Descartes, Lettre XXX, Lettres, t. 1, n
Innéisme de la facullé.
Dcscaries imprimé dans les Pays-Bas en 1647 ». — « Je n'ai
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se.ir de jamais écril ni juge que 1 esprit ait besoin d idées naturelles qui soient quelque chose de dillérent de la faculté qii il a de penser... Rien ne peut venir des objets extérieurs jusqu'à notre âme par l'entremise des sens que quelques mouvements corporels. ..Nos idées ne viennent point d'ailleurs que de la faculté que nous avons de penser, et par conséquent sont naturellement en elles, c'est-à-dire sont toujours en nous en puissance ; car être naturellement dans une faculté ne veut pas dire y être en acte, mais en puissance seulement, vu que le nom même de faculté ne veut dire autre chose que puissance '. »
En lisant cette page, le lecteur a déjà pressenti l'aurore de la pensée kantiste. La raison pure de Kant se suffit, elle aussi, à faire passer de la puissance à l'acte les formes a priori qu'elle doit appliquer aux objets, sans les leur avoir empruntées. Impossible désormais de contrôler la conformité des idées avec leurs objets, des lois de Tesprit et des lois de la nature. Il faut être croyant aveugle, ou sceptique. Descartes est bien le précurseur de Kant.
Concep- Kant, en effet, ne fera que développer logiquement,
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de Kant. et pousser jusqu a 1 absurde 1 innéisme de Descartes. De même qu'on a pu tirer, par voie de conséquence, le nominalisme du sensualisme, ou le réalisme de l'idéalisme platonicien, ainsi, Kant tirera de l'innéisme un conceptualisme pur non moins excessif que le réalisme et le nominalisme. Qu'est-ce, en effet, que l'universel dans l'hypothèse innéiste de Kant, sinon un pur concept, un produit de l'esprit, qui existe réellement dans l'esprit qui le conçoit, etqui n'a aucune existence réelle en dehors de l'esprit humain ? Les notions générales