‹ La Crise CotonnièreChapitre 48 sur 53 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La conclusion de cette étude résultant naturellement de ce qui précède, sera très brève. Les tentatives diverses ayant pour but d'améliorer la situation cotonnière ont été très rapidement passées en revue, une analyse plus approfondie étant inutile pour faire ressortir clairement l’impossibilité d’agir sur l’état actuel du marché par des mesures autoritaires isolées.

La seule solution interventionniste possible consisterait donc en une action combinée de tous les pays intéressés au problème du coton. Mais de ce côté encore, toute tentative est vouée à un échec certain. De nombreux exemples récents ont prouvé la vanité de toutes les Conférences économiques mondiales. Un nouvel essai dans ce domaine servirait uniquement les intérêts des spéculateurs.

Nous en sommes à une situation qui ne comporte que des stocks excessivement réduits chez le consommateur. Cette situation ne se retournera que le jour où la conviction qu'on a touché le fond sera partagée par les acheteurs et où l’activité économique reprendra. Tous les efforts faits pour modifier artificiellement cette atmosphère sont appelés à échouer et c’est ce qui explique que toutes les conférences qui se sont réunies pour réglementer la production n’ont pas réussi à enrayer le mouvement de baisse.

De plus la politique égoïste des Etats-Unis rendrait de toute façon une entente sérieuse impossible.

En attendant le retour de conditions meilleures, permettant une action internationale, la seule solution semble donc être de laisser jouer le plus librement possible les lois naturelles et d’éviter les ingérences malheureuses de l'Etat dans le domaine économique et financier, ingérences qui entraînent des conséquences désastreuses et favorisent l’infiltration progressive des théories socialistes. La nonintervention n’est pas la solution du moindre effort, mais la plus conforme à la nature humaine. « Que l’on ne se lance pas, écrit M. C. Colson dans la conclusion de son Cours d'Economie Polilique, dans les réformes et les révotions sociales avant d’avoir de sérieuses raisons d’en attendre une amélioration sensible du sort des hommes; que l’on ne considère pas cette amélioration comme assurée par l'application de procédés supposant une transformation de la nature humaine, dont on ne voit poindre aucun symptôme. »

Que les pouvoirs publics des pays producteurs cherchent à améliorer les qualités de leur coton, essaient d’accroitre leurs débouchés par des applications industrielles nouvelles, éclairent le planteur sur la situation exacte du marché mondial, voilà à quoi sembledevoir se borner actuellement leur rôle.

Le jour où la situation générale éclaircie permettra de mieux connaître la position et les possibilités du coton, alors seulement pourront être modifiées certaines conditions défavorables accompagnant la circulation de ce produit; c’est alors que nous paraît souhaitable la constitution d’une réserve de coton dont le but serait d’éviter les fluctuations brusques et inexplicables des cours qui, amenant parfois de gros bénéfices, laissent dans les esprits l’espoir d’un retour et force les cultures pendant de longues

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