Cité par Mgr Mercier, Psychologie, t. II, p
voisin du nominalisme.
sont donc des conceptions de l'esprit, de pures idées et rien de plus. Et comme l'idée est aussi un verbe, une parole intérieure, un mot que l'esprit se dit à lui-même, lorsqu'il conçoit une idée, on pourrait appeler ce conceptualisme un nominalisme mental, qui serait sujel aux mêmes critiques déjà faites plus haut au nominalisme pur.
De même que les mots sont l'expression de nos con- Très cepls, le concept à son tour ou verbe intérieur doit être l'expression ou le signe de quelque chose. Impossible que le signe, en tant que signe, puisse rien contenir qui ne soit de quelque manière dans la chose signitiée. Que si l'universel n'existe pas hors de la pensée, au moins de quelque manière, impossible qu'il soit dans le signe mental, et le concept soi-disant universel devient vide de tout contenu. En d'autres termes, de même qu'en supprimant la chose signifiée, vous videz et supprimez le signe qui perd sa signification ; ainsi en supprimant l'universel, vous videz et supprimez la notion universelle : elle devient vide de sens, et vous avez supprimé par là toute idée.
Vous supprimez en outre tout jugement. Car une fois admis que l'universel n'est plus rien en dehors de votre esprit, vous ne pouvez plus l'attribuer aux choses, et dire par exemple : ce chien est un animal, si l'animalité n'est rien en dehors de votre esprit, si elle n'est qu'une loi de l'esprit.
Le conceptualisme est donc faux comme le nominalisme, puisqu'il rend comme lui impossible toute idée et tout jugement, c'est-à-dire l'exercice même de la pensée. Et partant l'innéisme subjectiviste d'où il découle est pareillement faux.
Les trois systèmes que nous venons d'analyser : le sen- naiisme.
Opinion rigoureuse .
sualisme, l'idéalisme et l'innéisme, étant insuffisants pour expliquer la iornialiou de nos idées, il en a surgi un quatrième, le traditionalisme, qui est moins un système complet qu'une théorie auxiliaire, facilement adaptable à l'un des trois premiers. Aussi serons-nous bref dans son exposition et sa réfutation ; d'autant que nous devons retrouver cette erreur et la combattre plus tard sur son véritable terrain, celui du fidéisme.
Les traditionalistes ont cherché l'origine de nos idées dans l'enseignement traditionnel de la société qui nous a appris le langage, instrument indispensable, d'après eux, à la formation de la pensée.
\ . De Bonald a surtout insisté sur cette nécessité du langage pour produire la pensée. Nécessité pour lui universelle, s'étendant à toutes nos idées sans exception, surtout aux idées universelles et abstraites, dont nous recherchons ici l'origine. « L'homme, a-t-il écrit, a besoin de signes ou de mots pour penser comme pour parler ; c'est-à-dire l'homme peîise sa parole avant de parler sa pensée... lien résulte que l'homme n'a pu inventer les signes, puisqu'il ne peut inventer sans penser, ni penser sans signes.... 11 faut donc recourir à un autre être que l'homme, pour expliquer, non la faculté d'articuler, dont les animaux mêmes ne sont pas totalement privés, mais l'art de parler sa pensée, particulier à l'homme seul et commun à tous les hommes... Le Créateur a communiqué à l'homme les éléments du langage, laissant à la société le soin de les développer, ou, ce qui revient au même, le Créateur a fait l'homme parlant*. »
Mitigée. 2. Un traditionalisme si rigoureux fut bientôt mitigé par des disciples, tels que Bonetty -, qui restreignirent cette nécessité de la tradition à l'acquisition des vérités