‹ La crise de la certitudeChapitre 95 sur 104 · Li 1- . , méthodi · texte numérisé non relu

Li 1- . , méthodi

mencer par un doute méthodique universel, ou bien i^eau contraire par l'affirmation des premiers principes

incontestables ? Cette question, grave et fondamentale, a, comme on le sait, depuis Descartes, soulevé les polémiques les plus passionnées, qui sont encore loin d'être closes. Cependant les passions qui n'ont qu'un temps devraient être assez calmées, aujourd'hui, pour qu'il soit possible de commencer à voir clair dans une question si importante et toujours si embrouillée.

Pour y mieux réussir, nous écarterons tout débat sur la pensée personnelle de Descartes. Certes, ses intentions étaient droites, et nous reconnaissons volontiers que son doute n'a rien de commun avec celui des sceptiques. Comme l'a très bien dit M. Brochard : « Les sceptiques ne doutent que pour douter; Descartes ne doute que pour arriver à la vérité. Le doute des sceptiques est définitif; celui de Descartes est provisoire. Le doute des sceptiques est une fin; celui de Descartes, un moyen '. »

Mais il ne suffit pas que les intentions d'un philosophe soient droites ; il faut aussi que sa pensée soit juste. Or la pensée personnelle de Descartes était-elle de préconiser comme méthode un doute universel, sérieux et réel, ou seulement fictif et méthodique ? C'est là un point d'histoire difficile à élucider, car on apporte, en faveur des deux interprétations, des textes également probants, qui prouvent tout au moins l'incertitude ou l'hésitation de leur auteur. Ecartons donc cette polémique stérile, pour nous placer au point de vue de la vérité objective et impersonnelle.

sera-t-ii A ccttc première question : faut-il commencer la recherche de la vérité en doutant réellement et sérieusement de tout, même des choses évidentes et de l'évidence elle-même ? Nous répondons, sans hésiter : non, cela est impossible ; soit parce qu'il est impossible de

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