LA CIRCULATION MONÉTAIRE DOR
<le la période 1881-1885. Soit environ 19 0/0 eu adoptant le chiffre le plus élevé.
En prenant la même proportion pour l'ensemble de la production universelle de 1883 à 1892 inclus, on arrive au chiffre total de 1.140 millions de francs pour la frappe réellement nouvelle de cette période, soit une moyenne annuelle de 114 millions. Maie je me hâte de dire que cette évaluation n'est pas plus sérieuse que la statistique de la frappe universelle elle-même.
En résumé il n'existe pas de documents précis permettant d'indiquer, d'une manière même approximative, la quantité d'or qui a pu enrichir la circulation monétaire universelle pendant cette période de dix années.
Mais nous pouvons déterminer avec assez d'exactitude la quantité de numéraire que la rupture du pair bimétallique supprime réellement de la circulation universelle en ce présent mois de décembre 1893.
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Le Rôle universel de l'ancien Bimétallisme français
Avant la guerre de 1870^71, et grâce au pair bimétallique français du 15,5, le rapport de Tor et de Targent étant rigoureusement fixé, le prix de ces deux métaux précieux ne pouvait varier que dans les limites insignifiantes résultant de la frappe, du transport et de l'intérêt intercalaire (du moment de Tachât des lingots au mo ment de leur livraison en monnaies).
On attachait alors beaucoup moins d'importance aux variations des encaisses métalliques des Banques d'émission, parce que les deux métoux précieux allaient et venaient librement d'une place à l'autre, sans risque sérieux d'être emprisonnais, et qu'il suffisait d'une augmentation du taux de l'escompte pour en rapatrier la quantité nécessaire à la circulation intérieure et aux paiements extérieurs.
Dans sa remarquable brochure sur le Pair Bimétallique, H. Gernuschi, le grand théoricien du bimétallisme, et notre maître à tous en matière monétaire, décrit ainsi les avantages et la stabilité que le système monétaire français donnait aux échanges universels :
L'argent qu'on débarque à Londres ne peut pas y rester, 11 n'y a pas d'emploi monétaire, c'est un capital mort dont il faut se défaire au plus vite. Avant 1873 (date à laquelle la frappe libre de l'argent a été suspendue en France) on était toujours sûr de pouvoir le vendre pour Paris au pair bimé-
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tallique de 15 1/2, c'est-à-dire à 60 7/8 pences l'once à 37/40 de fin, moins les frais de transport et de monnayage. On était également s*ir, si on avait besoin d'argent pour l'Inde, de trouver à Paris des pièces de cinq francs, en y envoyant des traites ou de l'or qui était toujours reçu au pair bimétalliqne de 15 et 1/2, moins les frais de monnayage. Nul ne pouvait vendre l'argent plus cher qu'il n'aurait coûté en prenant à Paris des pièces de cinq francs, et nul ne voulait vendre de l'argent pour un prix moindre de celui qu'il pouvait réaliser en l'expédiant à Paris pour avoir soit des traites, soit de l'or en retour, au taux de 15 1/2.
Le prix de l'argent ne pouvait donc fluctuer qu'en dedans des deux extrêmes que tout le monde connaissait, extrêmes plus écartés que ceux du marché de l'or, mais ayant la même raison d'être.
L'échange des francs d'or contre des francs d'argent n'étant pas obligatoire ; il fallait parfois, si la France n'en donnait pas elle-même, rétribuer avec quelque fraction de centime les changeurs qui ramassaient les francs d'or ou les francs d'argent. Parfois aussi les pièces d'or ainsi ramassées étaient usées, et la Banque d'Angleterre ne les recevant qu'au poids, l'opération devenait plus coûteuse. Malgré tout cela, tant que le pair bimétallique a existé, l'argent n'a été coté que deux ou trois fois 62 3/8 pences (1857 et 1859) et n'a été coté 58 3/4 que momentanément en 1833. Mais à celte époque le prix du monnayage en France n'avait pas encore été réduit. Il était do 11/2 0/0 sur les francs d'argent et de 3 pour mille sur les francs d'or.
Jusqu'à 1873, l'argent, tout en n'étant pas monnaie en Angleterre, y était cependant beaucoup plus qu'une marchandise ordinaire. C'était un métal qui servait de remise, remise plus coiVeusc à transmettre que la lettre de change, mais dont le cou 13 était strictement réglé par le pair bimétallique à 15 1/2, toui autant que le cours de la lettre de change entre les places monométaUiques-or et les places monomélalliques-argent.
La France garantissait un pair de change à 15 1/2 à tous les pay.=^ monométalliques, mais, si on venait chez elle pour
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réaliser le 15 1/2 métal contre métal, il va sans dire que les frais de l'opération n'étaient pas à sa charge.
Ainsi, avant 18*3, Toi* et Targent unis, en quoique sorte fusionnés par le i air bimétallique, ne faisaient qu'une seule et mSino masse monétaire au rapport pondéral du 15.5. Grâce à la liberté absolue de la f rapide pour les deux métaux, Tor et l'argent se présentaient exclusivement sous la forme de monnaie et non sous la forme de marchandises : Ils pouvaient, en effet, toujours se tran^? former selon les besoins du moment : Tor en argent, l'argent en or, et cela à des conditions connues d'avance el déterminées par la limite ellemême du rapport 15,5, déduction faite ou ajoutée, selon le cas, de quelques frais minimes.
En réalité, le pair bimétallique supprimait le ma rc/ie' libr3 des deux métaux et, grâce à lui, les pays d'Aîie, monom'tallique-argent, et les pays d'Europe monométallique-or, avaient une monnaie commune qui permettait aux échanges de se pratiquer sur des bases presque invariables.
La suppression du pair bimétallique a divisé l'ancienne masse monétaire et ramené les deux métaux précieux à la forme de inarchindises . L'or est devenu marchandise pour les pays monométallique-argent, comme le sont tous les grands pays de l'Extrême-Orient et le Mexique ; l'argent est devenu marchandise pour les pays monométallique-or, comme l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis et les pays de V Union latine depuis la suspension de la frappe libre dans les hôtels de monnaie de ces derniers pays.
Tant que l'or a été fixé par la chaîne du pair bimétallique à la masse énorme de son vieux compagnon
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de travail Vargent, il est resté le docile ouvrier du rapport pondéral et son travail réglementé n*a pu prétendre qu'à une part proportionnelle du salaire attribué à la masse commune. La concurrence du travail- argent empêchait les exigences du travail-or et réciproquement.
Mais le jour où la politique monétaire allemande l'a débarrassé de toute concurrence internationale, il est devenu le maître du monde et le monde a dû subir toutes ses exigences.