COURBE DE LONGUE DURÉE DE3 INDICES LOGARITHMIQUES
Pente de la courbe : 0,01531 Raison de la progression : 1.036
Valeurs extrêmes des indices : 64,25 et 121,20.
bien d’ailleurs ce qu’on observe en période normale, mais si, pour une raison ou une autre, des fluctuations de cours surviennent, ce mécanisme peut se trouver faussé,
En effet, à côté de la consommation réelle, correspondant à des besoins individuels, il faut tenir compte de la consommation spéculative. Quand les prix sont en hausse, comme cela est le cas dans la période étudiée et pour une cause que nous rechercherons, la consommation spécula- Live croit, entraînant une augmentation de prix qui accentue encore à son tour la demande spéculative. Cette hausse se poursuit ainsi Jusqu'au moment où la production ou les stocks en usines sont nettement trop en avance sur la consommation individuelle. Une nouvelle période s'ouvre alors pendant laquelle 11 faut résorber les stocks.
Or, pendant la période 1895-1914, nous ne croyons pas que la hausse des prix soit due uniquement à l’accroissement de la consommation réelle, mais bien plutôt à la politique d’union des producteurs poussant le cours vers la hausse et entraînant, par contrecoup, la demande spéculative des filatures.
C’est en effet, au début du siècle que les planteurs cotonniers se chargent de provoquer eux-mêmes la hausse. Des associations se sont constituées comme la «€ Fermars Educational and Cooperative Union » (en 1902) et la « Southern Cotton Association » qui réunissent très rapidement près de 3 millions et demi d’adhérents. Ces associations délibèrent sur la question des prix et favorisent la création d’entrepôts de coton, mais leurs résultats eussent été sûrement moins nets sans l’amplification due, d’une part, aux éléments précédemment analysés et, d'autre part, à la hausse générale des prix et à l’augmentation de la
consommation individuelle, quoique ce dernier facteur
soit resté bien faible, comme le prouvera l’étude rapide de
la situation de l’industrie cotonnière.
Section III. — La situation de l'inlustrie cotonnière.
Devant l’augmentation des cours du coton brut, les industriels, aussi étrange que cela puisse paraître, ne peuvent élever leurs prix de vente. Ils se trouvent dans une situation exceptionnelle, alors que les métallurgistes élèvent les leurs de 30 à 40 %,, les prix des tissus et filés restent à peu près stationnaires. On est bien obligé donc de conclure que la demande était loin d’être ferme.
En 1912, sur 140 usines du Lancashire, 34 n’ont distribué aucun dividende à leurs actionnaires. Certains Industriels pensent que le moyen de lutter contre les inconvénients de la spéculation est de se couvrir au fur et à mesure des marchés de fournitures qu'ils font, mais cela ne permet aucun bénéfice, alors qu'au contraire, 1ls gagneraient beaucoup à acheter le coton brut à des prix inférieurs à ceux pratiqués à l’époque où ils passeront leurs marchés de vente de filés. À ce propos, citons le passage suivant de l’article de M. Deschamps!, qui permet de se rendre un compte exact de la situation.
«Le filateur, qui, évitant toute spéculation et même tout négoce, se serait fait une loi de ne pas s’approvisionner de coton sans vente correspondante et de ne pas vendre de filés sans se couvrir aussitôt, ne demandant de bénéfice qu’à son industrie, ce filateur aurait pendant les vingt dernières années, gagné annuellemert un peu moins de 2 centimes au kilogramme, c’est-à-dire une somme dérisoire qui ne permettrait même pas de reconstituer le matériel.