‹ La crise de la certitudeChapitre 67 sur 104 · S. Thomas, la, q. 68, a · texte numérisé non relu

S. Thomas, la, q. 68, a

D'ailleurs les sciences, sur le terrain desquelles la raison et la foi peuvent se rencontrer, sont bien peu nombreuses. On ne voit guère le rapport que les mathématiques, la physique ou la chimie pourraient avoir avec la révélation.

Il n'y a guère que la philosophie et l'histoire où les deux champions, savant et théologien, peuvent se rencontrer. Mais là encore que d'obscurités, que d'incertitudes, et partant quel champ immensément vaste aux opinions librement et légitimement divergentes ! Le conllit réel ou l'opposition irréductible est donc une hypothèse chimérique, qui n'a nullement gêné la foi sincère et profonde de nos plus illustres savants, depuis Copernic, Newton et Kepler jusqu'à Chevreul et Pasteur, qui furent non moins savants que croyants.

Ces illustres exemples nous suggèrent tout naturellement notre troisième et dernière proposition. Tioi- <^^ La foi loin cC empêcher les progrès des sciences

hur.iaines et des arts doii, au contraire, les seconder puissamment.

En effet, en secondant directement le progrès des sciences morales et religieuses, qui sont à la tête du cortège des sciences, elle les favorise toutes au moins indirectement. C'est l'enseignement explicite du Concile du Vatican, que les démonstrations de Thistoiro ont prouvé surabondamment. Qu'il nous suffise de citer ces graves paroles d'un penseur contemporain qui a ainsi résumé ses enseignements à travers les siècles :

« C'est l'honneur de la religion instituée par Jésus- Christ, de satisfaire surabondamment les besoins intellectuels, volitifs, et affectifs de l'àme ; elle a donné naissance aux plus sublimes inspirations esthétiques ; elle a fait naître la civilisation des grandes nations; elle a contribué puissamment au développement des arts et des sciences ; elle a excité et entretenu la géné-

sieme principe

rosité et la tendresse des affections du cœur ; elle a apporté le soulagement aux affligés et aux maltieureux ; en un mot, elle a fait parvenir les individus, les familles et les Etats, à une perfection morale et sociale qu'on cherche en vain au delà de ses frontières \ »

Puisque telle est la vertu, à travers l'histoire, de l'accord et de l'union si nécessaire et si féconde de la raison et de la foi, ne désespérons pas de la voir revivre tôt ou tard dans le monde moderne, suivant la célèbre prophétie de Joseph de Maistre : « nous la verrons un jour, la superbe alliance de la religion et de la science ; ils reviendront les beaux jours du monde où toute science remontait à sa source ! »

Ce simple exposé de la doctrine traditionnelle sur la i^ obrévélation ou témoignage divin, et sur les mutuelles tapeur relations de la raison et de la foi, est déjà une réponse naiurei'. aux principales difficultés du rationalisme, qui proviennent, la plupart, de malentendus et de préjugés qu'une franche explication suffirait à dissiper. Cependant nous ne nous dissimulons pas l'utilité qu'il y aurait à répondre directement à quelques objections les plus répandues et les plus spécieuses, et c'est ce que nous allons essayer.

La répugnance invincible qu'éprouvent les rationalistes pour la doctrine que nous venons d'exposer sur la révélation, provient tout d'abord de leur antipathie instinctive pour le « surnaturel », c'est-à-dire pour toute intervention de Dieu dans les affaires de ce monde. A p7Ho?'i, cette intervention de Dieu n'est pas possible, disent-ils, et parlant elle ne saurait exister. Telle est la fin de non-recevoir, derrière laquelle ils se re-

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