A M. GUIZOT
tractés envers le Sultan et qui devaient assurer la paix future. Placées entre cette alternative et profondément convaincues de la nécessité pressante d’une prompte décision qifi correspondît aux intérêts importants en jeu, les quatre Cours ont regardé comme un devoir de se prononcer pour la dernière de ces deux alternatives. Elles ont par conséquent conclu une convention avec le Sultan , afin de résoudre d’une manière satisfaisante les complications qui existent actuellement dans le Levant.
«En signant cette convention , les quatre Cours ne pouvaient que sentir le regret le plus vif de se trouver momentanément séparées de la France dans une affaire si essentiellement européenne ; mais ce regret a été diminué parles déclarations réitérées du Gouvernement français qu’il n’avait rien à objecter contre l’arrangement que les quatre Puissances cherchent à faire adopter par Méhémet-Ali ; que dans aucun cas la France ne s’opposerait aux mesures que les quatre Puissances, d’accord avec le Sultan, jugeraient nécessaires pour obtenir le consentement du pacha d’Égypte , et que le seul motif qui empêchait la France de s’associer aux autres Puissances, était dicté par des considérations de divers genres, qui rendaient impossible au Gouvernement français de prendre part aux mesures coercitives contre Méhémet-Ali.
« Les quatre Cours nourrissent l’espoir fondé que leur séparation d’avec la France à ce sujet ne sera que de courte durée , et qu’elle ne portera aucune atteinte aux relations de bonne amitié qu’elles désirent si vivement conserver avec la France. Elles s’adressent en
86 NOTE DE LORD PÀLMERSTON A M. GUIZOT, outre avec instance au Gouvernement français pour obtenir au moins son appui moral, bien qu’elles ne puissent attendre de lui une coopération matérielle. L’influence du Gouvernement français à Alexandrie est puissante. Les quatre Puissances ne pourraient-elles pas espérer et même exiger de l’amitié du Gouvernement français qu’il employât son influence auprès de Méhémet-Ali pour engager ce Pacha à accepter les conditions de l’arrangement qui lui serait proposé de la part du Sultan ? Si le Gouvernement français pouvait contribuer efficacement de cette manière à mettre fin aux complications dans le Levant, ce Gouvernement acquerrait un nouveau droit à la reconnaissance et à l’estime de tous les amis de la paix.
«Au ministère des affaires étrangères, le i5 juillet 1840. (Jour de la conclusion du traité.)»