‹ La crise du clergéChapitre 2 sur 55 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Un critique (1) parlait récemment du « renom de hardiesse » que je me suis « acquis dans le choix et le développement des sujets » que je traite. Si cette réputation était solidement établie, je n'aurais pas besoin de placer quelques explications en tête de ce nouveau livre. Il se présenterait de lui-même.

Malheureusement, bien que toutes mes publications jusqu'ici aient été très nettement d'ordre narratif et historique, il y a encore des personnes qui veulent se méprendre sur leur objet. Le Père Condamin, de la Compagnie de Jésus, représentait naguère un de mes livres comme « une attaque mal déguisée du dogme catholique » (2), et le Père Fontaine, de la même Société, m'accuse de vouloir «installer l'anarchie dogmatique » dans l'Eglise (3), et de prêcher « une

(î) M. Roch de Chefdebien, Revue Augastinienne, 15 septembre

2 Éludes, 5 juin 1906.

(3) Vérité française, 12 septembre 1905.

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apostasie secrète <ni du moins discrète, qui s'arrange pour propager ses idées au sein de l'établissement catholique o I .

Il me sérail permis, je pense, <l<- ne |ias relever ces propos malveillants. Néanmoins, pour que personne ne soi! dupe, je crois bon de répéter ici quelques déclarations.

Nul plus que moi n'aurait aimé à s'absorber dans l'étude du passé. Mais sans que je l'aie voulu, je vis dans une époque révolutionnaire où s'effondrent, avec les plus vieilles institutions, les idées même qui leur

vaient de base'. Je crois qu'il est de mon devoir de

'"' pas imiter ceux qui, malgré ces I leversements,

peuvent se confiner tranquillement dans l'archéologie. Il m'est impossible de ne pas entendre d'angoissantes questions que tout le monde pose, et auxquelles, dans un téméraire engagement de jeunesse, j'avais promis de toujours répondre. Il n'a pas dépendu de moi, non plus, que c'ait été mon évêque, on personne, qui me les ait posées expressément pour la première fois (2).

Voulant être honnête envers moi-même et envers les autres, je me suis appliqué de mon mieux à les pénétrer, et je n'ai point hésité à publier sur des matières irritantes le résultat de mes recherches. Estimant toujours que la lumière est le plus puissant agent de la santé et du progrès, je communique

(1, Science catholique, mai 1905, p. 510. - Voir Mes Difficultés avec mon Evêque, p. 16-17.

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