‹ La crise du clergéChapitre 49 sur 55 · is · texte numérisé non relu

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ii ;

.Y.-/;. — Le premier cbiffn les cures, le deuxième les vicariats

sans titulaires. • ,

Pour 1906, les seuls vicariats rétribués par l'Etat faute de renseignements sur les autres) sont entrés en ligne de compte.

vu

M. LUT0SLAWSK1

Sous le titre « l'n converti calomnié », la Croix ilu 5 janvier 1908 a publié le document suivant, qui lui l'ut communiqué par l'archevêché d<: Malines »'l qui est signé de M. Wincenty Lutoslawski :

Dans un passage de son ouvrage récent intitulé: ■ La Crise du Clergé, M. Hou tin me cite (1). Unie fail dire que le dogme a'est rien dans L'Eglise el me prête une conversation imaginaire avec un confesseur polonais qui aurail voulu me refuser l'absolution.

Le passage qu'on m'attribue esl cité des Libres entretiens publiés par l'Union /mur la Vérité, du 28 janvier 1906,

M. Desjardins m'avait învi I <■ ,'i faire une conlV'i,«'i]i-«' puur - - amis il»- la vérité ».

Est-ce lui qui l'a l'ail imprimer ? En toul cas, elle le fui el à mon insu, sans ma permission el avec <!<• graves inexactitudes. Je ue puis attendre d'avoir trouvé un exemplaire de te publication peu répandue, pour réfuter la calomnie qu'on en tire contre moi ! < m présente mes paroles comme un des documents d'une crise illusoire dans cette Église inébranlable, qui a passé par bien des crises réelles ■-ans

(1) Voyez ci-dessus, p. 09-70.

M. LUTOSLAWSKI 239

s'affaiblir, au contraire, en augmentait ses forces après chaque grande attaque. G'esl là, dans cette œuvre que je ne puis reconnaître, puisque je ne la connais pas, que M.Houtin s'est documenté sur ma pensée. M. Houtin dil dans sa Préface (2) qu'il a envoyé les différents chapitres de son livre aux personnes qui s'y trouvaienl citées ou visées. 11 ne l'a pas l'ail puni' moi, qui suis cité bien mal à propos comme un ennemi du dogme, ou plutôl comme un ignorant qui ne comprend pas son immense portée.

Venons aux faits. Au mois de janvier 1906, j'ai été invité par M. Desjardins, que j'avais rencontré à Paris chez des amis communs, à l'aire une conférence sur l.i Pologne dans une société nommée « l'Union pour la Vérité ». .!»■ ne refuse jamais de parler de ma patrie ; donc, quoique 1res presse'' el devant partir le même jour, j'improvisai un court discours. Il traitait de la Pologne et non de l'Eglise ni de la religion. En parlant de la nation polonaise, on ne peut manquer de mentionner comme caractéristique de cette nation la foi religieuse ardente qui est commune aux plus grands génies polonais comme aux plus simples paysans de cette terre des martyrs. Notre foi ardente, notre fidélité à l'Eglise romaine devaient dune être mentionnées dans mon discours. Quelle impudence de citer ce témoignage de notre foi nationale en y introduisant un mépris du dogme qui ne saurait s'accorder avec elle ! Quelles paroles ont pu donner lieu à ce travestissement ? J'ai dit peut-être qu'un Polonais, quand il ne comprend pas un dogme, ne se met pas à l'analyser et à le nier comme ferait un Latin ou un Allemand, car la foi est pour lui une réalité au-dessus de toute discussion dogmatique.

Le dogme n'est pas une racine de l'Eglise, il en est une fleur. Grâce à la définition des dogmes, la vérité se purifie

(2) Voyez ci-dessus, p. 9.

des erreurs dues n l'imperfection intellectuelle des hérésiar ques. Certaines âmes ardentes, recevant l'intuition des vérités surnaturelles dans la pratique d^s sacrements de l'Église, éprouvent peu le besoin de raisonner sur les dog mes : m. lis ils se garderont d'autant plus de les nier, car nier, c'esl précisément raisonner, et c'est très souvent roi sonner mal, car beaucoup plus souvent noua avons raison dans ii"- affirmations que dans nos négations, H un bon

logicien pr 1 bien garde des jugements universels négatifs

i|ui. très rarement . peuvent et re s rais.

L'anecdote d'un refus d'absolution que j'aurais essuyé est toute aussi fausse que ce prétendu mépris «lu dogme : elle n'était d'ailleurs aucunem snl destinée à la publicité. M;iis puisqu'on a commis l'indiscrétion de publier une parodie de ce que je puis avoir dit, il faut que j'affirme la vérité.

.1 avais fait un assez long pèlerinage < !<• Varsovie à Nowemiaslo, toute une journée de voyage, pour faire une confession générale à un moine connu par sa sainteté dans toute la Pologne et visité presque autant que le curé d'Ars l'était en

France. Ce Père, un des derniers Capucins, de urés après

la fermeture des couvents catholiques par le gouvernem< ni moscovite, est connu pour sa grande indulgence envers ses pénitents, s'ils sont humbles et contrits, tandis qu'il sait humilier les orgueilleux. Il jouit d'une grande autorité en Pologne. Or, j'avais été dénoncé comme hérétique au P.

II.» >é. Pour prouver mon hérésie, on lui avait l'ail lire un

petit opuscule sur Miekiewicz, une leçon d'ouverture de

«■ 's, improvisée à l'Université de Lausanne en 1901. Cette

brochure contient, j'en conviens, des opinions douteuses, mais émises sans mauvaise intention. Le P. Honoré auquel elle déplut, me remit cependant très amicalement dans son couvent, et me réserva une heure très matinale, le lendemain, pour ma confession générale. J'y cherchais une préparation à une certaine entreprise nationale. Après avoir entendu ma

M. LUTOSLAWSKI 241

confession, voyant que je ne mentionnais pas mes écrits, ne les considérant pas comme des péchés, il m'interrogea sur la brochure incriminée, que j'avais écrite bien peu de temps après ma conversion miraculeuse, et avant d'avoir beaucoup étudié les (lutines de l'Eglise. Je répondis au P. Honoré que si le Tape infaillible condamnait mes écrits, je ne ferais aucune difficulté pour les rétracter, car j'ai des preuves surnaturelles et décisives qui m'ont rendu à tout jamais un fidèle croyant de l'Église. Le P. Honoré voulait que je lui promisse de rétracter la brochure en question. Je répondis que, à mon avis, le Pape seul a le droit de condamner infailliblement les erreurs dangereuses, et que j'attendrais une décision de lui avant de retirer quoi que ce fût de mes écrits, à moins que je n'en reconnaisse moi-même l'erreur. Je ne la voyais pas bien clairement alors, — je l'ai vue depuis, peut-être grâce aux prières du P. Honoré.

I.e saint moine, évidemment pour éprouver" ma franchise, me menaça alors de nie refuser l'absolution. Je réitérai mon acte de contrition pour les péchés dont j'étais conscient et au nom des promesses de Notre-Seigneur j'invoquai l'absolution de son serviteur. I.e 1*. Honoré', après une courte prière, me l'accorda et nie donna congé en me bénissant. Où est ici la lutte rêvée par M. Houtin ? Enfants de la même Eglise, nous nous sommes compris facilement, comme tous ceux qui. participenl à si'-- mystères surnaturels avec un esprit de piété et d'humilité. Cette entente catholique, cette paix inébranlable, cette félicité surnaturelle sont toutes incompréhensibles a ces pauvres intelligences inquiètes, qui prêtent leurs angoisses, leurs doutes, leur crise à l'Eglise universelle.

Ces critiques superficiels, ces esprits faux ou faussés travaillent sans s'en douter, au triomphe final de la vérité, mais d'une autre manière qu'ils ne l'imaginent. Ils purifienl 1 Eglise en éloignant d'elle les âmes mesquines et maladives, afin que ceux qui ••estent fidèles à la vérité éternelle en témoignenl avec une ferveur croissante.

Il- ne savenl pas ce qu'ils l'ont. Pour eux, la vie religieuse esl puremenl humaine, naturelle. Au contraire, la véritable vie '!'' l'Eglise esl surnaturelle, el cette Église invisible, dirigée par Jésus-Christ, manifestée surtout dans les sacrements ii 'a rien ;'i redouter des attaques, 1211e croîl conslam ment, elle s'étend el elle s'enrichil de nouvelles dévotions, de nouveaux miracles, défîanl toutes les puissances des ténèbres.

WlM.i \ i \ 1 .1 rOSLAWSKI.

Cette seconde édition «'lait presque complètemenl imprimée quand on me communiqua le document de la Croix, .le pense Faire suffisamment droit a M. Lutoslawski en publiant ici sa réclamation. Dans la troisième édition, si troisième il v a, je supprimerai la note contre laquelle il proteste.

Pour l'avoir cite dune manière qui, d'après lui est « impudente », je dois quelques explications.

M. Lutoslawski raconte qu'il « improvisa », « à l'Université de Lausanne, en 1001 », une leçon qui renfermait « des opinions douteuses, mais émises sans mauvaise intention ». Les propos qu'il « improvisa », à l'Union pour la Vérité, le 28 janvier 1006, font sans doute le pendant de ce discours malheureux.

Hue ces propos soient authentiques, personne n'en peut douter. La conversation fut recueillie par des sténographes et a été exactement reproduite.

.M. Lutoslawski y soutint des théories extraordinaires, non-seulement sur le catholicisme, mais encore sur l'histoire générale de sa patrie On Lécouta avec curiosité. M. Seignobos résuma l'im-

M. LUTOSLAWSKI 213

pression générale en disant : « Il est intéressant, mais on ne doit pas discuter avec lui (1). » Quand l'entretien eut été imprimé, il provoqua les critiques de plusieurs lecteurs informés. M. Rodolphe Reuss, directeur d'études adjoint (pour l'histoire moderne) à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, montra notamment que M. Lutoslawski avait fait preuve d'une ignorance bien singulière de V histoire nationale, ou d'un mépris bien caractérisé pour la vérité historique, en racontant à ses auditeurs le développement religieux de la Pologne et en leur affirmant qu'iL n'y a jamais eu de persécution en Pologne, qu'on y a « joui d'une liberté complète » et qu'on est « pourtant resté catholique » (2). Un Polonais, M. Georges Kumatowski, fit également tenir à l'Union une longue note rectifiant les assertions de son compatriote (3).

Si j'ai rapporté des propos de M. Lutoslawski, ce ne peut donc pas être à cause de son autorité. C'est moins encore pour le classer parmi ceux qui souffrent de la crise de la foi. C'est tout simplement parce que je trouvais sur ses lèvres l'expression pittoresque d'une conception que j'ai souvent constatée chez les peuples du Nord. J'aurais pu alléguer maintes pages de l'illustre chef de l'école catholique symboliste, le P. Tyrrell. Mais je craignais de le

(1) Libres entretiens, p. 136.

(2) Libres entretiens, p. 2'in. C'est M. Reuss qui souligne aiiir-i les expressions dont il démontre L'inexactitude.

(3) Libres entretiens, p. 242-251.

'.' I I M'I'I Mile I

désigner encore davantage aux traits dés chasseurs d'hérésie. Citer M. Lutoslawski ne me semblait pas présenter d'inconvénients.

L'orthodoxie lui a cependant demandé de rétracter ou de démentir (1rs propos si peu conformes à bod enseignement. Je connais trop la psychologie de ceux qui rentrent ecclésiastiques <»u laïques pour être surpris qu'entre ces deux alternatives, M. Lutoslawski ait choisi la seconde <■! qu'il ail donné une telle forme à sa protestation.

188i. — M. Eugène Réveillaud, depuis député de la Charente-Inférieure, fonde à Paris « l'Œuvre des Prêtres ». Elle se définit ainsi elle-même :

« Elle a pour but d'aider spirituellement tous les prêtres, s'eflbrçant de leur faire connaître le vrai christianisme et de les amener à la foi du cœur au Christ, tel que l'Evangile le révèle.

« Si les anciens prêtres préfèrent la vie civile, l'Œuvre leur vient en aide matériellement, en essayant de leur procurer un emploi. — Si quelques prêtres présentent des garanties très sérieuses de vocation au Saint Ministère, après un stage indispensable, l'Œuvre leur facilite des études bibliques et lliéologiques, afin de les préparer à l'évangélisation de la France.

« Aucun prêtre n'est patronné par l'Œuvre sans une enquête très sérieuse sur son passé et sur les motifs de sa rupture avec Rome. L'enquête sera faite là où le prêtre a exercé un ministère.

« L'Œuvre des prêtres est dirigée par un Comité de pasteurs et de laïques appartenant aux diverses Eglises évangéliques. »

Fondée par un ancien catholique et dirigée d'abord par un laïque protestant, M. L.-.I. Bertrand, l'œuvre a été conduite, sous la présidence de M. Isaac Picard, pasteur de l'Etoile, par un comité de pasteurs orthodoxes, avec la collaboration successive, plus ou moins directrice de trois anciens prêtres, MM. J.-B. Corneloup, F. Meillon et Léon Revoyre. A la lin

•2 ,.', \iu\ SOU i

,1, 190 comité orthodoxe n donm a démission cl remis

complètement l'œuvre aux mains de M. llevoyre.

h,. i88ï ;i la lin de 1907, celle Œuvre a patronné près de trois cents prêtres ou religieux el h facilite des études de théologie à quatre-> ingts d'entre eux.

Sous l'influence de M. Revoyre, le comité protestant esl

devenu un simple comité de patronage moral et de i Lrôle

financier el s'esl ouverl en outre à toutes les tendances Lhéolo o-i,|u,.^. La direction propremenl dite esl assumée par un comité composé exclusivement d'anciens prêtres. Les agents,

au service de l'œuvre, toul en se réclamanl nette al de la

méthode prolestante et en s'appuyanl ouvertemenl sur les Eglises protestantes, ne se donnenl pas pour mission de travailler à leur recrutement. Leur rêve sérail de déposer le

principe «lu libre examen au sein de la traditi ;atholique

pour la réformer amoureusement dans des associations autonomes de « chrétiens libres .

L'agenl général du c ité directeur est M. L. Revoyre,

6, rue Montgallet, Paris XIIe.

Le président du comité de patronage esl M. Wilfred Monod, pasteur à l'I Iratoire du Louvre.

1887. — M. Louis Martin, ancien dominicain, publie Les Evangiles sans Dieu. Essai sur la Vie de Jésus (Paris, Denfu, in-8

1889. — Démission du baron Félix Béthune, bénédictin de l'nbbaye de Mareds >us Belgique). Il entrera au service de la mission populaire évangélique de France; puis, en 1904, au service de l'Eglise chrétienne ln-lge.

1890. — 29 juin. — L'abbé Latty, depuis évêque de Châlons el archevêque d'Avignon, publie une intéressante brochure anonyme intitulée : Le Clergé français en 1890 :

a Nous n'avons qu'une science et des vertus ordinaires; il nous les fiuu Irait extraordinaires et de première puissance, telles qu'on les vit toujours aux époques critiques de noire histoire ». I âge 23.

« Si nous sommes « atl'adis » aujourd'hui, sachons le voir et le

\OTKS CIlttONOLOGIQUES

dire. TTn mal connu, avoué, est un mal à demi guéri; un clergé qui cesse de se connaître et de se renouveler, est un clergé perdu ». Page 101.

L891. — 2ij juillet. — Premier numéro du Catholique Français, organe de la Reforme Catholique Gallicane. L'administrateur géranl est M. Georges Volet. « Le Père Hyacinthe, notre chef respecté, pas plus que l'Eglise de la rue d'Arras, n'a aucune pari ni responsabilité dans la fondation du Catholique Français. »

Octobre. — M. Benjamin Guinaudeau, ancien professeur au petit séminaire des Sables et au collège des jésuites de Tours, quitte la soutane et entre à la Justice comme rédacteur. Il a publié son autobiographie morale dans L'abbé Paul Allain (1897). — Autres publications : Vers l'Absolu ipoésies signées du pseudonyme Benoni Glador), Le Maître du Peuple | 1905, suite de l'histoire Paul Allain).

1892. — Publication d'un roman de mœurs cléricales, Le Cas de l'abbé Bernard, par Samuel Hardy. On y relève, p. 2(38, cette déclaration :

« J'aime mieux un honnête homme qui fait souche de famille et peut rendre des services par son intelligence et son savoir, qu'un prêtre qui ne remplit plus ses fonctions qu'à regret, qui préfère se laisser mourir plutôt que de rentrer dans l'ordre de la nature. Dans le premier cas, il sera un homme utile; dans le second il ne serait plus qu'une force perdue. »

— Démission de M. Jules Costa, du diocèse d'Ajaccio. — Après avoir été pasteur à Ajaccio, il deviendra recteur do l'église française de Southamplon il905).

1893. — 2 août. — Lettre de M. Hyacinthe Loyson à don Emilio Gastelar :

«... Vous ne m'avez jamais bien compris. Je n'ergote point sur des questions secondaires, mais comme homme, comme chrétien, comme prêtre, je me suis cru obligé à ne pas tromper mes semblables, à ne pas feindre, à dire au contraire ma pensée

LPPI MiH i

loul entière Bur la question suprôme, ta queslion morale el religieuse.

1 mi peul être opportuniste en politique; le dotl Jamais

ôlre en morale el en religion. Il j faul dire la vérité, selon l'expression «lu psalmiste « telle qu'on l'a dans le cœur! «

Croyez que je ne suis ni assez vaniteux, ni assez sot, pour aspirer au rôle d'hérésiarque au petil pied, dans un temps où, d'ailleurs, ils ne son! plus de mode... »

S novembre. — Encj clique ProvidentissimusDeus condamn. mi les tentatives exégétiques d'un certain nombre de catholiqu -

1895. — -'l juillet. — M. Frédéric Bonhon •. curé de

Saint-Palais «lu Phiolin (Charente-Inférieure), se déclare protestant dans un sermon solennel à ses paroissiens. Il termine ainsi son allocution :

« Je rends mon témoignage public à Jésus-Chi i>l . Depuis longtemps déjà je prêche son Evangile, mais pour être plus libre de l'annoncer partout, je me sépare de l'Eglise de Rome et demain je quitterai la soutane. »

Il deviendra pasteur à Vinsobres (brome).

ix%. — M. K. Récéjac, docteur en théologie, ancien prêtre du diocèse de Bordeaux, professeur au lycée du Puy, obtient en Sorbonue le titre de docteur es lettres, en soutenanl une thèse intitulée : Essai sur les fondements de I" connaissance mystique. — En 1907, il sera nommé Inspecteur d'Académie des Basses-Alpes.

1897. — 13 janvier. — Décret du Saint-Office, relatif au verse! <k's trois Témoins célestes (premii-n- épîtredeJi';in,V,7i.

16 juin. — JV'inission de M. Alfred Philippot, licenciées lettres, ancien préfel des études à l'institution Saint-Jean, de Saint-Quentin, ancien curé de Jeantes et de Plomion (Aisne).

Voici la profession de foi qu'il lut à ses paroissiens de Plomion, le dimanche 13 :

Accusé et traduit devant une sorte de tribunal de l'Inquisition, pour avoir exposé à mes confrères les principes du pur Evangile

que je prêche à mes paroissiens, j'ai été invité par Mgr l'évèque de Soissons à confesser ma foi devant la conférence ecclésiastique de Vervins. Aujourd'hui, après m'avoir donné la parole, Sa Grandeur me la retire. Je me vois donc obligé de porter le débat devant le tribunal de la conscience publique.

Lorsque les martyrs des premiers siècles étaient interrogés sur leur foi devant les juges, ils répondaient : « Je suis chrétien ». A leur exemple, je fais tenir ma profession de foi tout entière dans ce seul mot : « Je suis chrétien. »

Je suis chrétien, parce que je suis uni à Jésus-Christ par la foi, et qu'en Lui et par Lui j'ai le pardon de mes péchés et la communion immédiate avec le Père céleste. Je suis chrétien, parce que les enseignements de Jésus-Christ sont la loi de mon intelligence, parce que la morale de Jésus-Christ est l'idéal de ma vie. parce que je ne conçois pas de religion plus parfaite que celle de Jésus-Christ. Je mets l'Évangile de Jésus-Christ au-dessus de toute parole humaine, et je juge de tout d'après l'Évangile. En matière religieuse, les doctrines et les institutions humaines sont louables si elles s'inspirent de l'esprit de l'Évangile; elles sonl mauvaises si elles vont à rencontre de l'Evangile; elles sonl indifférentes si elles sont simplement à côté de l'Evangile.

Je crois à la Révélation divine, que je résume ainsi : Jésus-Christ préparé et annoncé dans l'Ancien Testament; Jésus-Christ, dans sa vie terrestre, annonçant aux hommes la bonne nouvelle du salut ; Jésus-Christ, dans sa vie glorieuse, communiquant son Esprit aux âmes de bonne volonté.

Je crois au salut éternel, dont les conditions ont été fixées irrévocablement par l'Évangile, de telle sorte que nulle autorité humaine ne peut y rien ajouter, ne peut en rien retrancher. Les conditions du salut se ramènent à une seule, la foi en Jésus- Christ; mais cette foi n'est pas une simple croyance intellectuelle ; c'est une confiance sans restriction, un abandon total de l'âme à la direction de Jésus-Christ. Nous éprouvons celte confiance el cet abandon, quand la révélation qui s'est faite en Jésus-Christ se reproduit en nous, quand nous sentons que, malgré nos péchés, qui sont lavés par le sang de Jésus-Christ, Dieu est notre père, que nous devenons ses enfants, que nous sommes les frères de Jésus-Christ et les héritiers avec lui de la vie éternelle. I le sentiment d'union filiale avec Dieu, par Jésus-Christ, est l'essence du christianisme.

Al'l'l M'I. I

En même temps qu'au Pèreel au Plis, Je crois au Safnl-Esprit, envoyé par le PUsetle Père. C'esl l'Espril Balnt, Buivanl une belle parole de Tertulllen, et suivant la promesse du Bauveur lui-même, qui esl le Vicaire de Jésus-Christ; c'esl par l'Espril Saint que Dieu se révèle a nous ; c'esl dans l'Espril Bainl que les paroles de Jésus-Chris! fonl tressaillir nos cœurs ; c'esl l'Espril Sajnt qui nous fail crier vers Dieu: - Mon Père! el qui n rend témoignage que nous sommes les enfants de Dieu. Ce témoignage intérieur de l'Espril s;iini e>i le rondement Inébranlable de ma foi chrétienne el il«' ma vocation sacerdotale 1 1 apostolique.

Je crois à la parole de Dieu contenue dans les Ecritures canoniques de l'Ancien el du Nouveau Testament. Les livres de la Bible ne sonl pas tombés du ciel: ils n'uni pas été dictés verbalement à leurs auteurs; c'esl à l'âme des patriarches el des prophètes, à l'âme du Chrisl el des apôtres, à l'âme de tous les hommes inspirés, que le Saint-Espril a communiqué la pensée et la volonté «le Dieu.

Je crois à la parole de Dieu non écrite dans les Livres Saints, tradition divine que l'Espril Saint conserve dans l'Église et que l'Église doil enseigner au peuple sous le contrôle de l'Écriture.

Je croD à l'Église une. sainte, catholique el apostolique. Cette I glise, c'esl le royaume de Dieu prédit'; par le Chrisl dans la Judée et dans la Galilée. L'Eglise est une, parce qu'elle a pour chef unique Jésus-I Ihrisl : elle est sainte, parce que la divine vertu de l'Évangile la purifie et la sanctifie : elle est catholique, c'està-dire universelle, parce qu'elle embrasse dans son sein tous ceux qui. dans tous les temps el tous les lieux, font profession extérieure de christianisme; elle est apostolique, parce qu'elle a été propagée par les apùtres, témoins authentiques des enseignement - de Jésus. L'Église romaine n'est pas l'Eglise universelle, elle n'en est que la portion la plus importante. Les apôtres et les premiers missionnaires onl établi des Églises indépendantes l'une de l'autre, unies seulement par la charité et la foi en Jésus- Cbrist. Plus tard, les Églises se groupèrent librement sous l'autorité de l'évêque de Dôme. La papauté esl donc d'institution humaine, et, aujourd'hui comme alors, toutes les Eglises sont égales devant l'Évangile. Refuser le nom de chrétiens à deux cent cinquante millions de créatures humaines qui croient en Jésus-Christ, c'est un blasphème ; contester le salut éternel à

des chrétiens qui pratiquent l'Évangile, c'est renier l'Évangile. On fait son salut dans toutes les Églises, si l'on met sa vie en harmonie avec les enseignements de Jésus-Christ ; on se damne dans toutes les Églises, si l'on vit en dehors de Jésus-Christ.

Je crois à l'infaillibilité de la parole divine contenue dans l'Écriture, dans la Tradition et dans les enseignements de l'Église . Mais à côté des vérités révélées dans les enseignements de l'Église comme dans la Tradition et dans l'Écriture, les préjugés, l'ignorance et les passions ont pu introduire des erreurs humaines. Dieu seul est infaillible. L'infaillibilité est un attribut que Dieu ne peut communiquer à une créature. Les prophètes, tout inspirés qu'ils étaient, se sont trompés, lorsque, décrivant d'avance le Messie, ils l'ont vu sous les traits d'un roi temporel. Les apôtres se sont également trompés lorsque, prêchant la résurrection des morts et le jugement définitif, ils affirmaient que leurs contemporains verraient les derniers jours du monde. Pourquoi le Pape serait-il plus infaillible que les prophètes, plus infaillible que les apôtres ?

Je crois à la nécessité, dans l'Église, d'une autorité doctrinale, c'est à-dire d'un enseignement officiel. Mais cet enseignement ne peut pas s'imposer à la pensée ; la vérité ne s'impose pas, elle se propose. Le simple fidèle qui a besoin de tout son temps pour gagner son pain ou pour élever ses enfants a le droit de s'en rapporter à son pasteur pour ses croyances religieuses ; le pasteur qui enseignerait sur commande sans avoir examiné la valeur de sa doctrine, serait aussi méprisable que le droguiste qui vendrait sans discernement les remèdes et les poisons. Je réclame donc le droit de penser autrement que mes supérieurs, parce que c'est mon devoir de chercher la vérité.

En agissant ainsi, je me tiens aussi loin que possible de l'hérésie. L'hérétique est celui qui met la parole de l'homme audessus de la parole de Dieu ; l'hétérodoxe, au contraire, met la parole de Dieu au-dessus de celle de l'homme. Quant aux orthodoxes, ils se divisent en deux classes: il y a les naïfs, qui s'imaginent que Dieu a donné un blanc-seing à l'Église et qu'il a signé d'avance tout ce que le Pape pourra enseigner ; il y a les malins, qui savent à quoi s'en tenir, qui souscrivent publiquement à toutes les formules dogmatiques, mais qui, en secret, les entendent autrement que l'Église. J'ai trop médité les questions religieuses pour être demeuré naïf, et ma conscience m'interdit de passer dans le camp des malins.

•J.V2 M'i'i NDII i

Je crois, malgré mes convictions, el en raison même de mes

convictions, pouvoir être un l 9ervileur de l'i glise catholique

.•i du diocèse de Boissons, dans la piété sincère, dans le d ardenl de mettre les âmes sous le Joug de Jésus-Christ, dans la pauvreté el la cbariié évangéliques, el dans la liberté apostolique.

Je suis catholique, comme l'était le Ghrisl lui même, ci ne on

l'était dans les premiers sièch - de l'i glise, el je suis persuadé

que ce calholicis large el toléranl sera celui du vingt!*

siècle.

Les études historiques du dix-neuvième siècle nous nul rail remontera nos origines : si l'Évangile du premier siècle rede-

vienl celui du vingliè les Églises s'embrasseronl dans la paix

et la charité du Christ ; les quatre cenl cinquante millions de chrétiens que porte la lerre se ligueronl pour prendre dans les filets de l'Évangile les mille millions d'infidèles <|ui vivenl en dehors de Jësus-Chrisl : le monde alors sera sauvé, el il ne peul l'être que par l'Évangile. Pour moi je ne suis et j<- ne veux être qu'un prédicateur de l'Évangile : je suis aussi incapable de garder un silence hypocrite que de mentir. Dans toute situation, honorée

ou h iliée, ou il plaira a la Providence divine de placer, je

suis résolu à prêcher l'Évangile suivant ma conscience.

Malheur à moi si je ne prêche pas l'Évangile !

Le lendemain, 14 juin, l'abbé Philippol recevail sous pli recommandé une sentence d'excommunication el d'interdit.

1. Eclair publia sa profession de foi, el elle fui reproduite par un grand nombre de journaux. Il refil des études à la Faculté de théologie protestante de Paris, d'où il sorti! premier, el fui choisi comme agenl de la Société d'évangélisation par les anciens prêtres. Il se suicida à Calais, le 30 mars 1899, en laissant sur le quai un sac de voyage renfermant une lettre ainsi conçue :

I lalais, 29 mars 1899,

« Avant de mourir, je tiens à déclarer à ceux qui trouveronl mon corps et ce sac de voyage que je me suis noyé volontairement dans le port de Calais. Menacé de paralysie, frappé dans mes facultés intellectuelles, incapable désormais de rendre service à la société, je sors librement d'un monde où je serais une cause constante d'embarras.

« Je crois faire en cela la volonlé de Dieu et je cherche en lui la paix el le repos de mon âme. Je suis domicilié, 18, place d'A nues, à Guise (Aisne).

« Signé: A. Piiilippot. »

On retrouva son cadavre le 2't avril.

1er octobre. — Premier numéro du Chrétien Français. Le journal est destiné à paraître tous les deux mois. 11 devient bientôt mensuel, puis hebdomadaire. Le fondateur et directeur est M. le pasteur André Bourrier, ancien vicaire à la cathédrale de Marseille, démissionnaire le 31 août 1895.

l'i octobre. — ■ Démission de M. Victor Charbonnel, du diocèse de Saint-Flour. Il abandonne son idée d'un Congrès des religions à Paris (1). Il publie son livre: La Volonté de vivre.

25 octobre. — Démission de M. A. Vidalot, curé d'Arabaux, à la suite de quelques articles parus dans la Dépêche de Toulouse, lesquels avaient été remarqués et lui avaient été attribués. 11 fut consacré pasteur à Passy,le 18décembre 1898.

1898.— 18 mars. — Démission de M. Albert Vigier, aumônier à Forfry, diocèse de Meaux. Il entre dans l'Eglise réformée. En 1899, il fonde à Paris (3, allée des Pains), une œuvre pour les sourds-muets adultes, sans distinction de culte ni de nationalité, — œuvre d'évàngélisation, d'instruction et d'assistance. Il est consacré pasteur le 8 décembre 1901.

7 avril. — Démission de M. Edouard Bourdery, curé de Marolles, diocèse de Beauvais. Il l'ut pasteur à Meschers, de juillet 1899 a septembre 1906. A la lin de 1901'». il fonde à Nantes-Chantenay une « Mission catholique libérale ».

2<»r mai, — Ouverture d'une Maison Hospitalière, pour les prêtres, à Sèvres, rue Praueas. '1. par M. le pasteur Bourrier.

Juillet. — M. B. Lecomte, ancien missionnaire au Congo,

(1) Voyez ['Américanisme.

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public les Etapes religieuses d'un ancien prêtre (Lyon, librairie F. Bichsel, 10, rue Lanterne, brochure).

millet. — Démission du P. Palel, des ' Mats de Marie Immaculée.

Octobre. — < mverture d'une Maison Hospitalière | r les

prêtres à Courbevoie, rue Karl-Hébert, 25, par M. J.-B. <;<>rneloup, ancien oblal de Marie-Immaculée. Ses cinq premiers hôtes son! MM. Corby, Pô, Eugène Smels, Sauvé (ancien séminariste el Trémeau.

12 octobre. — Démission de M. Claveau, curé de Pocé, diocèse de Tours.

— Démission de M. Ernesl Morin, du diod se de Limoges. En 1902, il esl nommé pasteur à Saint-LÔ (Manche).

25 novembre. -- Lettre de Léon XIII au général «les frères Mineurs. Celle lettre renferme un avertissemenl du pape pour les critiques el les exégètes.

1899. — Janvier. — Fondation du journal Le Prêtre converti. Journal mensuel, rédigé pur des prêtres convertis à l'Evangile (Courbevoie, i5, rue Victor-Hugo , Le fondateur el directeur de ce journal esl M. Corneloup, directeur de l'Œuvre des Prêtres.

M. Corneloup ;i raconté son histoire dans la brochure Conversion d'un Prêtre à l'Évangile; <lu Catholicisme au Protestantisme (Cahors, Coueslant, 1902, in-12, «7 p.)

Démission de M. Alberl Harrent, vicaire à Château- Thierry. — Son évêque, M. Deramecourt, lui écrivil qu'il devait faire soumettre à un examen canonique sa thèse, Les Ecoles d'Antioc lie. Essai sur le savoir el V enseignement en Orient au quatrième siècle après Jésus-Christ (Paris, 1898).

« J'ai écrit mon livre, répondit-il, dans toute la sincérité el la loyauté de mon esprit ; je ne suis pas de ceux qui font de l'histoire sur commande, el pour sauver leurs prétendus principes sont prêts à la falsifier. Mes études ne sont pas apologétiques, elles ne sont que sincères. J'ai écrit ce que j'ai cru la vérité, je n'ai rien à retrancher, rien à modifier. »

22 janvier. — Condamnation do l'Américanisme par l'encyclique Testent benevolentiœ.

Février. — M. Aboi Salle, entré en 1893 dans l'ordre des Carmes déchaussés, sous le nom de P. Marie-Bernard, et supérieur du monastère de Chèvremonl ilielgique), passe au protestantisme. Il exercera pendant quelque temps le ministère pastoral à Chartres, rentrera dans l'Eglise romaine, en sortira de nouveau et deviendra rédacteur au Chrétien Français Ml septembre 1902). En L906, il publiera des Souvenirs d un évadé du cloître.

24 février. — L'Osservatore Romano publie un décret de l'Index, condamnant les quatre principaux ouvrages du docteur Hermann Schell, professeur d'apologétique à l'Université de Wurzbourg : Le catholicisme considéré comme principe de progrès (1896), Le temps nouveau et la vieille foi (1898) répond aux attaques dirigées contre ce premier ouvrage, La dogmatique catholique, ouvrage comprenant quatre volumes, el le premier livre d'une apologétique en cours de publication.

Août. — Démission du P. Antoine Garrot, du collège des 1 dominicains d'Arcueil.

Septembre. — Démission de M. Janssens, lazariste, directeur au grand séminaire d'< >ran.

8 septembre. — Une lettre de Léon XIII aux archevêques, évêques et au clergé de France, condamne formellement la nouvelle exégèse et signale le péril des tendances nouvelles (1).

7 oclobrc. — Démission de M. l'abbé Lachenal, prêtre du diocèse de Chambéry.

5 décembre. — Démission du P. Elisée Le Garrec, de l'ordre des Franciscains. Plus tard, M. Le Garrec se maria et, au commencemenl du mois d'octobre 1905, il lui naquil un fils. Voici, à titre de spécimen des polémiques orthodoxes,

(1) Sur les circonstances, voyez la Question biblique au XIX'

siècle, 2° édit., p. 272-277.

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l'article que la Croix du Morbihan publia à cette occasion, le 22 octobre, et adressa à M. Le < îarrec :

■ Tu as déposé dans un berceau la (leur empoisonnée du sacrl- . el tu demandes des \ œux ; voici les miens :

« Je souhaite que cel enfant ne trouve pas auprès de lui un mauvais père, semblable au mauvais fils que tu connais, donl les parents — « • 1 1 1 morts de chagrin...

« Je souhaite qu'arrivé à Page d'homme, il ne lève pas la main sur ses auteurs : ce sérail un châtiment trop cruel...

j( souhaite qu'il ne -"il pas un fainéant, an raté, un inconstant, incapable de gagner sa vie, et se résignant à recevoir le pain de la honte. . ,

« Mon dernier souhait esl le meilleur : c'est '/ne Dieu ait pilié de son âme exposée au péril prochain déperdition et l'enlève au milieu déplorable <iui l'a vu naître... »

1900. — 10 janvier. — Démission de M. Carré, du diocèse de Versailli

Février. — Démission de M. Paul Lamothe, du diocèse <!<■ Bordeaux. 11 fui consacré pasteur le 18 janvier 1902, à Cellesur-Belle 'I >eux-Sèvr

19 février. -- Schell écril au docteur Nippold, la lettre suivante à propos de sa « soumission ■> au décret de L'Index :

. .'.Vous aussi, vous vous faites une idée tout à fait inexacte de ce qu'on a appelé ma « soumission ». Cette soumission, je l'avais refusée par écril, le 15 février 1899. C'est seulement après que l'évêque et la Faculté m'eurent expo-'' de façon incontestable que celte soumission n'était rien de plus que la reconnaissance de l'authenticité formelle d'une décision portée par une juridiction qui juge en dernière instance et qu'elle ne recelait aucunement en elle-même, cette soumission, le sacrifice d'une conviction ou d'une vue scientifique, —je fis ce qui m'était demandé. — d'autant qu'un relus m'eût conduit à une rupture avec l'Église et eût fait les affaires de la réaction.

Tour éviter loule équivoque, je donnai de ceci une déclaration publique dans les Hochschulnachrichten du 31 mars 1899, encore que je susse que les ultramontains en prendraient prétexte pour

NOTES CHRONOLOGIQ1 I s 257

organiser une nouvelle chasse à courre. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver. A part un petit nombre d'exceptions, comme le Bayerischer Karier, toute la presse cléricale, le S eue Bayerische Zeitung de Munich en trie. la Germania, etc., devint encore plus violente, d'autant plus que la conférence épiscopale de Freising et le fanatisme du nonce Lorenzelli (1) avaient répandu un programme de déprolestantisation fondamentale du catholicisme allemand. Rome cependant en avait assez : sans que je l'eusse demandé (on tût voulu m'amener à la demander, mais je ne m'y prêtai pas) on me communique, en niai 1899, les raisons qui avaient motivé ma mise à l'Index. — Mais, alors encore, on ne me demanda rien autre chose que le secret (d'autant que cette communication était contre toutes les règles), et ce, sur l'ordre exprès du pape. Depuis, on ne m'a rien demandé davantage, — et je n'ai sacrifié aucune de mes vues. Quant à mes ouvrages, je n'en ai retiré aucun : tous continuent à être dans le commette. Quant à mes vues sur tout ce qui est d'Eglise, sur l'eschatologie, etc., je ne puis pas les imposer à. ceux qui ne sont pas mûrs pour elles.

Ce qui m'a guidé en tout ceci, c'est la considération qu'ont fait valoir avec tant d'instance auprès de moi, dans la semaine critique, avec une énergie et une unanimité dont j'ai été frappé, mes élèves, mes amis, ceux qui partagent ma manière de voir : à savoir, que je devais faire, eu une manière de pure forme, acte de soumission personnelle, comme vis-à-vis d'une mesure administrative ou d'une décision juridique émanée d'une juridiction de suprême instance, — afin que la cause, afin que le courant ne fussent pas désavoués. Si je refusais cet acte de loyalisme, alors, me disait-on, la réaction (qui d'ailleurs souhaitait mon apostasie)] avait pour elle le droit. — Même les dominicains de Fribourg, de Suisse, ont déclaré, dans leur Liberté, que la soumission ne signifie nullement le sacrifice d'une opinion, pas plus que l'arrêt du tribunal dans l'affaire Dreyfus.

L'infaillibilité n'a rien à voir ici. 11 n'est pas besoin de rappeler l'affaire de Galilée. Au surplus, nous savons bien, nous, que la définition du Concile du Vatican ne peut pas changer l'histoire, ne peut pas changer les faits. Pour savoir quelle est, en fait, la

(1) Alors nonce à Munich; il fut transféré à Paris à l'automne de l'année 1899.

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mesure de l'infaillibilité, il Paul voir ce 'i"';| 6lé, en fail, l'histoire. Mais c'esl bien ainsi qu'il en va aussi de l'Écriture Sainte : la sainteté h l'Inerrance des Livres saints résidenl dans l'espril el n'esl point affaire Juridique, et recouvre lanl de choses qui, en fait, ne sont poinl du loul saintes ou sonl erronées.... (1).

Mars. - M. Ernesi Renault esl condamné par le Iribunal civil de la Seine pour avoir injurié le directeur du Chrétien Français dans son livre la Conquête Protestante.

10 mars. — Démission de M. Auguste Barascud, du diocèse de Rodez.

Avril. — Démission de M. Henri Bouvier, prêtre du diocèse de Sens. Le 19 juillel 1901, il soutint une thèse à la Faculté protestante de théologie de Paris sur le Gouvernement de l glise de Rome de la fin du premier siècle jusqu'au milieu du troisième. (Imprimé à Montbéliard, 1901, in-S". :', p.) Il lui pasteur, se maria.'divorça el rentra dans l'Eglise romaine (voyez ci-dessus pa^-e ion. note). Kn 1906, il publia le tome Ie' (ruiir Histoire de l'Eglise et de l'ancien archidiocèse de Sens. Comparé a son Histoire del'Abbaye de Saint-Pierre

le Vif (1891), ce livre n tre que l'auteur a l'ail durant son

passage chez les protestants quelques progrès en critique.

Juillet. — Démission de M. Ernest-Félix Frapereau, prêtre du diueèst:' d'Angers.

23 août. — L'abbé Josepb Crestey, du clergé de Paris, s'exile hors d'Europe pour recommencer une vie nouvelle. — Auteur «le deux li\ res : L Esprit nouveau dons l'action morale et religieuse (Paris, Guillaumin, 1895, in- 12) et Sans Dieu. Lu Raison rcpudie-t-elle la Foi ? Que devient le monde sans Dira ? (Paris, Chamuel, 1896, in-12).

!■' octobre. — Démission de M. C". Arnaud, curé de Saint- Romans, diocèse de Nîmes. Il sera consacré pasteur dans l'église de Passy, le 1 1 mai 1902.

(1) Traduil du texle publié parla Kœlnische Volkszeitung, 18 août 1907.

NOTES CIIROIXOLOGIQUES 259

1901. — Avril. — Démission e( mariage de l'abbé Alphonse Renard, ancien jésuite, membre de l'Académie royale de Belgique, professeur à l'Université de Gand.

M. Hyacinthe Loyson lui écrit le 20 avril :

MONSIET R,

Les deux actes que vous venez d'accomplir étant de l'ordre public, je me crois aulorisé à vous en écrire, quoique n'ayant pas l'honneur de vous connaître personnellement.

Je vous félicite d'avoir quille le clergé catholique romain, dont l'obédience implique une servitude mentale ou un manque de sincérité qui ne pouvaient vous convenir.

Je ne vous félicite pas moins d'avoir cherché dans la sainteté du foyer domestique un abri digne et paisible, après les fatigues de l'étude et les luttes de la conscience.

A raison de mes cheveux blancs et des longues expériences d'une vie tourmentée, mais fidèle (j'ai 74 ans accomplis), laissezun ii ajouter un vœu qui vient du fond de mon âme. Vous avez quille une Eglise, sous bien des rapports égarée : attachez-vous d'autant plus fortement au Dieu de Vérité et de Justice, qui par son Logos éternel, éclaire et vivifie la raison et la conscience de l'homme, et peut seul accomplir, dans l'avenir et dans l'éternité, les destinées des âmes et des sociétés.

Recevez, je vous prie, monsieur, l'assurance de ma considération très distinguée.

M. Renard répondit parla lettre suivante :

Ixelles, 14, avenue Ernesline, le 13 mai 1901.

Cher Monsieur,

Merci de votre lettre qui m'apporte une appréciation précieuse entre toutes celles que j'ai reçues. Seul un homme qui a appartenu à l'Église, dont elle a, pour ainsi dire, formé la conscience, el qui, poussé en avant parcelle conscience libérée, a brisé les liens qui le retenaient, seul cet homme-là peut comprendre les douleurs el les luttes que j'ai traversées. Je sais combien fut pénible souvent pour vous la roule que vous avez suivie pour proclamer la vérité, et je suis particulièrement heureux que vous m'approuviez d'avoir cherché dans la famille un peu de repos au sein même de l'orage.

260 \ iii Mu- i

l»r celle i gliseque J'ai quittée, parce que ses enseignements el doctrines Boni désormais Incompatibles avec ma raison mûrie par une recherche consciencieuse de la vérité, un idéal m'esl resté celui du devoir, du devoir .1 accomplir malgré tout. Heureux èles-vous de croire à ce Dieu personne] de vérilé el de justice i|ui lient en -.1 main les destinées des amesel des sociéd Je ne crojs plus, moi, qu'à l'eflorl pour réaliser le mieux, qu'au travail généreux accompli en vue de préparer une vie heureuse el plus utile aux générations de l'avenir. Celte foi me Bufflt, et, à -.1 lumière, j'apprécie la grande â que vous êtes.

A.-F. Renard.

ik avril. — Consécration dans le temple de l'Oratoire, à Paris, de M. Granjon, prêtre démissionnaire, auteur d'un livre int'tulé Roman d'une conscience. (Paris, Fischbacher).

Juillet. — Démission de M. RouiTet, prêtre du diocèse de Limoges.

/s septembre. — 1 (émission de M. Balet, de la Société des Missions étrangères, ancien missionnaire au Japon, auteur dune Grammaire japonaise.

t" novembre. — Démission de M. Louis Bonnet, curé de Préchac, diocèse d'Auch. En 1907 il esl pasteur de l'église libre «le Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne .

1902. — Février. — Mgr Turinaz, évéque de Nancy, publie sa brochure les Périls delà Foi.

13 murs. — Démission de M. J.-S. Authier, du diocèse d'Agen.

Avril. — Démission de M. Dubois, vicaire à Saint-Symphorien de Tours.

7 avril. — Démission de M. Granier, secrétaire particulier de M-1 <>iiiv. archevêque d'Alger.

24 avril. — Démission de M. Fouquet, du diocèse du Beauvais.

Mai. — Démission de M. Eugène Dujardin, vicaire au Havre.

2 juin. — Démission de M. Léon Revoyre, de la Congrégation des Rédemptoristes.

1er juillet. — Démission de M. Georges Russacq, curé de Bou, diocèse d'Orléans. Il devient collaborateur du journal La Raison. Plus fard, il sera directeur du Journal pour Tous.

t1* juillet. — M. Marcel Hébert publie dans la Revue de Métaphysique et de Morale un article intitulé lu Dernière Idole, élude sur la « personnalité divine ». — Né en 1851, M. Hébert fut ordonné prêtre en 187o. et nommé directeur de l'Ecole Fénelon à Paris, en 1895. Il en sortit en 1901, aySfct refusé de rétracter les idées contenues dans ses Souvenirs d'Assise. Ses principales publications sont : Le Sentiment religieux dans l'œuvre de Richard Wagner (1895), L'Évolution de lu foi catholique (1905), Le Divin, expériences et hypothèses (1906).

En 1906, M. l'abbé Gayraud, député du Finistère, publia une réfutation de L'Evolution de la foi catholique, intitulée

la Foi devant la Raison, réponse à deux évadés, i L'autre « évadé » est un prêtre qu'il ne nomme pas. parée qu'il est rentré dans le giron). — On peut se rendre compte des exigences de documentation de M. Gayraud, en lisant dans son livre un appendice où il réfute le darwinisme, représenté par M. Camille Flammarion, avec l'aide d'un bon curé de Seineet-Marne.

17 juillet. — Démission de M. Duru, religieux trappiste.

7 août. — M. Alfred Au/.anne. euré de Chevennes (Aisne», donne sa démission, publie sa lettre à son évêque dans le Chrétien Français, et rentre ensuite dans l'Eglise romaine en déclarant que sa lettre n'était pas authentique. Il adresse sm démenti a la presse, mais non au Chrétien Français.

Juillet 1903. — Deux prêtres italiens, don Salvatore Minocclii et le Père Giovanni Semeria visitent Léon Tolstoï dans sa solitude de Jasnaïa Poliana.

Don Minocehi raconte leur entretien dans une longue lettre publiée par le Giornale d'Italia (lï août), traduite dans le Signal (27 août) el dont voici la partie principale :

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rolslol, qui avoll ~.ui~ doute accueilli avec Bympathle la lettre de Paul Sabalier (1), «lit en nous regardant ii\<- ni :

« Vous êtes Italiens el prôtres catholiques; commenl pouvezvous vous intéressera moi qui suis hors de l'Kglise el qui ne voudrais être catholique pour rien au monde. »

Nous lui Faisons observer qu'élanl catholiques el à cause de cela précisément, son œuvre morale el éducatrlce nous intén énormémenl el qu'un évéque Italien 2) avail dernièrement rail -■■H apologie. Ce n'étail pas le momenl de relever toul ce qui, du côté confessionnel, s séparait, alors que nos âmes se trouvaient en tant de choses parfaitement à L'unisson avec lui.

— filais, répliqua-t-il, avez-vous lu mon récenl appel au ■ 1. rgé ?

Nous ne l'avons pas lu, ayant été édité il j a fort peu de temps 3).

— Je voudrais que le clergé abandonnât l'J glise. L'I glise, catholique et orthodoxe, a falsifié l'Évangile el corrompu la conception de la vie chrétienne. Il a enchainé el assombri le christianisme par des dogmes absurdes el reniés par la -> i< -ncc.

Vous avez la ><-ience et la conscience modernes, c ent pouvez-

vous rester dans le cierge et dans le catholicisme ' Ne devezvous pas, en tant que chrétiens, rendre hommage a la vérité ? Kl comment pouvez-vous, en restant catholiques et prôtres, être véridiques et sincères ? »

Il nous donna à lire ses pages adressées n Au Clergé » et nous quitta, retournant dans son cabinet à son travail habituel.

Après le déjeuner, le comte Tolstoï nous conduit tous les deux sous une grande terrasse couverte, non loin de la maison, inondée d'une lumière tamisée el où la comtesse et ses filles étaient établies à broder. Nous prenons place à l'un des bouts el parlons de tout ce qui nous intéresse le plus.

Évidemment le problème religieux actuel nous préoccupe plus quelouteautre chose. Si d'un coté nous étion- désireux d'expliquer

(1) Lettre d'introduction.

(2) Mgr Gaetano Bacile. évoque de Trivento.

(3) Cet appel a été publié en français dans la brochure suivant.' : .1// Clergé. Traduit du russe par J.-W. Bienstoct el P. Cirukov (Paris, Stock, 1903, in- 18, 68 p.)

à Tolstoï la raison de la certitude que nous éprouvions, dans imlre conscience,, à l'égard de notre foi catholique et de notre pensée moderne.... d'autre part, il n'était pas moins désireux de savoir ce que nous aurions à opposer à ses pages « Au Clergé » et comment nous pourrions justifier avec sincérité notre condition de prêtres catholiques.

Les quelques pages de Tolstoï — partant du point de vue de l'Église orthodoxe — contenaient un réquisitoire terrible contre toutes les Eglises.

L'Église, dit-il, est un vieil organisme, mort à l'heure qu'il est, si toutefois il a jamais joui anciennement d'une sorte de vie ; ses dogmes : des expressions trompeuses ; son clergé : une réunion de personnes ignorantes ou de mauvaise foi, qui enseignent au peuple des choses auxquelles lui-même ne croit pas. Et le peuple lui-même, — le peuple russe, par exemple, — ne donne plus raison aux dogmes du « Credo » et se jette dans les bras de l'athéisme parce que personne ne le dirige vers les simples vérités morales de l'Evangile, exemptes de dogmes, mais qui rapprochent de Dieu. Le peuple russe est naturellement religieux et son clergé encourageant les tendances superstitieuses, ne fait que le corrompre toujours plus et l'éloigné du christianisme.

Tolstoï, en nous invitant à lire ses pages nous avait posé la question qui, enlre toutes, nous intéressait le plus : celle de noire conscience. Il voulait obtenir de nous une réponse sincère et nous n'étions pas moins désireux de lui faire cette confession solennelle de notre pensée :

Les lois du monde moral, qui seules donnent de la valeur à la vie et élèvent l'esprit humain vers ce centre et ce principe qui se nomme « Dieu », tirent leur origine de principes métaphysiques, immuables, éternels. Ce sont ces principes eux-mêmes qui donnent raison du sentiment religieux et ils forment la substance des dogmes. Il y a cependant, — si nous pouvons nous exprimer ainsi, — une écorce ou ressemblance des dogmes, c'est-à-dire leur expression et explication matérielle, qui est une science dérivée de la pensée des hommes, comme règle d'une culture qui varie suivant le changement des temps, et selon le progrès humain et la pensée scientifique. C'est là une apparence hislo lique, une expression matérielle des dogmes qui peut et doit se perfectionner, a mesure que notre esprit perpétuellement s'élève vers le pur idéal de religion et de morale.

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Noua expliquons à rolstol que le catholicisme, préclsémeni parce qu'il es) une religion vivante, croll, évolue, se perfi lionne avec le temps ! Il a besoin de forces toujours nouvelles el de consciences toujours renouvelées qui sacbenl l'interpréter

co te l'exigent les besoins nouveaux de l'humanité croyante.

De nouveaux problèmes, il esl vrai, onl ébranlé el fait écrouler les vieilles démonstrations de la dialectique; une nouvelle harmonie entre la science el la toi est désormais nécessaire, el c'esl vers ce champ d'activité religieuse que Be dirige noire conscience moderne el catholique, loul à la fois.

Telle étail notre pensée el telle fui égalemenl notre parole.

Mais Tolstoï, avec une abundantia covdis qui lémoignail de sa

profonde persuasion, nous répétait enc< pie les Églises étalent

des centres de fausseté religieuse, <|ue le « Credo •< avail élé démontré absurde el contradictoire, el que nous aurions dû nous détacher de l'Église el l'abandonner à elle-même, celle Église, qui, en Italie,— par son intransigeance cléricale, — avail ouvert

un large chemin à l'athéisme i rai el révolutionnaire. Nous

cherchions en vain à mettre en relief les mérites de l'Église catholique en Italie, à prouver que nous ne pouvions pas, en conscience, l'abandonner, parce que, malgré loul, la vie chrétienne se nourrissait dans son sein el que l'Évangile s'y maintenait toujours vivant. Sous n'avions pas le droit, disions-nous, de scandaliser le peuple mec des apostasies inutiles ; nous devions au contraire, l'élever vers notre idéal religieux.

« Mais quoi : répondit Tolstoï en s'animant, les yeux élincelaids. Le peuple n'a pas besoin que vous vous chargiez, vous, de l'édifier : il sait bien par lui-même, grâce à Dieu, ce qui regarde la vie chrétienne, la vie religieuse. Parlez-lui le langage de la simple vérité, comme Jésus-Christ avait l'habitude de le faire et vous le trouverez aussi au niveau de votre conscience. Tel est le peuple russe, je le sais par expérience. Le.- doctrines dogmatiques inutiles, ce sont elles qui l'égarent et le gâtent.

— « Nous ne pouvons croire entièrement à cet état supérieur de la conscience religieuse du peuple. En Italie, par exemple, le peuple est très ignorant el superstitieux, et noire idéal, c'est de lui donner une éducation et de l'élever à l'état de notre conscience. »

— « Quel orgueil est le vôtre! Vous croyez pouvoir former vousmêmes la conscience religieuse du peuple ? Il n'en a pas besoin.

Il suffît que vous ne lui gâtiez pas ce qu'il possède naturellement. Ne pensez pas à élever les autres ; pensez à vous-même, à votre conscience, à vos âmes à sauver, desquels seuls vous •Mes et resterez responsables vis-à-vis de Dieu. Votre perfection élèvera les autres à la vie morale, mieux que n'importe quel enseignement, qui ne sert qu'à satisfaire l'orgueil.

— « Ce n'est ni l'orgueil ni L'ambition qui nous pousse à agir ainsi. Si ç'eûl été le cas, nous aurions choisi un autre chemin. Nous vivons et agissons par un besoin de l'esprit et avec le même enthousiasme qui nous porte vers la lumière émanant de votre âme ; nous voulons éclairer les autres de celle que Dieu fait resplendir en nous.

Le grand vieillard, faisant signe de la tète, répliqua :

— « Vous parlez, je le sens, comme des hommes intelligents et consciencieux ! Mais combien je déplore que vous vouliez vous rendre utiles à l'Église et contribuer ainsi à lui attirer, — à elle et à ses dogmes, — la sympathie du peuple, au lieu de hâler le jour de sa destruction et de la délivrance de celui-ci. »

'/ omît. — Election de Pie X.

17 septembre. — Démission de M. Château, prêtre du diocèse de Bordeaux.

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