‹ La Crise CotonnièreChapitre 35 sur 53 · Chiffres de la Fédération cotonnière · texte numérisé non relu

Chiffres de la Fédération cotonnière

aux pays exportateurs de coton brut aux Etats-Unis, à l'Egypte et à l’Inde; le pourcentage de la réduction étant d'autant plus élevé que la fraction des récoltes utilisée sur place est plus faible. L'Egypte, qui exporte la quasi-totalité du coton qu'elle produit, ensemence en 193? une superficie inférieure de 40 % à celle consacrée au coton en 1929. Les Etats-Unis, qui utilisent environ 50 de leurs récoltes, diminuent, pendant la même période, leur acréage de 20 %. Enfin, l’Inde, qui consomme, elle aussi, environ la moitié de sa production cotonnière, est contrainte à la réduction, mais dans une proportion moindre (11 %), ses débouchés ne se trouvant pas fermés en raison de la résistance des industries cotonnières de la Chine et du Japon.

L’acréage mondial, malgré ces réductions, ne marque pas un recul bien important, en raison de la politique d’extension des cultures dans certains pays. Ceci nous amène à dire quelques mots de la position nouvelle occupée par la Russie comme producteur de coton.

On attache, du moins on attachait jusqu’à ces dernières années, bien peu d'importance à l’U. R. $. $., considérée comme producteur de matière première où comme Industriel. Ceci semble étrange si l’on tient compte de la rapidité

des progrès accomplis en quelques années.

Acréag. (en 1.000 acres) ..... 1.580 2.100 2.608 3.911 5.346 5.800

Produrtion (en 1.000 balles de

LABS) ARR nca S91 PEINE SOI S IR 000 Importations de coton brut... 872 600 263 — — — Exportations de coton brut... (D Ë 47 - —

De 1929 à 1933, l’acréage double, et la production suit,

mais plus lentement en raison du rendement plus faible

des terres nouvelles. La Russie, qui occupait en 1929, la cinquième place comme producteur de coton passe en 1932 à la troisième, avant la Chine et l'Egypte.

La politique cotonnière du gouvernement consiste actuellement à développer parallèlement la culture et l’industrie, et, en raison des difficultés de transport, à installer une partiedes nouvelles usines, à proximité de la ma- Lière première. La deuxième période quinquennale prévoit

la fabrication des cotonnades :

ÉD er CN 3.061.500.000 mètres EN tlOD PEN ENT 6.900.000.000 —

soit une augmentation de 112%. Si le but actuellement visé par le gouvernement de l’U. R. S. $S. était atteint, la production de coton brut serait doublée en 1938.

Aüïnsi, il apparaîtque malgré la baisse des coursdu coton, baisse pourtant considérable, la tendance à une régression des ensemencements est extrêmement faible. Amorcée en 1932, légèrement accentuée en 1933, elle est nettement insuffisante et il est à craindre que le moindre signe de hausse des prix ne ramène l’acréage mondial à ce qu'il était en 1929. Un fait qui vient confirmer cette crainte, c’est l'attitude des planteurs américains lors de la hausse factice des matières premières, créée par l’annonce d’une dévalorisation prochaine du dollar. Espérant que le «bill d'aide à l’agriculture prévoyant une limitation de l’acré-

1. Le gouvernement soviétique est déjà contraint de modifier sa politique

La superficie fixée pour les ensemencements de coton de 1933-34 a été de 5.108.000 acres, En 1932-33, les terres ensemencées réellement représentaient d’après une deuxième évaluation 5.367.000 acres. Il a y donc recul. Ce recul serait dû à la baisse du rendement que le gouvernement cherche à relever et espère obtenir cette année un accroissement de 15% (et compte sur une augmentation de 75 % du rendement des terres de la Moyenne-Asie durant la 2e période quinquennale). Evidemment, les prévisions établies pour la production de tissus de coton a été modifiée et le chiffre de 3.061.500 .000 que nous indiquons remplacé par celui de 2.750 .000 .000.

age, ne rentreral pas en vigueur en 1933, des dispositions furent prises en vuede l’augmentation des ensemencements de coton. Cette mentalité nous paraît d'autant plus désastreuse que nous pensons que le seul remède à la crise cotonnière réside dans une politique sévère de réduc-

Lion de la production de la matière première, Section II. -— Les Prix

L'examen du marché du coton fait précédemment nous a permis de déceler des prix en baisse depuis 1924, baisse atteignant 32 % en 1928 et complètement indépendante d’un mouvement général des prix des matières premières.

Il est pratiquement impossible de déterminer le moment exact où les causes génératrices de la dépression mondiale commencèrent à agir sur les cours du coton. Alors que pour les matières premières à production régulière (les métaux par exemple) un décrochement rapide de la courbe des prix est une indication suffisante, ce peut être pour le coton aussi bien le fait d’une modification importante de l’offre présente ou prévue. Dès juillet 1929, nous voyons les prix décroître rapidement (en décembre, la baisse est de 10 % pour le «fully-middling » et 18% pour le « Sakellaridis »), mais la récolte 1929-30 s’annonçant excellente, on peut attribuer à ce fait une partie ou la totalité de la baisse.

Quoi qu'il en soit, le mouvement s’accentue fortement pendant l’année 1930 qui enregistre une chute de 41 % des cours du « fully-middhng » et de 50 % des cours du «sakellaridis ».

L'année 1931 consacre cette baisse et l’accentue encore peut-être en raison de l'abondance de la récolte 1931-32, mais cette nouvelle baisse persiste au cours de l’année 1952,

avec une remontée sans lendemain aux mois de Juillet et

Ve tÙ

août, conséquence de faux renseignements sur la récolte 1933, et qui était d’ailleurs hors de proportion avec des prévisions mêmes exactes.

Au début de 1933, le marché reste plat, les prix se maintenant sans changement. En mars,la crainte ou l'espoir d’une dévalorisation du dollar provoque une légère hausse, conséquence des approvisionnements cor stitués par les industriels.

Nous croyons utile de donner un tableau des cours durant ces dernières années; il est facile d’y lire l’histoire des évé-

nements qui ont affecté le textile dont nous nous occupons.

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