. Cette réduction continue à se produire régulièrement. En 1930, les exportations ont baissé de Gage pour les tissus et 38% pour les filés, il est vrai, qu’en valeur, la chute est un peu plus faible (de 35% et 4%). Le mouvement de régression est dû, en grande partie, à la perte des marchés d'Extrême-Orient (en 1920, 60% de la diminution des exportations de tissus étaient déjà imputables au développement. des industries d'Asie), mais il semble que la chute accélérée de ces dernières années, depuis 1928, soit le résultat de cette cause jointe à la dépression générale des affaires.

Le même tableau montre l’insuffisance de la réduction de l’outillage, réduction qui s’amorça en 1929 seulement.

Tributaire de pays étrangers lointains, aussi bien pour son ravitaillement en matières premières, que pour lo vente de ses produits, la Grande-Bretagne n’a donc pu conserver à son industrie cotonnière son ancienne prospérité. Quelques erreurs et l’intransigeance des « Trade- Unions » ont aggravé encore le mal. Alors que l'Angleterre fournissait aux pays neufs l’outillage nécessaire à la marche de leurs filatures, ce qu’elle ne pouvait se dispenser de faire, de crainte de voir ces pays s’équiper ailleurs, les industriels anglais ont commis la faute de négliger de renouveler et de perfectionner leur outillage, faute excusable, en partie, en raison des difficultés subies depuis la guerre et de l’incompréhension totale de la situation dont ont fait preuve les dirigeants des « Trade-Unions ». Le contrat de travail passé en 1919 pour le Lancashire expirait seulement le 31 décembre 1931, il fut impossible durant cette période d’obtenir des modifications et d’adapter

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les conditions de travail aux situations nouvelles. Le seul remède était une réduction des prix de revient, surtout pour les cotonnades à bon marché; les initiatives nationales ayant pour but de rechercher un rendement plus élevé de l'outillage par l’emploi de machines plus perfectionnées se heurtèrent toujours à l'opposition ouvrière réclamant une hausse des salaires parallèle à la productivité, hausse qui eut purement et simplement annihilé les avantages de la transformation.

C'est seulement après l'abandon du dernier contrat de travail que quelques accords ont pu intervenir concernant diverses réductions de salaires et en décembre 1932, une augmentation de capacité de travail. Jusqu'à cette date, un seul ouvrier conduisait 4 métiers à tisser, alors qu’au Japon, un ouvrier en conduit 6 et même parfois plus; lPaccord se fit pour 6 métiers, d’où, il résulta une augmentation de 50% de la capacité de travail. Get accord, loin d’accroître le chômage, a permis à plusieurs manufactures, qui avaient dû fermer, par suite du coût trop élevé de leurs prix de revient, de rouvrir leurs portes.

Le résumé de tout ceci, c’est que l’industrie anglaise occupe une place à part et qu’elle est la principale victime de la transformation des marchés d’Extrême-Orient.

Section II. — Les Etats-Unis

Les pays d'Europe continentale, ainsi que nous l’avons vu, ont développé leurs industries textiles poussés par les circonstances de l’après-guerre, et trouvent sur le marché national ou colonial les débouchés pour leurs produits. Ces industries fonctionnèrent régulièrement jusqu’en 1919 et ne sentirent quelques difficultés que lorsque les restric-

tions résultant de la crise générale s’accentuèrent. Donc,

bien qu'ayant provoqué un accroissement de la production mondiale, elles ne paraissent pas en avoir subi les conséquences directes.

Les Etats-Unis semblent se trouver dans une situation se rapprochant beaucoup de celle de ces pays européens, mais ils ont ressenti pourtant avant eux, quelques malaises, qui semblent dus surtout à un excès d'outillage.

L'industrie cotonnière américaine travaille à peu près exclusivement pour le marché intérieur, les exportations n’atteignant pas plus de 15% de la production. Indépendante pour son approvisionnement, comme pour ses ventes, elle est donc admirablement bien placée; pourtant dès 1924, on voit le nombre de broches décroître, et dès 1926, celui des métiers. En 1927, la consommation s'oriente vers la baisse, mais très lentement. Cet effort des industriels américains pour mettre l’outillage en concordance avec les besoins, bien qu'insuffisant, a néanmoins réussi à éviter de grosses difficultés et 1l est dommage que le même courage ne se soit pas manifesté chez les planteurs.

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