Clémentel, Rapport cité
sont annexées et la production de l'alcool n’était pour elles qu'un moyen ; aussi produisaient-elles exclusivement des flegmes qui ne pouvaient être rectifiés par les. agriculteurs eux-mêmes. On comprit alors la nécessité des rectificateurs, intermédiaires entre les producteurs et le commerce, et qui devaient accaparer tous les pro—duits imparfaits des distilleries agricoles.
En 1866, il y eut une tentative de syndicat de l'alcool ;. ses promoteurs avaient pour but de relever les cours et de parer à la crise en limitant la production de chaque usine par une réduction de 25 0/0 et en rendant les dis-tillateurs indépendants des intermédiaires pour les empêcher de vendre à tout prix, même à perte; ils leur consentaient dans ce but certaines avances de fonds. Ce projet ne réunit qu'un petit nombre d’adhérents.
Mais la loi de 1887 vint intéresser les agriculteurs euxmêmes à la réduction de leur production ; aussi l’association projetée en 1886 rencontra moins de difficultés. et put désormais fonctionner. Elle acheta l’alcool produit par les petites distilleries à un prix uniforme, impôt compris. Les quantités dépassant le contingent. étaient donc payées au producteur 20 marks en moins que le reste de la production. Mais c’est la compagnie seule qui acquittait l'impôt ; l'État n’avait ainsi en face de lui qu'un seul contribuable.
Grâce à ce monopole privé se réalisa la tendance des.
industriels allemands à se coaliser pour déterminer la
| pense Me quote-part de chacun dans la production, régler les prix de vente et arriver ainsi par la voie de l’association à contre-balancer les eflets désastreux de l'excès de production que la politique protectionniste avait encouragé.
L'association prit un développement considérable ; elle réunit 4.000 distillateurs représentant la presque totalité de la production dans le but de vendre en commun les flegmes de leurs usines. Ce groupement fut complété le 1° avril 1889, par la création del’ « Union syndicale des distillateurs ».
La totalité des alcools produits est remise à la « Centrale für Spiritusverwerthung » (Centrale pour la mise en valeur de l'alcool), Société de rectificateurs-vendeurs qui s'engageait à écouler dans les conditions les plus avantageuses toute la production de l’Union syndicale.
Pour réaliser le stock des alcools au mieux de tous les intérêts, la Centrale le divise en deux portions: l’une, destinée à la consommation de bouche, est vendue à un prix assez élevé ; l'autre est livrée à bas prix pour être dirigée après dénaturation vers les emplois industriels. |
En somme, l'alcool de bouche paie la rançon de l’alcool d'industrie et l’on obtient ainsi la modicité et la fixité du prix de vente, sans lesquelles l’alcool dénaturé ne peut avoir aucune chance de supplanter le pétrole ou même de lui faire une concurrence sérieuse dans ses emplois habituels. Aussi, tandis que l'alcool allant à la
consommation de bouche est vendu 32 marks environ
l’hectolitre, celui qui est destiné aux usages industriels est abandonné à 20 marks seulement, ce qui permet au consommateur de l'acheter en détailau prix modique de 25 ou 30 pfennigs. Ajoutons que la Centrale interdit
au détaillant toute augmentation du prix de vente (1).
Les bénéfices réalisés sont répartis périodiquement dansla proportion de 9 dixièmes à l’Union syndicale et 1 dixième à la Centrale.
Ces deux syndicats sont liés par un traité (2) et à leur tête se tient un comité directeur unique qui discute le prix et établit les cours, ce qui lui est facile, car il détient les trois quarts de la production allemande. Il agit sur la consommation de l'alcool dénaturé par des moyens puissants: une section technique s'occupe de la vulgarisation de l’alcool; le comité réparid des appareils pratiques remboursables contre des bons délivrés pour chaque litre d'alcool employé; il prête ces appareils à l’essaiet fait des installations gratuites dans les villes et administrations publiques. Enfin, il subventionne largement tout ce qui intéresse le problème de l’utilisation industrielle de l'alcool. | |
Et pour diminuer les frais autant que possible, la
Centrale accorde certaines faveurs aux distillateurs qui
1. Le prix au détail est obligatoire et imposé par le syndicat qui veut ainsi assurer la modicité et la fixité du prix de vente. 2. L'association d’abord'établie pour huit ans devait expirer en 1907, mais elle futrenouvelée pour une période de onze années.